Jean-François Lisée est accompagné de sa co-chef, Véronique Hivon.

PQ: tout est-il possible?

D’entrée de jeu, lors de son arrivée mercredi à nos bureaux du Nouvelliste, on lui a suggéré que ce devait être un grand jour pour lui et son parti puisque le Parti québécois venait de gagner un point dans les sondages, recueillant maintenant 19 pour cent des intentions de vote.

C’était bien sûr une pointe d’ironie pour tester l’homme mais aussi pour détendre l’ambiance généralement un peu figée, du moins au début de ces rencontres éditoriales. C’est comme si les partis commençaient par s’observer et à se mesurer avant d’engager le combat.

Ce n’était pas nécessaire. Loin de se cambrer, Jean-François Lisée, accompagné de sa co-chef Véronique Hivon, s’amusa de la remarque en répliquant, tout sourire, que le Parti québécois gagnerait ainsi un point par jour d’ici la fin de la campagne.

C’était bien sûr une répartie blagueuse. Même dans ses espoirs les plus fous, le chef péquiste ne pourrait en attendre autant. C’est comme si on nous disait que l’élan péquiste est tellement fort que même D’Arcy-McGee , dans le West-West Island, allait tomber aux mains du PQ.

Il faut dire que Jean-François Lisée avait traversé la veille avec grand succès l’épreuve, si l’on peut le dire ainsi, des imprévisibles radios de Québec où le ton est plutôt direct et les questions parfois plus que décoiffantes.

Loin d’avoir été déstabilisé, l’homme s’est amusé de l’expérience.

C’est ce qui surprend du chef péquiste depuis qu’il est entré en campagne électorale: son humeur un peu bonhomme et une grande sérénité apparente. On a parlé de jovialisme pour le décrire.

On dirait le Jean-François Lisée nouveau. Ceux qui le connaissent bien vous diront qu’il a toujours eu beaucoup d’humour. Fallait le savoir.

Après les publicités d’autodérision et un autobus de campagne psychédélique, peut-être fallait-il un chef souriant et comique à l’occasion pour dissiper la forte image d’intello supérieur qui lui collait à la peau, pour que le Parti québécois redécolle dans les intentions de vote. Depuis deux ans, non seulement ce parti a fait du surplace, à peine au-dessus des 20 pour cent, mais il est entré en campagne à hauteur de seulement 18 pour cent de la faveur populaire.

Il faut un bon flegme pour encaisser de tels résultats sans laisser paraître ses inquiétudes. À ce niveau dans les sondages, les sites de projection, comme Québec 125 ou Si la tendance se maintient, n’accordent que neuf circonscriptions au Parti québécois alors qu’il en faut douze pour être officiellement reconnu à l’Assemblée nationale comme parti politique et obtenir les budgets qui en découlent.

Loin de se décourager, le chef péquiste demeure convaincu que son parti est en mesure de faire beaucoup de gains d’ici la journée des élections. Il est vrai que l’analyse des sondages qu’il fait autorise à garder certains espoirs.

Comme lui, les sondeurs soulignent d’abord que le pourcentage des électeurs indécis demeure encore très élevé, mais aussi que les intentions de vote exprimées en faveur de la Coalition avenir Québec, qui domine dans les sondages depuis l’automne 2017, restent fragiles. L’infidélité électorale fait plaisir. En langage simple, le jello n’est pas encore pris.

Tout devient dès lors possible. Soit qu’une large part des indécis bascule dans le clan péquiste, soit qu’une partie des anciens péquistes qui sympathisent maintenant avec la CAQ éprouvent quelques remords et reviennent au bercail et il faut réécrire tous les scénarios pour le 1er octobre.

Ajoutons qu’à son image un peu plus populiste qu’il cultive depuis deux semaines, Jean-François Lisée fait preuve d’une grande sobriété dans ses propos comme dans ses promesses électorales.

On l’a vu se porter à la défense du chef caquiste François Legault après que deux ministres libérales l’eurent comparé à Donald Trump et qu’il est apparu vendredi encore très sincère quand il a félicité le premier ministre sortant Philippe Couillard pour la position ferme qu’il venait de promettre d’adopter si le Canada renouvelait l’ALENA au détriment du Québec.

Quant aux promesses électorales, le Parti québécois est celui qui a jusqu’ici le moins pris part au festival de la dépense auquel se sont livrés les trois autres partis politiques. Faudra voir dans quelle mesure cette approche raisonnable pourra lui profiter dans les urnes.

Les Québécois chialent tout le temps contre les taxes et les impôts qu’ils trouvent trop élevés, mais ils élisent facilement des gouvernements dépensiers. Quand Justin Trudeau a dit qu’il ne se soucierait plus de maintenir l’équilibre budgétaire à Ottawa s’il était porté au pouvoir et qu’il accepterait de creuser allégrement le déficit annuel, le vent électoral a viré de bord et soufflé fort dans sa direction.

En attendant, le chef péquiste et sa co-chef Véronique Hivon gardent le moral et la bonne humeur et effectivement, s’il devait y avoir une surprise dans les urnes, c’est du côté du Parti québécois qu’elle pourrait le plus venir.

En Mauricie et dans Nicolet-Bécancour, le PQ est représenté par quatre femmes et un homme.

Certes, il est de bon ton de soutenir qu’il y aura parmi ces candidatures des victoires électorales et les chefs péquistes ne se sont pas privés de le prédire ainsi.

Véronique Hivon s’est dite très fière de l’équipe régionale de candidats qui ont «des ancrages» et Jean-François Lisée rappelle que la région a connu de grandes périodes péquistes.

Faudra quand même que l’aiguille des sondeurs bouge beaucoup pour y arriver.

Coup de cœur: À la Classique internationale de canots, en pleine expansion, qui célèbre ses 85 ans et qui dégage depuis toujours sa grande saveur mauricienne.

Coup de griffe: Il était une fois l’Amérique...