Les perspectives économiques devraient s'améliorer dans toutes les régions du Canada en 2014, sauf dans celle de Trois-Rivières qui englobe Bécancour.

Pour le Conference Board: une économie en berne

Même si dans la plupart des cas, la reprise sera modeste, les perspectives économiques vont s'améliorer en 2014 dans toutes les régions métropolitaines canadiennes... sauf dans celle de Trois-Rivières, qui englobe Bécancour.
Le PIB réel, la mesure la plus admise pour refléter l'état d'une économie, reculera de 1,2 % dans l'agglomération de Trois-Rivières.
C'est la conclusion à laquelle en arrive le Conference Board du Canada dans sa Note de conjoncture de l'été 2014. Le problème, c'est que ce nouveau repli s'ajoute à celui de 2013 qui avait été de 3 %. Pour le Conference Board, la raison de cette dégradation de l'économie trifluvienne est simple: c'est la fermeture, à la fin de 2012, de la centrale nucléaire Gentilly-2 qui en est la cause principale. La région n'a pas encore digéré les effets négatifs de celle-ci et rien encore n'a pu remplacer son apport en emplois et en retombées économiques.
Sans vouloir tourner le fer dans la plaie de la décision de l'ancien gouvernement, la situation serait très différente si la centrale avait été maintenue en opération et que le chantier de quelques milliards $ pour sa remise à niveau avait été poursuivi.
L'impression de morosité économique que l'on pouvait ressentir n'en était donc pas une. C'était un sentiment bien fondé sur la réalité qui se vit. Le Conference Board prédit quand même des jours meilleurs à compter de 2015 avec une reprise pour l'instant évaluée à 2,3 % de hausse du PIB.
Mais en attendant, il faudra prendre son mal en patience car les diverses données apparaissent plutôt affligeantes pour l'année en cours, même si c'est un peu moins pire que l'an dernier.
Le taux de chômage, même s'il y a eu diminution de la population active, restera au-dessus des 8 %. Dans le secteur manufacturier, la baisse de production a été de 4,1 % en 2013. Ce qui est plutôt troublant, c'est que depuis 2005, son déclin cumulatif atteint 22 % et que les emplois qui y sont rattachés ont chuté de 28 %. Une dure saignée. De nouvelles pertes vont s'y ajouter d'ici la fin de l'année.
Par contre, le CBC autorise à respirer un peu en prévoyant un gain de 7,6 % l'an prochain. Il a qualifié le secteur manufacturier de Trois-Rivières de «convalescent».
Comme on s'en doute, le secteur de la construction, qui dépend de l'économie générale, n'a pas été épargné avec une baisse de 9,2 % en 2013 qui a mis la table à un nouveau recul, qui sera moindre, mais quand même de 3,5 % en 2014. Encore là, le CBC nous prédit que la construction repartira à la hausse en 2015... à la condition que soit mis en chantier le fameux projet d'un colisée à 5000 places que caresse le maire Yves Lévesque. Car du côté résidentiel, malgré les ambitions de beaucoup de promoteurs, que ce soit à Trois-Rivières sur Saint-Laurent ou au town center du futur District 55, on n'approchera pas avant plusieurs années du millier de mises en chantiers chaque année que l'on connaissait depuis 2005. Cela demeurera plutôt autour des 830 nouvelles unités. Il y a un peu d'excédents dans le marché et la croissance démographique restera faible.
Est-ce qu'on se surprendra d'apprendre que la production dans le commerce du gros et du détail fait du surplace depuis 2010. Cette faiblesse, en particulier du côté de la vente au détail, le CBC tend à vouloir l'attribuer au «malaise des consommateurs» et, encore une fois, «à des revenus qui stagnent depuis la fermeture de Gentilly-2.»
Globalement, le secteur des services devrait faiblement repartir, en raison surtout des services non commerciaux, ce qui comprend les écoles et les hôpitaux. Mais 2015 sera meilleure, avec l'arrivée de la nouvelle école de pilotage de Cargair, à l'aéroport.
Pour expliquer l'embellie pour l'économie trifluvienne qu'il entrevoit pour 2015, le Conference Board retient les deux centres d'appels de Desjardins et la mise en marche de trois projets industriels dans le parc de Bécancour: IFFCO, Quest Rare Minerals et RER Hydro. On ne gagera pas trop fort sur RER Hydro, Quest est en quête de financement et IFFCO attend des autorisations pour son approvisionnement en gaz naturel.
On comprend que le CBC fasse conclure son étude d'un astérisque: «Si plusieurs usines n'ouvrent pas comme prévu, il faudra revoir la croissance du PIB... à la baisse.» Ce ne serait plus «passez à go» mais la glissade du serpent.
Mieux vaut pour l'instant pour le moral retenir l'hypothèse positive du CBC et sortir de cette économie «en berne».