Il y a maintenant 140 jours que Jean Lamarche est maire de Trois-Rivières.

Lamarche, une force tranquille

CHRONIQUE / Cela est arrivé durant le dernier droit du Festival de l’Assomption, mais il est peu probable que c’est parce que les Trifluviens étaient concentrés à psalmodier au sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap que Jean Lamarche ait pu traverser ses cent premiers jours comme maire sans qu’on dresse un premier bilan de son travail.

En fait, on en est rendu aujourd’hui à 140 jours.

Peu importe si on considère que les cent premiers jours de son mandat ont commencé le jour de son assermentation, ce qui est arrivé douze jours après son élection, dans un cas comme dans l’autre, ceux-ci sont comme passés presque sous le radar.

Il est vrai que le temps de le dire, on entrait dans l’été avec toutes les distractions festives qui embrasent l’été trifluvien, à commencer par ce Festivoix dont il avait été jusque-là le président.

Les Trifluviens avaient la tête ailleurs. Sans compter que sur le plan politique, leur attention a vite été détournée des affaires municipales par la campagne fédérale. En fait, par la précampagne fédérale parce que plusieurs candidats n’ont vraiment pas attendu le déclenchement officiel des élections pour sauter dans la mêlée.

Surtout qu’en plus, l’ex-maire Yves Lévesque, un docteur en controverses, qu’il les cherche ou pas, est venu remuer les émotions de la communauté trifluvienne en confirmant sa candidature comme candidat conservateur.

Sa rémission inattendue et la relance des polémiques le concernant n’ont peut-être pas porté ombrage au nouveau maire, mais beaucoup détourné des réflecteurs de société qui auraient normalement dû être braqués sur lui pour scruter ses premiers pas.

C’est peut-être là un des traits marquants de Jean Lamarche. Il incarne peut-être une certaine force tranquille qui pourrait expliquer que les Trifluviens, se trouvant rassurés, se soient débarrassés d’un certain nombre de soucis concernant les affaires municipales. Pu de chicanes!

Dès son arrivée à l’hôtel de ville, Lamarche s’est appliqué à installer de l’harmonie autour de la table du conseil municipal et, à voir aller les choses, il y est arrivé.

Encore cette semaine, une intervenante du public à l’assemblée du conseil l’a félicité pour la nouvelle ambiance qui marque les rencontres municipales.

Faut-il y voir une lune de miel qui se prolonge? Il n’y a pas eu de lune de miel comme telle, mais pas davantage de fiel. Il ne s’est pas manifesté de ressentiments qui auraient pu découler de la campagne municipale non plus que de grande euphorie. Les choses sont restées simples.

Il y avait pourtant bien quelques conseillers qui avaient ouvertement travaillé contre Lamarche et on ne surprendra personne si on suggère qu’une majorité de conseillers ou de conseillères en aurait préféré un autre que lui.

De part et d’autre, si des frustrations avaient pu exister, on s’est empressé de passer l’éponge dessus.

On y avait mutuellement intérêt. Lamarche parce qu’il n’a pas besoin de grosses tempêtes d’ici les prochaines élections municipales et des conseillers qui ont bien compris, à la lumière des résultats de l’élection à la marie, compte tenu de leurs positions, qu’il y avait désormais risque pour eux en la demeure. Bref, qu’il leur faudrait changer de ton ou d’humeur.

C’est comme si les 140 premiers jours de Jean Lamarche à la mairie de Trois-Rivières s’étaient écoulés en grand fleuve tranquille.

Est-ce que ça va continuer comme ça jusqu’aux prochaines élections municipales, dans un peu plus de deux ans?

Il a traversé sans dommage le tollé à propos des nouveaux circuits d’autobus. Il a laissé la tribune au conseiller Luc Tremblay, président de la Commission de transport. Il n’a pas repris l’image qu’il avait formulée quelques jours après son élection quand il avait dit que s’il avait pour le moment l’impression d’être un élève au volant, il allait bientôt être le conducteur de l’autobus.

Il a été bien avisé de ne pas évoquer cette allégorie, car les chauffeurs d’autobus ont mangé toute une grappe de bêtises.

Ça se tasse. Et puis les autobus, même si tout le monde se veut écolo, ça ne sert qu’une très faible partie de la population.

On peut aussi constater que Jean Lamarche n’a pas été malmené dans les lettres d’opinion parvenues au Nouvelliste.

Bien sûr, il y a eu quelques reproches à propos des dépassements de coûts, assez légers cependant, concernant le nouveau colisée. On a découvert un maire habile à manier les mots, parlant plutôt de fonds provisionnés ou de dépenses d’opportunités. Lévesque, qui s’enfargeait dans un vocabulaire approximatif, aurait explosé.

On ne peut tenir rigueur à Lamarche de cela. Ce n’est pas lui qui a initié le projet du colisée.

Par contre, on sent une petite montée de contestation à propos de la piscine municipale intérieure qui est réclamée par plusieurs. Mais le maire n’est pas pointé comme l’empêcheur de tourner en rond, du moins pas directement et pas pour l’instant...

En fait, Jean Lamarche ne devrait pas connaître de confrontations citoyennes sérieuses, si cela devait arriver, jusqu’aux élections fédérales.

Si ça doit se corser, c’est après et pas longtemps après que cela pourrait arriver, avec la préparation d’un budget municipal qui s’annonce déjà difficile à boucler... sans meurtrissures (les taxes). Et puis on verra après pour le déneigement.

En attendant, le nouveau maire a consacré son été à aller à la rencontre de ses citoyens et les événements de masse l’ont bien servi là-dessus. Et, nulle part, on ne lui a fait la mauvaise tête.

Coup de cœur: Faut maintenant espérer qu’avec la grève mondiale sur le climat que la planète a compris qu’il faut qu’elle change quelques-unes de ses habitudes si elle veut garder ses humains.

Coup de griffe: On assisterait depuis mercredi à une grande vente de débarras de costumes d’Halloween pour adultes. Pas cher! Quelqu’un pourrait-il m’expliquer?