Nezha

L’après-Bob à la Cité

CHRONIQUE / Il y avait plus de vedettes, d’artistes et bien sûr de représentants médiatiques au pied carré qu’on est habitué d’en voir, venus défiler jeudi soir sur le tapis rouge de la Cité de l’énergie pour ce qu’on a appelé la «première médiatique» de Nezha, l’enfant pirate.

Entre les verres qui s’entrechoquent et les petites bouchées distribuées à profusion, on parlait de tout et de rien. L’esprit glamour était à l’ordre du jour. Sauf pour des habitués et des familiers des lieux qui avaient un état d’âme différent.

Un soir de première, même si on en était dans les faits à la troisième représentation du nouveau spectacle estival nocturne de la Cité, on peut soupçonner une certaine nervosité et un peu d’émotion de la part des artistes, des techniciens et de l’organisation. On redoute toujours cette assistance particulière, qui pourtant n’a pas payé son billet, qu’on chouchoute tant qu’on peut, mais dont le jugement peut être glorifiant comme dévastateur.

Pour cet aspect, la chose a été réglée par une solide ovation debout à la fin du spectacle. Cette fois, on n’avait pas raté la finale, comme ce fut le cas le premier soir.

Sauf qu’au-delà de cette habituelle électricité dans l’air, la soirée de jeudi a généré une émotion qui était plus que palpable chez beaucoup des artisans de la première heure de la Cité de l’énergie et de collaborateurs de longue date.

Les piliers de la Cité étaient tous là… à l’exception d’un. On devine lequel. Au-delà des «un tel est là» et des «as-tu vu telle vedette?», il y avait cette même question toujours posée en murmure: «Comment va-t-il?»

Il y a avait évidemment un grand absent et c’était Robert Trudel, initiateur de la Cité de l’énergie et son directeur général depuis 21 ans. À la suite d’allégations sur des propos et des gestes déplacés qu’il a pu tenir ou poser, l’homme a décidé de prendre sa retraite.

Il y avait ce grand absent, mais il était quand même difficile de ne pas sentir sa présence, à travers les lieux, à travers la nouvelle production conçue par le Cirque Éloize, à travers surtout toutes ces personnes qui étaient en poste et qui étaient des proches.

Cela va du président Roland Desaulniers, le président du conseil d’administration qui a remercié, sans le nommer nommément, son ancien directeur général pour avoir réglé avant son départ à peu près tous les points importants du spectacle Nezha, ce qui lui facilitait la tâche. Mais c’était aussi son frère Michel, figure légendaire de la Cité, qu’on voyait d’ailleurs un peu partout sur le site, occupé à régler tous les petits bobos de dernière minute, comme le faisait «Bob».

D’ailleurs, à la fin du spectacle, Michel Trudel a pris place au pied de la scène, aux côtés de son président, pour recueillir commentaires et poignées de main, qui ont été nombreux et qui paraissaient sincères. Résumons: recevoir remerciements et félicitations.

Il y avait quand même là un signal.

On ne le dira pas tout haut, mais Robert Trudel est effectivement venu faire son petit tour à la Cité, mais dans la discrétion la plus totale. Comme il s’y est présenté à plusieurs occasions les jours précédents pour y apporter en douce sa petite contribution.

Avec une nouvelle exposition au Centre des sciences, un musée Jean Chrétien mieux localisé et un contrat de cinq ans avec le Cirque Éloize pour l’amphithéâtre tournant, on se doute bien qu’il y aura bel et bien un après-Bob avec une Cité de l’énergie bien installée sur ses rails.

Il faudra quand même voir comment la transition brutale qui a été imposée à la Cité va se conclure.

Pour l’instant, le président Desaulniers et Michel Trudel, avec leurs fidèles collaborateurs, assument l’intérim. Ça va bien, tout le monde sait ce qu’il y a à faire et il y a le téléphone au besoin.

Les turbulences, s’il doit y en avoir, auront lieu au début de l’automne, quand il faudra bien partir à la recherche d’un nouveau directeur général.

Il y a un conseil d’administration, qui peut ouvrir le poste ou tout simplement désigner un candidat de son choix. Mais il y a aussi la Ville de Shawinigan, qui est le principal soutien financier de la Cité, qui pourrait se trouver justifiée d’exprimer une préférence pour remplir la fonction.

Une candidature qui recevrait, par exemple, l’aval du maire Michel Angers. Ce dernier est probablement déjà fortement sollicité à cet égard. On avance déjà cinq noms pouvant être associés à la filière du maire: un directeur d’événement mauricien, une directrice en tourisme, un membre d’une influente famille shawiniganaise, un ancien ministre, un littéraire culturel… Il détient assurément un bon rapport de force pour la suite des choses.

Il y aura aussi au moins une autre personnalité qui ne pourra être négligée compte tenu de son implication passée dans le tourisme régional qui annonce déjà en sourdine ses intentions.

Selon le contexte dans lequel le remplacement de Robert Trudel se fera, il pourra se produire quelques explosions émotives et des lancers de serviette. On ne le cache pas.

Mais on passe souvent vite l’éponge. À preuve: parmi les invités jeudi soir, Yves Lévesque, le maire de Trois-Rivières qui a bien failli coûter à la Cité sa subvention pour la production de Nezha. À l’accueil qu’on lui a réservé, il était loin d’être devenu non grata à la Cité.

Coup de cœur: Les forains sont arrivés en ville. Mais aussi ceux qui nous nourrissent, les agriculteurs. L’Expo de Trois-Rivières. C’est impressionnant et ça commande respect et admiration quand on sait qu’on en sera à la 113e édition.

Coup de griffe: Est-ce qu’on doit comprendre que Donald Trump s’est fait ami avec Kim Jong-un pour avoir la Corée du Nord de son bord dans sa guerre contre la Chine. Au lieu d’obtenir qu’il détruise son arsenal nucléaire, peut-être veut-il simplement qu’il oriente ses missiles vers la Chine. Tout un stratège!