Est-il aussi utile de rappeler que depuis dix-neuf ans, le Festival western de Saint-Tite mérite le prix annuel du meilleur rodéo extérieur en Amérique du Nord?

On sort les lassos

CHRONIQUE / Il faudrait peut-être former un commando chargé d’aller placer des charges explosives sous tous les ponts qui donnent accès à l’île de Montréal. Pour ne plus permettre à certains de ses habitants de quitter leur île, mais surtout à une grande partie de sa prétentieuse intelligentsia de garder pour elle ses «lumières».

À la limite, à défaut de faire sauter tous les ponts, au risque de faire d’innocentes victimes, on pourrait se satisfaire d’au moins voir s’écrouler les ponts Le Gardeur et Charles-de Gaulle. La rive sud, qui s’est déjà bien défendue contre Colborne, prendra les mesures qui lui conviennent si elle veut se mettre à l’abri des assauts coloniaux des «grands esprits» montréalais, du Plateau et de ses environs.

Des actes terroristes, vous dites? Pour la forme, bien sûr. Il n’est pas question de passer à l’acte. Sauf qu’il faudra bien à un certain moment trouver une parade à l’hégémonie montréalaise que veulent imposer leurs bien-pensants sur la façon dont on devrait réfléchir et vivre au-delà de leurs rives.

Dans une lettre signée de plus d’une soixantaine d’organismes, reproduite dans plusieurs médias du Québec, les signataires n’ont quand même pas hésité à qualifier d’activistes ceux qui mènent le combat pour tenter de détruire le Festival western de Saint-Tite. À juste titre, ils exprimaient aussi leur crainte d’un dérapage qui pourrait causer des ennuis sérieux aux foires agricoles, aux exploitants d’entreprises de traîneaux à chiens, de calèches et de compétitions animales de tous genres, toutes ces activités qui se passent presque essentiellement hors de Montréal, dans les régions du Québec.

Notons quand même qu’au nombre des signataires se trouve le Regroupement des événements majeurs internationaux. Il faut dire que selon une étude commandée par cet organisme, le Festival western de Saint-Tite s’est révélé être l’un des plus puissants générateurs de retombées économiques parmi les grands événements de masse du Québec, même légèrement supérieur au Grand Prix de Montréal ou au Festival de jazz, au Festival d’été de Québec ou à Juste pour rire. Ça doit être dur à avaler pour certaines éminences que le plus payant des événements touristiques au Québec soit exomontréalais et ait lieu dans une petite municipalité de même pas 4000 habitants, mais pas habitants dans le sens qu’ils l’entendent.

Est-il aussi utile de rappeler que depuis dix-neuf ans, le Festival western de Saint-Tite mérite le prix annuel du meilleur rodéo extérieur en Amérique du Nord? Cela aussi, ça peut être indigeste pour certains.

Il est évident que si, par avalanche de procédures judiciaires ruineuses pour les défendeurs, abus d’interprétation de la loi et désinformation habile mais hautement discutable de celle-ci, on parvenait à faire croire que les veaux, taureaux et chevaux en vedette dans les rodéos du Festival western de Saint-Tite subissent un stress, ne serait-ce que pendant huit secondes, c’est un grand pan d’activités dans l’ensemble des régions du Québec dans lesquels sont mis à contribution ou en évidence des animaux qui deviendrait en danger.

On l’a déjà dit. S’il y en a qui subissent un certain stress durant ces rodéos et qui risquent vraiment des foulures, des entorses et même des cassures, ce sont les cowboys. Et le petit coup de chapeau qu’ils envoient à la foule lorsqu’ils réussissent à ne pas être catapultés dans les airs en moins de huit secondes est bien modeste en regard de la marche altière du cheval ou de celle du taureau qui se pavane encore un peu en faisant rouler ses muscles puissants, avant de regagner les chutes. Leur «dure» journée de travail est terminée. Ce sont des athlètes. Ce sont des vedettes. Certains disent, «les» vedettes du rodéo.

Il suffit d’avoir assisté au moins une fois à un rodéo, de bonne foi, sans préjugés ou idées préconçues, sans être en mission, pour avoir constaté tout cela.

Il est difficile aujourd’hui de croire que les objectifs poursuivis par le professeur en droit de l’Université de Montréal, Alain Roy, étaient simplement de tester la récente loi québécoise sur la protection des animaux.

L’erreur de Saint-Tite a peut-être été d’accepter d’aller présenter à Montréal, dans le contexte de son 375e, un spectacle de rodéo… qui a incidemment été très couru. Imaginez! Rentrer des bêtes odorantes, avec leur crottin repoussant et leurs cowboys en sueurs dans l’urbanité montréalaise? On fait plus que se boucher le nez. On réclame une injonction pour que cette horreur n’arrive pas.

C’est en échange du retrait de cette injonction qu’a été consenti que des observateurs nommés par le professeur Roy et ses militants, mais aussi par le Festival western et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation aient un accès privilégié aux rodéos de Montréal et de Saint-Tite.

Ce groupe de travail doit produire un rapport sur ce qu’il a observé et faire des recommandations. Alain Roy a préféré rendre publique immédiatement sa propre vision des choses, présumant sans aucun doute que le rapport final, qui comprendra l’avis d’observateurs neutres comme ceux du MAPAQ, n’ira pas dans le même sens que lui.

Un rapport «biaisé» selon l’opinion des vrais amis des animaux. Ceux qui en possèdent, qui les nourrissent, qui les soignent, qui les vénèrent presque.

Si vous entendez un hennissement de cheval, devinez à qui il est adressé… et pourquoi!

Coup de cœur:

À ce FestiVoix qui nous promet encore une fois, pour son 25e, dix jours de pur délice, avec une nouvelle scène en plus.

Coup de griffe: 

À notre gourou Facebook, Zuckerberg. On est tellement amis. Pas nécessaire de nous manipuler. Dites-nous carrément quoi acheter et pour qui voter.