Les candidats de la CAQ en Mauricie veulent des débats. On reconnaît Martin Poisson, (Maskinongé), Andrew D'Amours (Champlain), Diego Brunelle (Trois-Rivières), Stéphane Mongeau (Saint-Maurice) et Sylvain Gauthier (Laviolette).

Les débats: ça peut même être drôle

«N'importe quand, n'importe où, peu importe la formule et le plus souvent possible.»
On peut comprendre les cinq candidats caquistes de la Mauricie de souhaiter si vivement que se tienne le plus grand nombre de débats possible durant la présente campagne électorale... sans égard aux qualités d'orateur des uns et des autres.
C'est le voeu le plus souvent exprimé par les aspirants et par ceux qui manquent de notoriété et davantage encore par ceux dont les potentiels de victoire électorale sont réduits, pour ne pas dire nuls, comme c'est souvent le cas pour les représentants des partis marginaux. Les débats, qui ne grèvent pas les budgets de campagne, peuvent s'avérer pour eux une aubaine.
Ils sont cependant généralement moins souhaités par les élus sortants, qui deviennent plus souvent qu'autrement la cible de tirs regroupés des adversaires. On l'a vu aux dernières élections municipales à Trois-Rivières notamment, où le maire sortant Yves Lévesque avait décliné toutes les invitations à débattre, sauf une à Radio-Canada. On avait jugé qu'on avait plus à perdre qu'à gagner de ces affrontements publics. Par contre, Michel Angers, à Shawinigan, qui ne voulait participer qu'à un seul débat, avait changé d'idée devant la tournure d'une campagne qui à son avis faisait dérision.
Sauf que dans la présente campagne, en Mauricie, trois élus seulement reviennent sur les rangs: Julie Boulet dans Laviolette, Noëlla Champagne dans Champlain et Luc Trudel dans Saint-Maurice. Les deux autres élus sortants, Jean-Paul Diamond, dans Maskinongé et Danielle Saint-Amand dans Trois-Rivières, ont annoncé leur retraite de la vie politique. On peut donc penser que leurs aspirants remplaçants, Marc-H. Plante et Jean-Denis Girard doivent faire un certain effort pour mieux se faire connaître de leurs électeurs. Ça reste à voir.
On ne voit pas l'intérêt qu'aurait Julie Boulet, par exemple, à vouloir multiplier les débats pour en découdre avec son adversaire péquiste, André Beaudoin, qu'elle avait déjà vaincu en 2012. Il n'y en a pas souvent dans Champlain et ce n'est pas nécessaire pour la péquiste Noëlla Champagne qui jouit déjà d'une forte notoriété. Ce qui par ailleurs ne lui déplairait certainement pas. On sait qu'elle est atteinte de logorrhée (ce n'est pas une maladie), ce qui nécessiterait un modérateur très strict pour faire observer scrupuleusement dans son cas le temps imparti à chacun des adversaires. Dans Saint-Maurice, Luc Trudel, qui n'a certes pas les envolées oratoires intempestives de son ancien patron Claude Pinard, ne déteste pas prendre la parole en public et il saurait bien se débrouiller avec son adversaire libéral Pierre Giguère, bien connu dans le milieu, mais qui n'est pas un Bossuet naturel. Ce n'est quand même pas ce dernier qui va stimuler les affrontements.
Dans Trois-Rivières, il ne fait pas de doute que le candidat péquiste Alexis Deschênes aurait avantage à croiser le fer avec le libéral Jean-Denis Girard. Ancien journaliste de la télévision devenu avocat, l'homme est plus qu'à l'aise devant une assistance et des micros et on peut penser qu'il fait télégénique. À l'annonce de sa candidature, «JD-pour-les-intimes» lui avait concédé cet avantage. Comme il est conseiller par Denis Simard, qui avait été conseiller du maire Lévesque, on ne devrait pas être trop friand de ces confrontations.
Dans Maskinongé, tant le libéral Marc-H. Plante que le péquiste Patrick Lahaie ont intérêt à se faire connaître des électeurs. Le problème, c'est que pour Plante, c'est dans la partie urbaine des secteurs Trois-Rivières-Ouest et Pointe-du-Lac qu'il est le moins connu et que Lahaie a besoin de percer dans Louiseville et la partie rurale du comté, les terres d'origine de son adversaire. Il n'y aura finalement que le happening de la Chambre de commerce de la MRC de Maskinongé, à Louiseville. Une belle formule, mais sans risque de glisser sur des pelures de banane.
Qu'il y ait peu ou beaucoup de débats, ils sont toujours plus intéressants quand ils sont tenus avant le premier débat des chefs. Car après, il devient plus difficile de cerner la personnalité des candidats. Le mimétisme prend le dessus chez plusieurs d'entre eux, qui adoptent les mouvements et les postures de leur chef et, pour tenter de faire effet, répètent comme des perroquets leurs meilleures lignes.
Les débats, c'est un bel exercice démocratique, davantage réclamés par ceux qui n'ont rien à perdre que par ceux qui se présument victorieux à l'élection. En plus, c'est parfois drôle.