Le candidat de Québec solidaire dans Trois-Rivières, Jean-Claude Landry, a participé à un point de presse, lundi, sur le thème de l'environnement.

Québec solidaire: les sympathiques gauchistes

Souhaiter récolter autant de votes en pourcentage qu'au national, en se croisant les doigts pour que cela se maintienne dans l'urne au niveau actuel des 9 % que leur accordent quelques sondages, c'est le voeu qu'expriment les candidats de Québec solidaire de la Mauricie.
Du moins, c'est le cas de Jean-Claude Landry, dans Trois-Rivières et de Jean-François Dubois, dans Laviolette, les deux candidats de QS qui rencontraient la presse lundi matin autour d'un café... équitable.
Les trois autres candidates de QS n'avaient pu participer à ce point de presse, because c'est pas toujours facile de concilier travail, campagne électorale... et famille. On comprend qu'on ne se présente pas vraiment candidat pour Québec solidaire dans l'espoir, même profondément refoulé, de se faire élire et d'avoir un bon job le 7 avril au soir. On veut bien faire de la pastorale sociale, mais il faut quand même continuer à gagner sa vie.
C'est peut-être pour cela que même si on n'est pas trop porté globalement à placer un X au bout de leurs noms sur les bulletins de candidatures, la société québécoise éprouve beaucoup de respect et même parfois une certaine admiration pour la force de conviction des représentants de QS, leur sincérité et leur modestie électorale, même si dans ce dernier cas, elle peut paraître être imposée par un minimum de réalisme.
On peut sourire des attentes si peu élevées des candidats régionaux de QS. Rêver d'avoir 9 % des suffrages, ça devrait normalement traduire un manque d'ambition politique. On ne dira pas que secrètement on n'en espère pas bien davantage. «Le déclic», un jour, pourrait se produire, rêve Jean-Claude Landry. Les miracles sont rares en politique, mais il arrive qu'ils arrivent.
Cela ne s'est-il pas produit en mai 2011, au fédéral, avec le NPD, une formation politique qui ne faisait guère mieux que QS dans la boîte aux bulletins, qui n'avait qu'un seul député, Tom Mulcair, des candidats inconnus qui n'avaient même pas consulté Google Map pour savoir où était située leur circonscription, mais dirigé par un chef souriant et charismatique soudainement devenu très sympathique, Jack Layton?
Le NPD, en principe, ça penche à gauche, du même côté que Québec solidaire, où là, on ne peut entretenir aucun doute sur le sens du penchant. Sans compter que cette fois-ci, la coporte-parole Françoise David, qui s'était révélée au débat de 2012, profitera de deux débats télévisés plutôt qu'un et qu'en plus, avec les remboursements électoraux, QS a pu se payer un gros autobus, du matériel électoral, plus de photos sur les poteaux, de la pub télé et même dans les prochains jours, une offensive publicitaire sur le Web. On ne jase plus. On fait comme les grands.
Il reste que ça reste quand même un assez bon défi pour les candidats de la Mauricie de parvenir à égaler le pourcentage du vote national qui ira à QS. En 2012, QS avait obtenu 6 % des voix, mais seulement 4,3 % dans la région, près d'un tiers de moins. Alors, de passer à 9 %, ce qui serait plus que doubler le nombre des bulletins favorables dans les urnes, ça tiendrait presque de l'exploit.
On ne cachait pas lundi que l'arrivée au Parti québécois de Pierre Karl Péladeau, qui traîne avec lui un dossier sombre dans les relations de travail, va pousser vers QS certains éléments péquistes frappés de révulsion juste à entendre son nom. C'est le cas de syndicalistes.
Même si lundi matin, Landry et Dubois se proclamaient plus verts que les verts, la progression possible de QS ne peut se faire qu'aux seuls dépens du PQ. On ne voit pas très bien des libéraux et encore moins les résistants du dernier carré caquiste prendre un virage à gauche toutes.
On s'étonnera quand même que la Mauricie n'ait pas constitué à ce jour un terreau plus fertile pour ce parti. Les revenus par ménage y sont parmi les plus bas du Québec, la dépendance à l'assistance sociale est très élevée, le décrochage scolaire est prononcé d'où une scolarité moyenne nettement moins productive, tous des facteurs qui expliquent une très forte présence d'organismes communautaires. Ce devrait être un milieu propice aux idées de QS et un gros bassin de bras électoraux. Ce n'est pas le cas.
Non, à QS, on n'a pas pour autant l'impression d'être des missionnaires, nous assure-t-on, le bâton de pèlerin dans les mains. «Vaut mieux progresser tranquillement et garder le cap sur nos valeurs. Le changement social, c'est long.» On ne fera pas de racolage électoral. «À Québec solidaire, on est patient!» C'est une idée. En attendant le délic! En l'attendant, on sympathise.