Depuis sept ans, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec n’avait relevé que deux infractions au Zoo de Saint-Édouard pour des manquements qui ont été corrigés par la suite.

Les victimes du zoo

CHRONIQUE / C’est curieux qu’on soit aujourd’hui plus troublé par l’action intempestive qu’a pu mener la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux de Montréal en saisissant, ou en confisquant comme quelqu’un l’a suggéré, le Zoo de Saint-Édouard que par l’état de santé réel des animaux qu’on voudrait présumément protéger.

Si cette intervention aussi radicale que spectaculaire avait quelques desseins de marketing pour la SPCA de Montréal, c’est plutôt raté. Personne ne croit, au-delà des ponts de Montréal, ou à tout le moins dans la région, qu’on soit en présence d’un cas de cruauté animale.

C’est essentiel et rassurant qu’il y ait des sociétés protectrices des animaux et qu’elles disposent de moyens convenables pour remplir leur mission. Mais on doit s’inquiéter quand on découvre l’ampleur des pouvoirs policiers et quasi judiciaires dont la SPCA de Montréal dispose qui lui permet d’intervenir comme elle l’a fait à Saint-Édouard sans avoir à justifier quoi que ce soit.

Ces pouvoirs élargis devraient être accompagnés d’une obligation ferme de rendre publiques sur-le-champ les raisons, mieux, les preuves, qui justifient un tel recours en urgence aux mesures extrêmes que représentent la fermeture d’un zoo et l’expulsion de son propriétaire.

C’est un dossier qui n’a aucune justification d’être aussi opaque qu’il l’a été jusqu’à présent. Il y a là un cruel déficit de transparence et une apparente détermination à faire en sorte qu’il en soit ainsi. On ne devrait pas être à l’aise avec une telle façon de faire, dans une société qui tient mordicus à ce que tout ce qui est fait en son nom pour le bien général le soit avec clarté.

Ce n’est pas normal que Me Michel Lebrun, l’avocat de Normand Trahan, le propriétaire du zoo, ait dû se précipiter à la Cour supérieure pour tenter d’imposer à la SPCA de Montréal de lui démontrer les autorisations juridiques de ses agissements et de lui donner accès au contenu des deux mandats de perquisition qu’elle a appliqués. Autrement, on parle de préjudices graves.

On a le droit d’accuser et de poursuivre dans notre société. On devrait avoir aussi celui d’opposer une défense pleine et entière.

D’autant que la SPCA de Montréal est fortement soupçonnée d’activisme sur la question animale.

Elle a parfaitement le droit d’inscrire dans les éléments qui soutiennent sa philosophie d’entreprise qu’elle est contre les zoos. Mais elle ne devrait pas en conséquence avoir celui de les fermer au gré de ses interprétations sur le bien-être animal.

Plusieurs fondamentalistes de la cause animale, et la SPCA de Montréal semblent être du lot, ont une interprétation très élastique du bien-être animal ou de son contraire.

Elle est d’ailleurs contre les rodéos. La SPCA de Montréal avait lancé l’an dernier une offensive auprès des commanditaires du Festival western de Saint-Tite pour qu’ils retirent leur appui. La campagne a été infructueuse.

Est-ce qu’on pourrait voir l’organisme débarquer à Saint-Tite, interdire l’accès au stade et vider les étables et les écuries de Saint-Tite? Avec ce qui se passe à Saint-Édouard, il faut peut-être s’en inquiéter. Le temps qu’on aille débattre devant les tribunaux la légalité d’une telle intervention et le festival en serait déjà terriblement amoché.

Cette année, pour la première fois depuis sa création, le Festival du cochon de Sainte-Perpétue n’a pas inscrit à son programme sa célèbre course au cochon graissé.

On avait pourtant l’impression qu’un cochon qui se vautre dans un grand bassin de boue doit être le plus heureux des cochons alors que l’humain qui tente de l’attraper, dans la vase gluante jusqu’aux épaules, doit subir un inconfort total. Mais non!

Comme le cheval de rodéo, le cochon subirait un stress. Et cela, en vertu de la nouvelle loi québécoise sur le bien-être animal, ça peut devenir un acte criminel pour le «coupable» de l’affaire.

C’est vrai que, comme l’ont souvent fait valoir en argument ces défenseurs philosophiques des animaux, le cochon ou le cheval n’avait pas donné son consentement… On ne s’est pas rendu jusqu’à ajouter: par écrit.

On comprend qu’au Zoo de Saint-Édouard, on ne nageait pas dans l’opulence et que son propriétaire, aussi dédié à son entreprise qu’il pouvait l’être, n’avait pas le choix de tourner ronds certains coins; de ne pas récurer aussi souvent qu’il serait souhaitable.

N’empêche que depuis sept ans, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec n’avait relevé que deux infractions pour des manquements qui ont été corrigés par la suite.

Il y a bien eu plusieurs signalements au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation de la part de visiteurs du zoo parce qu’à leur avis les animaux manquaient d’eau, de nourriture et que certains leur paraissaient mal en point.

Des inspecteurs du MAPAQ s’y sont rendus et constaté chaque fois que ce n’était pas le cas. Certes, il pouvait parfois y avoir des petites choses à régler comme des sabots à raboter ou à ressouder ou des ongles à tailler, mais jamais dans leurs rapports on ne rapporte des observations de négligences sévères et encore moins de cruauté animale.

À la lecture de certaines plaintes, on peut se demander si certains visiteurs n’ont pas tendance à comparer l’apparence d’un animal sauvage à celle d’un animal domestique bien bichonné. On ne brosse pas un coyote pour en lisser son poil comme on le fait pour un chat ou un chien. On ne le manucure pas non plus. Et il faut éviter de le rendre obèse comme le sont devenus certains de nos animaux de maison par manque d’exercice mais aussi par surnutrition.

Quand on examine un cheptel de 200 animaux, sauvages et exotiques, pour bon nombre d’entre eux, il est facile de soupçonner quelques faiblesses.

S’il est interdit de causer un stress aux animaux et de mettre leur vie en danger, avec l’opération de déplacement que mènent la SPCA de Montréal et la Humane Society International, ils devraient à leur tour être poursuivis en justice pour… déportation animale à hauts risques et ultra stressante.

Coup de griffe

Difficile à comprendre qu’un gouvernement dit des régions abolisse une structure aussi régionale que l’était le réseau national des pôles d’innovation!

Coup de cœur

Bravo à la nouvelle Route des brasseurs parce qu’elle sera vraiment mauricienne, de Trois-Rivières à La Tuque, en passant aussi par Shawinigan.