Dans l’événement de Maniwaki, tout le monde a pu visionner une vidéo, accompagnée de sa bande sonore, qui nous a permis d’apprécier la forte intensité dramatique de l’altercation. Cet événement rappelle qu’il faut contextualiser les interventions, car la tension peut grimper vite et haut.

La force constabulaire

On reproche souvent aux policiers d’avoir parfois la gâchette un peu trop rapide. On pourrait peut-être reprocher aussi à l’opinion publique de dégainer, comme Lucky Luke, plus vite que son ombre, dès lors qu’un policier ou un agent de la paix est impliqué dans un incident qui a mal tourné.

On l’a vu encore une fois cette semaine au palais de justice de Maniwaki quand un constable spécial a atteint au visage d’un coup de feu un jeune prévenu de dix-huit ans.

On a assisté à une avalanche d’indignations contre l’utilisation de son arme à feu par le constable spécial chargé d’assurer la sécurité des lieux. Les réseaux sociaux se sont naturellement enflammés, en général dans le même sens, pour décrier sans nuance et souvent, sans aucune économie de grossièretés, le geste défensif du gardien de sécurité. On a même organisé en toute vitesse à Montréal une manifestation contre la brutalité policière… sans cette fois qu’il y ait de casse et de débordement.

Pourtant, dans l’événement de Maniwaki, tout le monde a pu visionner une vidéo, accompagnée de sa bande sonore, qui nous a permis d’apprécier la forte intensité dramatique de l’altercation.

Voilà un agent de la paix qui se fait arracher son bâton télescopique par un prévenu enragé parce qu’on lui avait interdit de fumer une cigarette et qui en frappe l’homme en l’injuriant copieusement… en plein palais de Justice.

On se surprend malgré tout à constater qu’il se trouve plus de gens à défendre le jeune voyou qu’à sympathiser avec le constable et à comprendre que dans une situation aussi survoltée et dangereuse que celle qui a été vécue, il y a des réflexes de défense qui peuvent être parfaitement justifiés.

Il arrive des bavures policières qui se doivent d’être dénoncées pour éviter qu’elles se répètent ou se généralisent et pour en tirer, autant que possible, des enseignements. On n’est quand même pas ici comme aux États-Unis où environ un millier de personnes tombent chaque année sous les balles policières. Mais cela est à la mesure du pays où il y a plus d’armes à feu que de citoyens et où les bandits de tout acabit s’en servent avec gloire.

Il ne s’agit pas de défendre inconditionnellement le travail des policiers, peu importe la façon dont il est mené. Tout le monde ou presque a eu un jour affaire à un policier qui souffrait de ce qu’on appelle le complexe de l’uniforme, qui vous remet une contravention en vous faisant la morale comme s’il était un curé ou qui vous parle avec un ton autoritaire abusif. Ces adeptes de la suprématie policière indue doivent être remis à leur place.

C’est différent lorsque les policiers doivent intervenir dans des situations explosives, pour séparer des bagarres, calmer des chicanes de ménage ou participer à une chasse à l’homme et procéder à des arrestations. Quand ils risquent leur santé et leur vie.

Il faut contextualiser les interventions, car la tension peut grimper vite et haut.

C’est ce qu’a expliqué un policier de la Sûreté du Québec actif lors de la manifestation de, principalement des carrés rouges, en mai 2012 à Victoriaville. Une manifestation qui avait tourné à l’émeute.

Le policier a reçu cette semaine un blâme du Comité de déontologie policière qui avait étudié le dossier. Le policier avait tiré des balles de plastique en direction des manifestants. Des jeunes gens avaient subi des blessures, certaines sévères.

Il avait tiré avant, semble-t-il, d’en avoir reçu l’autorisation de ses supérieurs. Voilà la faute et probablement celle de ne pas avoir tiré ses balles en direction des nuages. En fait, il avait tiré une douzaine de balles de plastique après que des manifestants s’eurent mis à lancer en direction des policiers des balles de billard, des cailloux et des morceaux d’asphaltes et que la clôture qui devait contenir les manifestants, eut été renversée. Il est vrai qu’elle n’était pas très solide.

On voudrait que les policiers agissent dans ces moments en gentlemen, entreprennent peut-être un beau et paisible dialogue avec leurs vis-à-vis. Encore faut-il que ce soit possible.

Quand vous voyez descendre d’autobus nolisés des gens cagoulés, par temps chaud, avec des sacs à dos qui ont l’air lourd à porter, on doit bien se douter de ce à quoi va ressembler la suite des choses.

La manif de Victoriaville s’inscrivait dans le contexte du printemps érable où chaque soir les marches nocturnes de Montréal tournaient à l’émeute, avec centre-ville paralysé, commerces vandalisés, autopatrouilles renversées.

Nous vivons en démocratie et le droit à manifester sur la place publique doit être préservé. La meilleure façon d’y arriver, c’est de s’assurer que ces manifestations se déroulent en bon ordre. Il appartient aux organisateurs de prendre les mesures qui s’imposent pour qu’il en soit ainsi. Mais si on accepte que des casseurs, comme ça a été le cas à Montréal et à Victoriaville avec les carrés rouges, s’immiscent parmi les manifestants, c’est qu’on cautionne leurs gestes.

Si ça devient explosif, peut-on blâmer les policiers de réagir, même si c’est parfois avec trop de nervosité. S’ils n’intervenaient pas, on le leur reprocherait.

Un manifestant doit aussi être responsable. S’il persiste à demeurer sur place quand il y a des survoltés et de dangereux fauteurs de trouble autour de lui ou que l’ordre de dispersion a été donné, c’est qu’il accepte de courir des risques d’accidents, tout pacifique qu’il peut être.

À Trois-Rivières, on attend de connaître la décision de l’enquête en déontologie sur les quatre policiers qui avaient procédé à l’arrestation, il y avait cinq ans, cette semaine, d’Alexis Vadeboncoeur. À l’exception d’un d’entre eux, ils ont tous été trouvés non coupables des accusations portées contre eux. Ils n’ont pas encore pu réintégrer leurs fonctions.

Dans leur cas, la vidéo de l’événement n’a vraiment pas joué en leur faveur. Il y avait du muscle dans l’affaire.

On ne présumera pas des conclusions de l’analyse déontologique de leur dossier. Mais Vadeboncoeur venait de commettre un vol qualifié dans une pharmacie, ce qui autorisait toutes les craintes de la part des policiers lancés à sa poursuite. Et puis le temps nous a révélé par la suite que le jeune homme était devenu un habitué des tribunaux. Son casier judiciaire ne cesse de s’alourdir.

On veut certes que les policiers soient toujours très polis et agissent avec le moins de violence possible. Mais il ne faudrait pas non plus qu’ils en arrivent à ne plus intervenir avec la force et les moyens requis quand c’est nécessaire, parce que si les choses tournent mal, ce seront eux et non les criminels qu’ils maîtrisent, qui seront blâmés. 

Coup de griffe

Après 40 ans d’attente, le train de Trois-Rivières n’est ni à grande vitesse, ni à grande fréquence. C’est un TGR: train à grand retardement.

Coup de cœur

À une petite infirmière shawiniganaise aux cheveux de couleur fluo rose, à l’anneau nasal et aux lèvres percées qui a ému le cœur de tous les Québécois par sa simplicité et sa sincérité.