Yvon Deshaies

Pour notre plaisir et leur martyre

On aurait pu penser que l’année 2018 en serait une de réconciliation au municipal, une fois l’épreuve électorale de l’automne traversée, puisque tous les adversaires n’ont pas toujours été gentils les uns envers les autres. Du moins à Trois-Rivières, on ne se souhaitera pas bonheur et santé, encore moins la paix. La prochaine année sera encore électorale. Cette fois au provincial. Notre valeur citoyenne va encore prendre de l’ampleur. On va encore nous dire qu’on est beau, fin et qu’on veut notre bien. Avec des sourires élargis et des poignées de main qui semblent bien chaleureuses. Comme on le suggérait l’année passée, gardons-nous un peu de Purell, au cas où. En attendant, on peut bien donner quelques petites tapes dans le dos à nos valeureux élus.

Le maire enfumé

Puisqu’il en a déjà fumé, de façon thérapeutique se défend-il, – pour soigner quoi, au juste, on ne le sait trop –, on va souhaiter au maire Yvon Deshaies d’obtenir des rabais sur le pot qui sera produit dans sa ville. Il pourrait en même temps négocier aussi des prix pour ses contribuables, ce qui serait assurément apprécié de plusieurs. Et peut-être pourrait-il même, à l’inauguration de l’usine, inviter son idole Donald Trump. Un gros «pétard» de Louiseville Gold, ou de Loulou Gold, pour faire sexy, ne lui ferait sûrement pas de tort. 

Jan-Guy Dubois

Bien faire et laisser braire!

Avec un slogan aussi zen que celui-là, dont il fait sa philosophie de vie, et qui a semblé plutôt bien le servir durant sa dernière campagne électorale, le maire Jean-Guy Dubois de Bécancour n’a certainement pas besoin des volutes de marie-jeanne de son homologue de Louiseville. On va plutôt lui souhaiter, une fois de plus, de finir par faire de bonnes grafignes sur sa pelle en or, encore toute reluisante, réservée aux premières pelletées de terre de ces usines qu’on annonce à Bécancour mais qui n’arrivent pas. 

Geneviève Dubois

Ok au quai

Par contre, il pourrait apporter de bons conseils à Geneviève Dubois, sa mairesse voisine de Nicolet, qui veut s’approprier le quai de Port-Saint-François, après bien sûr sa remise à niveau par le gouvernement. Est-ce qu’on pourrait voir là aussi s’ériger une haute tour d’observation, avec de haut en bas, NICOLET inscrit en grosses lettres fluo, comme BÉCANCOUR sur la tour du quai de Sainte-Angèle? On lui souhaite donc un quai et… ce qu’elle voudra mettre dessus.

Yves Lévêque

Le maire minoritaire

Fluo ou pas, même mises ensemble, les lettres de BÉCANCOUR et de NICOLET ne seraient pas aussi impériales que celles de TROIS-RIVIERES (sans accent visible) apposées sur l’Amphithéâtre Cogeco. Le problème, c’est qu’il n’y a que les poissons et les marins qui peuvent apprécier leur dominante stature. Mais ils ne peuvent pas voter, en guise de remerciements, à la table du conseil municipal… où leur promoteur, Yves Lévesque, en déficit de majorité, aurait le plus grand besoin d’appuis. Toutes impériales qu’elles puissent paraître, les grandes lettres n’ont pu éviter quelques fissures (comme le maire?). On va donc souhaiter à Yves Lévesque pour traverser l’année qui vient, ce qui lui fait le plus défaut et dont il aura le plus grand besoin, un esprit un peu plus zen. Ouais! Il pourrait consulter là-dessus son ami transfluvial Dubois. 

Donald Martel

La CAQ qui claque

Comme il pourrait demander au député caquiste de Nicolet, Donald Martel, comment il fait pour afficher tant de béatitude? C’est sûr que quand on regarde les sondages, à moins d’un an des élections, il a de quoi justifier d’avoir l’air d’un gars de six pieds. Si les intentions de vote actuelles des Québécois traversent les soupers des Fêtes, les sucres du printemps et les épluchettes de blé d’Inde de l’été, on ne peut que lui souhaiter pour 2018 un ministère dans ce potentiel gouvernement caquiste. Et compte tenu de ses années de service, pas un petit ministère. 

Julie Boulet et Pierre Giguère

Entre la belle et la bête?

Par contre, ce large sourire de Donald Martel, pour ce qu’il annonce, ne peut que faire grimacer les députés d’en face, tous libéraux en Mauricie, auxquels il prédit un retour à la maison. Il y travaille. Martel emprunte souvent le pont de Trois-Rivières ces temps-ci, mais ce n’est pas pour marauder un ou deux candidats dans le caucus libéral. Ç’aurait quand même pu régler le problème libéral, qui va se retrouver avec un candidat de trop avec la fusion des circonscriptions de Laviolette et de Saint-Maurice. Un transfuge aurait pu libérer un comté pour, mettons Pierre Giguère. Mais on ne va pas se mêler du choix à savoir qui sera le candidat du parti aux élections, si on se rend jusque-là: dans un coin, un costaud agriculteur éleveur de bétail et dans l’autre, Julie Boulet, une délicate pharmacienne revampée et… blonde platine en plus. Aussi bien ne pas s’en mêler. Souhaitons quand même à l’un et à l’autre que l’année soit bonne et que cela finisse comme dans le film.

Michel Angers

Angers sans danger

Pour le maire de Shawinigan, Michel Angers, la question ne se pose pas. On lui souhaite un bateau. Le Centre d’entrepreneuriat devrait bientôt faire ses frais et son DigiHub, que le premier ministre Philippe Couillard ne cesse de citer en exemple et qu’il veut reproduire dans d’autres régions, pourrait même se distinguer au niveau international en raison de sa présence pour faire rayonner l’innovation numérique canadienne au prochain sommet du G7. Ajoutez à cela les désaccords sur les équipements supralocaux qui se dissipent et son opposition des estrades qui a jeté la serviette. Tout baigne dans l’huile pour lui. Sauf qu’il n’a pas de bateau et qu’il aura la plus belle marina de la région. Il aura besoin d’une belle embarcation pour aller convaincre par voie d’eau les autres maires de la rivière, surtout celui de La Tuque, avec ou sans balises. 

Pierre-David Tremblay

Un bon de fidélité

On aurait pu aussi souhaiter un beau grand bateau au nouveau maire Pierre-David Tremblay, de La Tuque, pour lui donner le goût de la rivière. C’est sûr qu’en «cruiser» sur la rivière Saint-Maurice, pas balisée, c’est plus périlleux qu’en chaloupe sur la Bostonnais. Pour l’heure, ce qu’il faudrait plutôt souhaiter au maire Tremblay, ce nouveau «messager» malmené comme il s’est décrit à la Chambre de commerce, ce serait un bon de fidélité venant des marchands de La Tuque, avec un super-rabais pour du linge d’enfants ou pour un aiguisage de patins. Mettons qu’il est dû pour affiler encore un peu ses patins. 

Pierre-Michel Auger, Marc H. Plante et Jean-Denis Girard

Année d’élections

Ce sera une année d’élection au Québec. Alors, on ne se demandera pas ce que des députés sortants comme Pierre-Michel Auger dans Champlain, Jean-Denis Girard, dans Trois-Rivières ou Marc H. Plante, dans Maskinongé souhaitent vraiment. C’est de se faire réélire… sur des terres qui ont déjà été unionistes, péquistes et adéquistes, selon l’humeur électorale du moment. Faut rester neutre. Alors on va souhaiter à Pierre-Michel Auger de finir par débloquer le dossier d’Aléris; à Marc H. Plante, qui a été nommé cet automne adjoint parlementaire du premier ministre pour les régions, de bien conseiller son chef, qui ne pourra pas demeurer premier ministre sans les régions; à Jean-Denis Girard, de continuer à garder son apparente bonne humeur, avec ou sans limousine. De toute façon, si son vœu est exaucé, il pourra un jour se promener en train à grande fréquence.

Robert Aubin

Du trafic sur les rails

Il ne sera pas le seul à vouloir prendre le train. Après Yves Lévesque, qui a fait du TGF sa seule promesse électorale, puis Philippe Couillard qui est tombé du monorail pour monter dans le même train, voilà que le député fédéral Robert Aubin vient de grimper à son tour dans un wagon de Via Rail, en réclamant haut et fort ce train Québec-Montréal, avec arrêt à Trois-Rivières. Le député ferait plus sensation s’il se promenait plutôt sur la rue des Forges avec son nouveau chef Jagmeet Singh, qui nous expliquerait l’art de s’enturbanner et l’utilité du kirpan, devenu légal dans les avions. On ne croise pas beaucoup de sikhs à Trois-Rivières. Concédons qu’en dehors de la curiosité, l’homme gagne à être connu. 

Ruth Ellen Brosseau

La belle d’à-côté

Jagmeet pourrait aussi en profiter pour se rendre à Louiseville, au bureau de sa députée néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau. Si elle a pu être élue la première fois dans Berthier-Maskinongé sans n’y avoir jamais mis les pieds, même durant la campagne électorale, elle démontrera à son chef que rien n’est impossible. Elle a d’ailleurs amélioré sa performance électorale aux dernières élections. C’est peut-être pour cela que Justin Trudeau l’a sciemment bousculée à la Chambre des communes. On va souhaiter à la députée de bien protéger son intégrité corporelle.

Louis Plamondon

Tu l’as voulue…

Le député bloquiste de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon entreprendra en 2018 sa 39e année comme député fédéral. Un exploit pour un député… sécessionniste. On ne peut plus rien lui souhaiter, si ce n’est de continuer de s’entendre avec son impétueuse chef Martine Ouellet, qu’il avait appuyée. 

François-Philippe Champagne

Un verre de Champagne

Il a fait se déverser dans la région des dizaines de millions $ venant d’Ottawa. On se souhaite que ça continue. Il est difficile de souhaiter au député de Saint-Maurice–Champlain, François-Philippe Champagne plus que ce qu’il a. Sa carrière s’annonce fulgurante puisqu’il est déjà ministre du Commerce international et que plusieurs analystes de la scène fédérale le décrivent comme l’un des meilleurs parlementaires à la Chambre des communes. On lui souhaite donc à lui aussi que ça continue. 

Annie Pronovost

La cavalière

Annie Pronovost vient d’arriver à la mairie de Saint-Tite. Elle fait un peu penser à Valérie Plante, la nouvelle mairesse de Montréal. On ne lui demandera pas d’être «l’homme de la situation». Mais elle est jeune et promet de faire les choses différemment. On lui souhaite bon succès.