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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste
Jean-Marc Beaudoin
Les sondages glissent tranquillement pour Justin Trudeau. Le premier ministre canadien aura donc avantage à ne pas trop tarder pour aller en élections générales.
Les sondages glissent tranquillement pour Justin Trudeau. Le premier ministre canadien aura donc avantage à ne pas trop tarder pour aller en élections générales.

Le vaccin avant la politique?

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CHRONIQUE / Si le docteur Horacio Arruda allait en élection ces jours-ci, il obtiendrait un appui massif des Québécois.

Qu’on se rassure, le directeur de la Santé publique au Québec n’a d’aucune façon fait allégeance à un parti politique et encore moins annoncé une possible candidature, même pas pour la Coalition avenir Québec.

Mais en lui accordant une note de 6,9 sur dix pour sa gestion de la pandémie, la même qu’à François Legault, un signal fort a été envoyé à tous ses détracteurs.

Le sondage de la firme Léger nous a appris que le niveau d’appréciation des Québécois à l’endroit du docteur Arruda n’était pas aussi mis en cause que pouvait le laisser croire l’ampleur du tapage de ceux qui le contestaient sur plein de choses.

On s’est beaucoup appliqué à faire ressortir certaines de ses contradictions, en particulier sur le port du masque, mais surtout à lui reprocher une présumée proximité toxique avec le gouvernement Legault.

On découvre donc qu’en vérité, encore qu’il est toujours permis à ceux que ces résultats ne plaisent pas, de mettre en doute les données du sondage, non seulement les Québécois lui font confiance, mais qu’ils l’ont toujours, très majoritairement, en grande estime.

À moins que ce ne soit le syndrome de Stockholm, un processus qui fait que le prisonnier torturé en arrive à aimer son tortionnaire.

On peut en effet sourire en constatant que ceux qui ont eu la tâche d’imposer des restrictions majeures, souvent très difficiles, dans la vie quotidienne des Québécois, reçoivent au bout plus d’affection que celui qui a fait couler à flots les dollars de soulagement, sans jamais les accompagner de contingences nationales.

François Legault obtient en effet une bien meilleure note que Justin Trudeau qui, à 49 % d’approbation, demeure loin derrière le leader du Québec. Mais, ça reste un niveau appréciable.

Le problème pour Justin Trudeau, c’est qu’il ira en élections générales dans les prochains mois alors que pour François Legault, la prochaine confrontation n’aura lieu que dans deux ans.

Ouf ! Doivent se dire les partis d’opposition. Car avec le niveau dans les intentions de vote qu’atteint en ce moment la CAQ, ce serait un immense balayage électoral. Le Parti québécois et Québec solidaire seraient au bord de l’extinction tandis que le Parti libéral, grâce essentiellement à l’ouest de l’île de Montréal, aurait de strictes allures de résistant politique.

Mais deux ans, c’est au moins deux ou trois éternités en politique. Alors, bien des choses peuvent survenir et rien ne dit que la pandémie, qui semble en général pour l’instant profiter aux gouvernements en place (sauf aux USA) pourrait bien, si elle devait s’étirer un peu trop, user prématurément ces mêmes gouvernements.

On peut penser que si les Québécois semblent se coller à leur gouvernement, c’est que, même si leur situation demeure la plus critique dans l’ensemble canadien, on reste convaincu que, ratés ou pas, on fait vraiment pour le mieux avec ce que l’on a et avec ce que l’on sait.

On n’a pas le même enthousiasme du côté fédéral. Le gouvernement de Justin Trudeau a pourtant fait s’abattre une pluie diluvienne de dollars puisés d’on ne sait où. À près de 400 milliards de pando-dollars, ils devraient profiter d’une reconnaissance sans bornes des Canadiens.

Il y a pourtant plus de retenue dans l’élan d’affection, au moins des Québécois.

Il reste que s’il y avait des élections, en regard des intentions de vote dans l’ensemble canadien, le gouvernement Trudeau serait à quelques sièges de former un gouvernement majoritaire.

Mais ça glisse tranquillement. Justin Trudeau aura donc avantage à ne pas trop tarder pour aller en élections générales.

Il l’a d’ailleurs laissé entendre dans ses rencontres médiatiques de fin d’année.

La différence, elle va se faire dans les deux provinces centrales. L’Ontario est dirigée par un gouvernement conservateur et le Québec par un gouvernement, la CAQ, qui n’est pas d’obédience politique libérale.

Pour reformer un gouvernement, et davantage encore s’il aspire à être majoritaire, le Parti libéral devra maintenir ses acquis au Québec et même les améliorer.

Or, le seul parti qui a fait quelques récents gains dans la faveur des Québécois, c’est le Parti conservateur. La remontée est modeste, mais l’aiguille a bougé. Quelques points de plus et ce sont des sièges qui s’ajoutent, au détriment peut-être du Bloc québécois. Car à l’exception de deux comtés libéraux, dont celui de Saint-Maurice-Champlain, et d’un néo-démocrate, à l’est de Montréal, le territoire québécois est totalement bleu bloquiste.

S’il doit y avoir des nuances de bleu, c’est là qu’elles vont apparaître.

On voit que le PC d’Erin O’Toole gagne en popularité dans la région de Québec, dans les premières terres qui avaient servi d’assise à l’Action démocratique puis à la CAQ.

Mais si les intentions de vote devaient demeurer à leur niveau actuel, cela ne changerait pas grand-chose dans la région au paysage politique.

Louis Plamondon pourra fracasser de nouveaux records et Yves Perron n’aura pas la néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau pour le mettre à risque. Dans Saint-Maurice-Champlain, le ministre François-Philippe Champagne peut profiter d’une popularité personnelle.

La seule circonscription qui pourrait vaciller, c’est Trois-Rivières, dans la mesure où les conservateurs profitent au moins d’un petit vent favorable et que l’ex-maire Yves Lévesque remette ça.

Mais à Noël et au jour de l’An, c’est plus de vaccin que de politique dont les Québécois vont vouloir parler. Encore que si les consignes sont observées, à un ou deux autour de la table, ça ne jasera pas fort.

Coup de cœur: À ceux qui vont agir pour qu’on ait le plus tôt possible un lendemain à la pandémie.

Coup de griffe: À ceux qui vont agir de façon à éloigner le lendemain de la pandémie.