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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste
Jean-Marc Beaudoin
François Legault
François Legault

Pandémie: liberté inconditionnelle remise

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CHRONIQUE / Même si en Mauricie-Centre-du-Québec on a frôlé cette semaine la zone orange et qu’on devrait s’y installer confortablement dans la semaine qui vient, le genre d’assignation à domicile qui nous a été imposée va demeurer.

On aurait beau être plutôt exemplaire comme on l’a été jusqu’à présent dans le respect des consignes pour faire barrière au vilain virus, on reste proche de Montréal-la-contaminée et de ses périphéries pour que soit accordée à la région une espèce de libération inconditionnelle, méritée ou pas.

On n’a pas oublié qu’il en avait été ainsi à l’automne quand le gouvernement a décrété que Trois-Rivières et toute la partie sud de la région allaient être considérées comme en zone rouge avant l’heure et qu’il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que le reste de la Mauricie soit soumis au même régime restrictif.

Le premier ministre François Legault a fait état cette semaine de deux Québec, soit celui de Montréal et de ses banlieues et celui du reste du Québec.

Dans les faits, si on s’en tient au niveau des statistiques liées à la COVID en termes de cas recensés chaque jour, d’hospitalisations, de cas aux soins intensifs ou de nouveaux décès, le Québec central est à la porte de la zone orange et les régions du bas du fleuve et du nord sont devenues presque abandonnées par le virus.

On comprend que le délestage des contraintes que se prépare à faire connaître le gouvernement Legault va être réservé à ces régions dites éloignées et qu’il y aura beaucoup moins de largesses, faut-il s’en surprendre, pour le Québec central.

Pour reprendre une expression populaire, il semble qu’on a déjà joué dans ce film.

À la fin novembre, le premier ministre avait réchauffé bien des esprits en promettant une trêve pandémique de quatre jours, une espèce de congé de Noël où on allait pouvoir rencontrer ses proches et même faire la fête.

On connaît la suite. Les statistiques, qui étaient encourageantes, plus même qu’en ce moment, se sont mises à se détériorer à vitesse grand V. Alors, non seulement les quatre jours de libération dans la collectivité familiale espérée ont été réduits à un seul, accompagnés d’avis sévères de ne surtout pas célébrer, mais ils ont été suivis de la fermeture d’à peu près tous les commerces et même, par la suite, grande nouveauté québécoise, d’un couvre-feu.

Comme on dit en québécois, ça a été loin de «s’enmieuter».

On revit à peu près le même scénario. Après les grandes lueurs d’espoir qu’il a fait jaillir il y a une dizaine de jours, François Legault s’est rapidement transformé en éteignoir cette semaine. Tout le monde redoute la propagation du mutant britannique qui pourrait renvoyer la courbe actuellement baissante vers de nouveaux sommets.

On se doutait bien que l’ajout de 28 jours au confinement avec l’addition d’un couvre-feu devant prendre fin le 8 février n’allaient pas être totalement abandonnés.

On s’attendait donc à ce qu’un certain niveau de restrictions soit maintenu. On va peut-être retirer quelques «chokers», mais la laisse collective va demeurer.

On soupçonne qu’elle sera courte.

Tout le monde suppute en ce moment sur l’ampleur des allègements et comment cela va se traduire sur le terrain. Il y aura des différences d’une région à l’autre et peut-être même à l’intérieur des régions.

On sait déjà que le couvre-feu sera maintenu, au moins dans une grande partie du Québec.

Si on doit continuer de fermer les lumières à 20 h, les tenanciers de bars ne devraient donc entretenir aucun espoir et les restaurateurs pas vraiment davantage si on décode bien le premier ministre quand il leur signifie qu’ils ne doivent pas avoir trop d’attentes. On ne vient pas de mettre en vigueur un additionnel programme d’aide financière à leur intention pour rien.

Va-t-on rouvrir tous les magasins? C’est l’énigme. Les gyms... pour se remettre en forme physique, mais aussi réduire la déprime généralisée? Semi-essentiels, peut-être, comme pourraient l’être les salons de coiffure.

Les cheveux des hommes, quand ils en ont encore, font de la friche dans leurs oreilles et avec les repousses, on peut constater que le blond scintillant, l’auburn chatoyant ou le spectaculaire fuchsia de surface n’était pas naturel. On se comprend.

On peut reconnaître que le couvre-feu n’a pas été jusqu’à présent la pire des choses à respecter. On peut douter de ses effets directs sur la réduction de la pandémie, sauf que puisque cette mesure a comme un effet pédagogique sur l’esprit de discipline des Québécois, c’est vraiment un moindre mal.

Quant à la prolongation d’un certain nombre de règles de confinement, avec une insistance renouvelée à les observer scrupuleusement chez les 65 ans et plus, on peut dire que pour la majorité, les Québécois s’y attendaient... et les espéraient.

Ce que tout le monde veut, c’est juguler le virus, agir pour l’éradiquer et que la normalité revienne pour longtemps. On veut de la stabilité. On ne veut plus jouer au yoyo. Vaut mieux encore un peu de sacrifices et de patience que d’agir prématurément en se ménageant une nouvelle rechute générale.

On voit ce qui se passe avec le fulgurant mutant britannique dans plusieurs pays d’Europe qui doivent se reconfiner ou resserrer à la limite les mesures sanitaires.

Le retard dans la livraison des vaccins imposait le report d’un déconfinement significatif.

Certes, c’est dur pour le moral et la santé mentale... dans tous les groupes d’âge.

Mais tant qu’on n’aura pas immunisé par le vaccin ou autrement toutes les personnes à haut risque, on n’aura pas la paix. On doit aussi impérieusement récupérer nos capacités hospitalières.

Mieux vaut espérer une «remise en liberté» à Pâques, qu’un reconfinement à ce moment-là, parce qu’on aurait agi trop hâtivement. On survivrait difficilement, physiquement, mentalement, économiquement à une troisième vague. Déjà que...

Coup de cœur

À Allyson Pétrin et Vincent Julien, nos deux nouveaux coups de cœur de la région à Star Académie, après Rosalie Ayotte, Frédérique Beaulieu et William Cloutier. On a du talent à revendre.

Coup de griffe

Les citoyens de Saint-Élie-de-Caxton devraient peut-être soumettre la candidature de leur maire au poste de gouverneur général du Canada. Selon certains, il aurait le profil de la fonction.