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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste
Jean-Marc Beaudoin
Plusieurs expériences heureuses devraient être reprises, comme l’élargissement des terrasses dans l’espace public ou le populaire Saint-Lau, au parc portuaire. On devrait même trouver quelques nouvelles idées.
Plusieurs expériences heureuses devraient être reprises, comme l’élargissement des terrasses dans l’espace public ou le populaire Saint-Lau, au parc portuaire. On devrait même trouver quelques nouvelles idées.

Pour l’été, «J’arrive Trois-Rivières» [CHRONIQUE AUDIO]

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CHRONIQUE /  Il faut l’avouer, nous avons tous été grandement flattés par les superbes images de Trois-Rivières transmises à l’ensemble du Québec lors du spectacle de la fête nationale.

On a rajouté une couche à notre ego collectif déjà bien servi au moment du Bye Bye avec les publicités vantant la qualité et la douceur de vivre à Trois-Rivières.

La campagne «J’arrive Trois-Rivières» ne pouvait tomber plus à point, car elle arrivait à un moment où s’amorçait un grand mouvement en faveur des régions.

À la faveur d’une pandémie qui a forcé des réflexions et révélé les énormes possibilités, mais surtout avantages, du télétravail, le lieu de résidence par rapport au travail a perdu de sa pertinence.

Autrefois, les ouvriers se blottissaient à l’ombre de leur usine et répondaient à l’appel des sirènes pour se rendre au travail. L’arrivée de l’automobile leur a permis de s’éloigner.

Aujourd’hui, à l’ère du numérique et compte tenu de la nature du travail, c’est beaucoup derrière un écran, aussi bien relié à son entreprise que connecté au monde, que s’exécutent les tâches professionnelles modernes.

Les impératifs sanitaires ont révélé cette nouvelle réalité et l’exubérante humeur des agents immobiliers, qui vendent les propriétés de la région sur un claquement de doigts, démontre que Trois-Rivières et la Mauricie ont la cote.

Comme si on n’avait pas déjà suffisamment d’arguments, voilà que la firme RatesDotCa vient de classer Trois-Rivières au troisième rang canadien des meilleurs endroits où vivre, les grandes régions métropolitaines étant évidemment hors-norme pour ce palmarès.

On serait porté à dire: «N’en jetez plus, la cour est pleine». Il va falloir élargir les cadres de porte...

On comprend que le maire Jean Lamarche se fasse souvent demander à l’extérieur ce qu’on peut bien mettre dans l’eau de la ville pour que Trois-Rivières connaisse tant de popularité.

Ça tombe bien, car c’est sur ces images de «J’arrive Trois-Rivières» et de la Belle d’à-côté, qui définit la Mauricie qu’il faudra miser pour espérer obtenir une saison touristique intéressante.

Tout le monde, surtout les hôteliers, veut oublier la saison touristique 2020.

On se comprend. Dans une ville comme Trois-Rivières qui a développé son intérêt touristique sur la base de l’événementiel, les interdictions de l’an passé ont provoqué une véritable culbute des visites touristiques. On en était quand même à 1,7 million de visiteurs en 2019 et on allait de record en record.

La décision annoncée cette semaine par le p.d.g. du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, de devoir repousser à l’été 2022 le retour du Cirque à l’Amphithéâtre Cogeco annonce peut-être la couleur de l’été à venir.

Le Cirque, avec une vingtaine de représentations, était devenu le gros morceau touristique de l’été trifluvien. Près de 70 pour cent de sa clientèle provient de l’extérieur de la région. Cela fait sonner les caisses des restos, mais remplit aussi les chambres des hôteliers.

Une grande incertitude persiste sur tous les autres grands événements comme le FestiVoix, DansEncore, le Grand Prix de Trois-Rivières, le festival de l’Assomption (430 000 visiteurs), le festival de Blues...

À l’exception du GPTR qui ne peut opérer en vase clos, tous les autres grands événements pourront rivaliser d’imagination pour compenser avec des offres alternatives, souvent plus qu’intéressantes, mais sans la fièvre des grandes foules.

On ne pourra pas non plus compter sur le tourisme international, sur le tourisme d’affaires, sur le tourisme sportif...

En temps normal, le tourisme à Trois-Rivières c’est plus de 200 millions $ en retombées économiques annuelles et près de 5000 emplois. Ce n’est pas rien.

Le tourisme de l’été qui vient sera majoritairement intraquébécois.

Ça tombe bien, la Mauricie et le Centre-du-Québec sont au cœur du Québec, à mi-chemin entre Montréal et Québec ou, comme on l’a déjà fait valoir, à un plein d’essence aller-retour.

L’engouement pour les activités extérieures et la nature qui est ressorti au cours de la dernière année devrait profiter à la luxuriante Mauricie.

Trois-Rivières, pour sa part, pourrait tirer son épingle du jeu en devenant, avec son volet culture et animation, comme le «camp de base» régional des touristes de la nature. C’est ce que suggérait cette semaine Jean-Michel Perron, un expert en tourisme, invité par Tourisme Trois-Rivières, dans une conférence adressée aux intervenants touristiques locaux.

On mise surtout sur la campagne de charme que mène Trois-Rivières depuis quelques mois.

Non seulement une plutôt grande séduction fonctionne chez les jeunes couples à venir s’établir en permanence à Trois-Rivières, mais on entend bien profiter de l’image qui s’est forgée de la ville pour inciter les autres à venir l’apprécier cette ville, ne serait-ce qu’en visiteur.

De toute façon, déjà qu’entre nous, ça s’est plutôt bien passé l’été dernier. On ne s’est presque pas aperçu qu’il manquait les visiteurs.

Plusieurs expériences heureuses devraient être reprises, comme l’élargissement des terrasses dans l’espace public ou le populaire Saint-Lau, au parc portuaire. On devrait même trouver quelques nouvelles idées.

On va vendre de l’ambiance douce, du feutré, de l’indolence, de l’assurance sanitaire... de la douceur de vivre.

Et si, à gauche ou à droite, on entend des gens se vanter en disant «J’arrive Trois-Rivières», on pourra gentiment leur répondre, en se retenant de se bomber le torse, «J’habite Trois-Rivières».

Coup de coeur: À cette alliance heureuse de Trois-Rivières et Shawinigan pour l’obtention des Jeux du Canada en 2029 ou... 2033.

Coup de griffe: Est-ce que c’était catholique de demander aux catholiques de choisir entre risquer leur vie ou risquer l’excommunion.