La députée sortante dans Champlain, Noëlla Champlain, est maintenant menacée de perdre son élection si on se fie au plus récent sondage.

Noëlla Champagne en danger?

Même Noëlla? La question ne se pose peut-être pas encore, mais il suffirait que la poussée libérale qui a été révélée dans le dernier sondage de Léger Marketing gagne un point ou deux de plus pour que la députée de Champlain, Noëlla Champagne devienne aussi menacée.
Au déclenchement des élections, cette éventualité ne pouvait même pas être effleurée. La question qui se posait plutôt alors était de savoir si les péquistes allaient reprendre les circonscriptions de Trois-Rivières et de Maskinongé, remportées par mille voix ou moins au scrutin de 2012. D'autant que les deux députés sortants, Danielle St-Amand et Jean-Paul Diamond, se retiraient de la politique.
À moins de deux semaines du scrutin, c'est le questionnement inverse qui s'installe. Le Parti québécois sera-t-il en mesure de préserver les deux circonscriptions mauriciennes qu'il détient: Champlain et Saint-Maurice? Mathématiquement, c'est loin d'être acquis.
Selon le sondage de Léger Marketing, 35 % des intentions de vote en Mauricie et au Centre-du-Québec vont en faveur des libéraux contre 31 % au Parti québécois, 21 % à la CAQ et 10 % à Québec solidaire.
L'avantage libéral y apparaît mince. Sauf qu'on amalgame les résultats du sondage de deux régions dont le profil politique est un peu différent. Même s'il ne détient qu'une circonscription sur quatre au Centre-du-Québec, le Parti québécois y apparaît plus populaire qu'en Mauricie. Pour refléter l'état de la situation, il faut donc y ajouter quelques points de plus au Parti québécois et quelques-uns de moins au Parti libéral. Ce qui force en conséquence à faire l'inverse pour la Mauricie. Du coup, la donne mauricienne change. Le PLQ obtiendrait 36 % ou 37 % et le PQ, 29 % ou 30 %.
Dès lors, il n'y a plus rien d'assuré pour le Parti québécois. Les caquistes avaient fini deuxièmes dans Maskinongé, Champlain et Saint-Maurice et bon troisième dans Trois-Rivières. L'effritement de leur vote, on le sait, profite davantage au PLQ qu'au PQ.
Ce qui fait que Luc Trudel, dans Saint-Maurice, est devenu hautement fragilisé. En 2012, Pierre Giguère, pour la CAQ, avait obtenu 7498 voix et le libéral Robert Pilotte, 7158. Giguère, qui cette fois est candidat libéral, devrait au moins recueillir les votes de Pilotte et les deux tiers des votes de ses anciens électeurs caquistes qui ont défroqué. Certes, avec Stéphane Mongeau, un fiscaliste, les pertes de la CAQ devraient être réduites. En même temps, quand même les grandes têtes d'affiche de la CAQ éprouvent des difficultés à cet égard, on ne voit pas comment Mongeau pourrait renverser la tendance forte.
Si le vote caquiste dans Saint-Maurice est cassé en deux et que les deux tiers des pertes vont au libéral Giguère, cela lui serait suffisant pour coiffer Trudel qui avait obtenu 1897 voix de majorité. Mais ce sont des chiffres. Il faut aussi tenir compte de la popularité présumée de Luc Trudel, qui peut faire une différence et du fait que le comté a résisté aux libéraux depuis 1994.
C'est aussi le cas dans Champlain, qui a toujours voté péquiste depuis 1994, sauf en 2007. On y avait élu un adéquiste, Pierre-Michel Auger, qui est le présent candidat libéral. La CAQ et le PLQ avaient obtenu au total 20 400 voix en 2012, 6800 de plus que Mme Champagne. Cette dernière, par contre, avait fait presque 5 % de mieux que le vote national du PQ. C'est là qu'elle puise sa force de résistance.
Il serait cependant surprenant que Trois-Rivières et Maskinongé, qui ont voté libéral en 2012, alors que le vote national du PLQ a été de 31,20 %, ne récidivent pas s'il atteint maintenant les 40 % comme le laisse comprendre le dernier sondage. Quant à Julie Boulet, dans Laviolette, si les intentions de vote se concrétisent, elle devrait de nouveau dépasser les 50 % des voix exprimées en sa faveur et retrouver une majorité supérieure à 5 000 voix.
Certes, la campagne électorale n'est pas terminée. Il reste un débat des chefs et douze jours de campagne. Le vote s'est cependant cristallisé plus tôt qu'à l'habitude. Il ne resterait que 5 % d'indécis, qui ne sont souvent que des réservés.
Il faudra un fumant coup d'éclat pour renverser les choses. Un coup spectaculaire, mais qui soit aussi crédible et déstabilisant pour les libéraux.