François Legault était accompagné, vendredi, de son épouse, Isabelle Brais, avec qui il célébrait 22 ans de mariage.

L'arrivée «triomphale» de François Legault

S'il n'y avait les sondages qui nous racontent que le vote caquiste se disperse, on aurait pu croire que Trois-Rivières accueillait vendredi le futur premier ministre du Québec.
Ils étaient plus d'une cinquantaine, presque en délire, criant «Go! Go! Go! et agitant avec frénésie des pancartes, pour accueillir leur chef François Legault, à son débarquement de l'autobus de campagne à l'Oriflamme.
François Legault venait y faire la présentation de son candidat dans Trois-Rivières, le jeune agent immobilier Diego Brunelle Diaz, accompagné de ses députés caquistes de la région, Donald Martel dans Nicolet-Bécancour et Sébastien Schneeberger, dans Drummond-Bois-Francs, dont il n'a pas prononcé, on peut le comprendre, le nom de famille.
C'était aussi l'occasion de faire connaissance avec ses autres candidats dans la région, Stéphane Mongeau, un fiscaliste, dans Saint-Maurice, Sylvain Gauthier, un technicien ambulancier, dans Laviolette et André Lamontagne, un genre de rentier de la famille Provigo, dans Johnson. Martin Poisson, un homme d'affaires, qui se présentera dans Maskinongé, ne pouvait être présent et la députée caquiste Sylvie Roy, dans Arthabaska était semble-t-il occupée ailleurs.
Le chef caquiste est le dernier des trois principaux chefs politiques à s'arrêter dans la région depuis le déclenchement des élections. Ç'aurait été difficile pour lui de le faire plus tôt, car ce n'est que vendredi matin que son candidat dans Trois-Rivières a finalement été choisi.
Ou confirmé, selon la précision de Brunelle Diaz, qui avait bien eu quelques échanges avec la CAQ sur sa possible candidature mais qui n'a été acceptée qu'à la veille de la visite de son chef. Une incertitude, en ce qui le concerne, qui l'a autorisé, la semaine dernière, à participer à un meeting du candidat libéral Pierre-Michel Auger, dans Champlain.
Rien d'anormal là-dedans, l'a excusé François Legault, en rappelant que sa formation arc-en-ciel est après tout formée d'anciens péquistes ou libéraux. À la suite d'une question d'un collègue de la radio, on a même pu croire que la CAQ avait mis la main sur tout un bagarreur.
Mais non, Brunelle Diaz assure n'avoir jamais été expulsé du Colisée de Trois-Rivières, lors d'un match du Caron et Guay et réadmis aux matchs suivants, mais avec l'interdiction de se lever de son siège. «C'est simplement un de mes amis qui a eu un échange verbal avec d'autres partisans.» Pas fighter d'abord. «Oui, oui. Je suis un fighter, mais un fighter civilisé». C'est toujours ça de pris.
Avant sa «confirmation», on ne se demandait sarcastiquement plus qui allait être le candidat caquiste dans Trois-Rivières, mais qui n'avait pas encore été approché pour l'être.
Ce qui fait qu'on aura dans Trois-Rivières une bataille rangée entre Boucles d'or, Capitaine Gentilly et Fighter.
Il faut quand même reconnaître à la CAQ qu'elle envoie sur le terrain, tant en Mauricie qu'au Centre-du-Québec, de bonnes équipes électorales. Sur la rive sud, la CAQ détient trois des quatre circonscriptions et pour affronter le ministre régional Yves-François Blanchet, elle a déniché un homme d'affaires qui a réussi tout ce qu'il a entrepris dans le passé.
En Mauricie, la CAQ a échoué dans les cinq circonscriptions en 2012. Mais elle avait fini deuxième dans Maskinongé, avec 10 907 voix; deuxième dans Saint-Maurice, avec 7498 voix; deuxième aussi dans Champlain avec 12 220 voix. Dans Trois-Rivières, le jeune M.B.A, Andrew d'Amours, qui se présente cette fois dans Champlain, avait quand même obtenu 7447 votes. Ça a été plus faible dans Laviolette, mais Sylvain Medzalabenleth, là aussi le chef Legault aurait laissé tomber le nom de famille, avait récolté près de 5000 voix.
Quand on sait que les circonscriptions de Maskinongé, Trois-Rivières, Champlain et Saint-Maurice ont déjà élu des députés adéquistes, cela veut dire que la CAQ recèle un fort potentiel de rebondissement.
Ce n'est pas la tendance qui est observée en ce début de campagne. Les intentions de vote actuelles tendent plutôt à vouloir marginaliser la Coalition avenir Québec. On comprend quand même François Legault, qui reconnaît disputer «le match de sa vie», de prévenir qu'il va revenir souvent dans la région durant la campagne.
Reste qu'à sa descente d'autobus vendredi midi, à chaque poignée de main qu'il tendait à ses supporters, comme si c'était de vieux potes, il leur disait à chacun, «merci d'être encore là...»