Depuis vendredi, la ville est entrée dans son étourdissement annuel du Grand Prix de Trois-Rivières.

L’étourdissement annuel du GP3R

Chacun sa façon de constater que la ville entre dans son étourdissement annuel du Grand Prix de Trois-Rivières.

Les premiers grondements qui surgissent des coteaux sont un signal incontestable que ça y est encore une fois.

Mais avant les vrombissements et le défilé du vendredi soir des bolides de compétition avec quelques «starts» bruyants et des dérapages provoqués qui enfumeront la rue des Forges d’odeurs de caoutchouc brûlé qui en laisseront des preuves sur la voie, il y aura eu l’arrivée des rutilantes.

Dans les jours qui précèdent l’ouverture du Grand Prix, on voit les rues du centre-ville se meubler de superbes voitures, parmi les plus performantes, les plus réputées, les plus chics, les plus prestigieuses, les plus inaccessibles aussi du monde automobile.

Qu’on soit fana ou pas des voitures de grand style et de haute performance, on ne peut vraiment rester indifférent à leur vue. Toujours religieusement astiquées par leur propriétaire, qui par précaution n’est jamais très loin, ces belles et nobles de la route se laissent admirer. Cela fait partie de la couleur et des plaisirs de l’événement, même pour ceux qui ne pousseront pas l’audace jusqu’à se réserver un siège dans les estrades. Il y a un seul Grand Prix, celui, bien officiel, qui se passe sur la plus vieille piste urbaine d’Amérique du Nord et son prolongement social et récréatif au centre-ville où on ne se trompe pas sur la nature de l’événement, avec en final d’apothéose, l’immense feu d’artifice.

Comme pour tous les grands événements d’été, la première question qu’on doit poser est de savoir si le beau temps, facteur tellement important, sera présent. Avec une quatrième canicule qui s’installe, on a notre réponse. La ville va être pleine à craquer.

Mais cette année, beau temps ou pas à être confirmé, les grands événements savaient déjà que le succès allait être au rendez-vous en raison des envolées de leur prévente. On l’a vu de façon éclatante avec le FestiVoix puis avec le Cirque du Soleil.

Au Grand Prix, on avait déjà perçu un intérêt croissant pour le premier week-end de rallycross. C’est un type de compétition très spectaculaire, mais qui demandait à être mieux connu au Québec.

Avec une cinquième année du Championnat mondial de rallycross, la série prend ses assises. D’autant qu’on y a rajouté d’autres compétitions dans le même genre, dont les séries américaines les plus populaires.

Il reste qu’on est dans un star-system. Le Championnat mondial est essentiellement européen. À part les mordus, on connaît peu ses vedettes et il en est de même pour les séries de rallycross américaines.

Mais voilà qu’un certain Jacques Villeneuve, 46 ou 47 ans, annonce qu’il a accepté un volant en série américaine.

Qu’on le veuille ou non, le nom de Villeneuve, est immense dans le course automobile au Québec. Cela commence avec son père Gilles, son oncle Jacques et lui-même. Les trois hommes doivent à leurs performances au Grand Prix de Trois-Rivières un moment déterminant de leur carrière. Inscrivez le nom de Villeneuve au Grand Prix de Trois-Rivières et cela fait des étincelles. La question qui se posait déjà ces derniers jours, c’est à quel moment au juste il sera en piste. La curiosité est très forte… On comprend que les admirateurs y seront pour y admirer ses prouesses, ses audaces, pas pour le voir prendre le clos ou quelque chose du genre, comme cela est si souvent arrivé à Mononcle Jacques, pour qui la seule règle était toujours «ça passe ou ça casse». Enfin, on le présume.

Pour le week-end suivant, on disait que les résultats d’Edmonton pourraient se transformer en puissant stimulant.

Les amateurs de la série Nascar seront finalement gâtés.

La vedette trifluvienne Louis-Philippe Dumoulin a remporté l’épreuve d’Edmonton et domine maintenant la série Pinty’s.

Mais son avance est mince. Son rétroviseur sera rempli durant la course, car il est talonné de près par une autre gloire régionale, Marc-Antoine Camirand et des Québécois qui ont le couteau entre les dents comme Kevin Lacroix, Andrew Ranger et Alex Tagliani, qui a fait trois podiums dans l’Ouest et qui va vouloir à tout prix récupérer son titre de champion de la piste de l’an passé. Jean-François Dumoulin, le frère, constitue toujours une menace latente, mais bien réelle, s’il est doté d’une bonne monture.

Il y va y avoir de fréquentes scènes de rage au volant la semaine prochaine sur le circuit du Grand Prix de Trois-Rivières.

On ne se demande plus si l’intérêt va être là.

La chose est entendue, comme à chaque année.

Il n’y a jamais d’acquis nulle part, mais le nom de la ville est tellement accolé depuis des années à celui du Grand Prix que l’événement fait vraiment partie des grands meubles touristiques trifluviens.

On a l’impression, à tort ou à raison, qu’il n’y a plus de problèmes. Tant mieux si c’est le cas. Cet acquis peut faire sourire quand on connaît un peu les incertitudes de sa relance en 2002.

Cela a ressemblé à la tentative du maire Denis Coderre avec son GP électrique. Plus de billets complémentaires distribués que vendus, trou financier….

Quand l’ancien promoteur Léon Méthot s’est présenté à l’hôtel de ville de Trois-Rivières pour obtenir un soutien financier d’urgence, sa demande a été refusée.

Méthot, qui avait été l’adversaire de Lévesque l’automne précédent, faisait face à un grave problème. Il avait perdu les généreuses commandites des compagnies de tabac.

Méthot a dû se résigner à annoncer la fin du GPTR. Mais dans l’heure suivante, Lévesque tenait sa conférence de presse avec à ses côtés son équipe de relance.

Il aura fallu à tout ce beau monde quelques années avant de redonner à la course sa notoriété mais aussi un grande compréhension à tous égards de la Ville qui n’a pas fait défaut. Quand les assistances sont réapparues, le maire Lévesque a souvent brandi le succès retrouvé en guise de réplique aux sceptiques.