Jean-Denis Girard

Les oscarisés de la semaine

Dans Trois-Rivières, tant les libéraux que les péquistes nous ont livré cette semaine ce qui a pu paraître par moments comme de belles pièces de théâtre, qui reposaient sur des scénarios inédits appuyés de mises en scène habiles qui ont donné lieu à de magistrales performances de comédiens et de comédiennes.
Si certaines choses devaient se confirmer, il y aurait sûrement quelques oscarisables dans le lot. Il est malheureusement trop tard pour soumettre leurs candidatures à l'Academy Awards... et c'est bien dommage, car il y avait du talent à revendre et peut-être à récompenser.
D'abord chez les péquistes. Il a fallu beaucoup de talent, mais surtout de louvoiement au président du Parti québécois de Trois-Rivières, Yves Rocheleau pour tenter de convaincre les journalistes de l'impartialité de la démarche de son exécutif qui a conduit au choix du Gaspésien d'origine Alexis Deschênes.
Surtout pour convaincre les médias que la main avait été tendue à tous ceux qui désiraient devenir candidat pour le Parti québécois, mais que la seule qui s'est allongée pour la saisir avait finalement été celle de l'ex-journaliste.
Tout cela affirmé avec une grande sincérité, même si l'on sait qu'il y aurait eu bousculade à la porte si on avait simplement accepté de l'entrouvrir. On se serait cru dans une représentation des Fourberies de Scapin de Molière, avec même au passage, pour les effets dramatiques, une petite bastonnade du ministre Yves-François Blanchet aux journalistes qui n'ont pas selon lui à s'interroger sur les affaires «internes» du PQ. On ne va quand même pas permettre aux scribes de changer le script.
Si vous doutez qu'on n'était pas dans le grand cinéma, sachez que le ministre Blanchet a commencé sa prestation en disant qu'il se sentait comme Harrison Ford aux côtés de Chris Pine, Indiana Jones et Captain Kirk réunis. Imaginez l'immensité des privilèges qui nous étaient consentis. Des grandes vedettes de l'écran géant, là, devant nous. On est aux Oscars! Déroulez le tapis rouge... Euh! C'est pas le bon. Le tapis bleu.
Mais attention, sous l'aveuglement des puissantes lumières de scène, les follow spots, un autre grand comédien, mais libéral cette fois, préparait son entrée en scène, en faisant tout pour éviter les kodaks. C'est le candidat libéral dans Trois-Rivières qui n'est pas candidat.
Aux journalistes qui l'ont rejoint, Jean-Denis Girard a servi la même sérénade. Oui, il aurait aimé être candidat libéral dans Trois-Rivières. Mais à ce moment-ci de sa vie, de sa carrière professionnelle et pour sa famille qu'il ne veut pas soumettre à l'horrible «bitchage» inhérent à la vie politique, il n'est pas question de se lancer en politique.
La priorité de l'heure? Les vacances scolaires en famille quelque-part dans les Laurentides. Tout cela répété à plusieurs reprises, sur un ton d'une extrême gentillesse qui dégageait la plus pure des franchises. À en verser une larme de compassion... si on ne sait que tout cela était dit quelques heures après qu'il s'eut prêté à l'incontournable séance de photos pour les affiches électorales. C'est assez rare qu'on se fait poser pour les poteaux... pour rien.
Du grand art dramatique là encore. Certes, on peut comprendre que pour des raisons professionnelles ou stratégiques, on ait parfois intérêt à ne confirmer sa candidature politique qu'au moment où les élections sont déclenchées. Mais il y a des façons de le faire sans jouer la comedia dell'arte.
Dans le cas de Jean-Denis Girard, ex-président de la Chambre de commerce du Coeur du Québec, qui s'est mis en évidence dans le dossier de la fermeture de Gentilly-2, les propositions politiques ont été nombreuses.
Les libéraux le voyaient d'abord dans Nicolet-Bécancour et la CAQ (il a rencontré François Legault il y a trois semaines), dans Maskinongé. Il n'avait pas dit oui, mais ni non à la CAQ. En fait, on l'aurait aimé dans Trois-Rivières. Mais il n'allait pas affronter Danielle St-Amand. Toute la donne a changé pour lui quand cette dernière a annoncé qu'elle se retirait de la politique, pour des raisons de santé.
Des raisons de santé qui ont été mises en doute par certains du fait qu'elle se serait auparavant ménagée une sortie en signant un contrat avec un cabinet-conseil de Trois-Rivières, ce qui annonçait une guérison miraculeuse après les élections. Oui, mais, le job, ça sera dans plusieurs mois. Autrement, il fallait lui décerner l'Oscar de la meilleure composition dramatique.
Chantons tous: Viens voir les comédiens, voir les musiciens... qui arrivent.