Au centre Les Rivières, les ministres péquistes ont rencontré Mme Solange Hébert, qui a avoué trouver Bernard Drainville plus beau en personne qu'à la télévision, sous le regard amusé d'Alexis Deschênes, Pierre Duchesne et Véronique Hivon.

La caravane s'amuse

Qu'Urbain Lachance s'arme de son plus beau sourire et se gonfle le torse pour se faire photographier, devant ses vieux copains, à la Tabagie Grand-Père, à Louiseville, aux côtés de Léo Bureau-Blouin et de la brochette de ministres péquistes en tournée régionale mardi, ça ne surprend pas vraiment.
Quant on vient de dire à la tournée: «Je ne suis pas un joueur de chaudron, mais je n'en suis pas loin.» Et qu'on rajoute: «Ça fait du bruit, mais ça réveille les gens», qu'on le veuille ou pas, ça révèle la couleur politique qui nous habite.
Mais quand Claude «Carabache» Lacombe, vingt ans président de l'Association libérale fédérale de Berthier-Maskinongé se prête au même exercice photographique, au Valentine, au grand étonnement de ses chums de café, ça peut vouloir dire que la glace a été brisée. Car l'instant d'avant, pendant que le ministre Bernard Drainville défendait avec détermination à la table voisine, auprès de deux dames, sa charte des valeurs, Lacombe avait apostrophé L.B.-B. en lui disant que tout ce qu'il attendait de lui, c'était qu'il fasse baisser son compte de taxes scolaires.
C'est dans cette ambiance jovialiste que s'est terminée en fin d'après-midi la visite de trois ministres péquistes, Drainville, Véronique Hivon et Pierre Duchesne. Pour leur petite incursion régionale, les trois ministres avaient pu noliser l'autobus de leur chef Pauline Marois, occupée à la préparation du débat des chefs de jeudi soir.
Le premier rendez-vous a eu lieu sur le coup de midi au restaurant Théo Plus, à Nicolet, où les attendaient le candidat du parti dans Nicolet-Bécancour, Jean-René Dubois et une poignée de ses partisans. Les trois ministres ont bien fait l'effort d'aller serrer les mains des clients et de se faire le plus gentil possible.
On pouvait cependant avoir l'impression qu'avec les résultats du sondage CROP publiés le matin, l'heure n'était pas aux réjouissances. Même si on s'appliquait à masquer les déceptions, le coeur n'y était pas vraiment. «On a joué une période, il en reste deux», se contentait de marteler Bernard Drainville, en rappelant que si on veut faire adopter sa charte, il faudra élire un gouvernement péquiste majoritaire.
Le repas qu'ils ont pu prendre sans être «dérangés» par les voisins de table était copieux. Un premier réconfort.
Au centre commercial Les Rivières, seconde étape de la journée, peut-être en raison des premières lueurs vraiment printanières, l'atmosphère s'est beaucoup réchauffée. Léo Bureau-Blouin les a rejoints de même que la députée Noëlla Champagne et les candidats Alexis Deschênes dans Trois-Rivières et Patrick Lahaie dans Maskinongé.
Ce n'est jamais sans risque de pénétrer sans filet dans un centre commercial en campagne électorale, sous l'oeil des caméras et des journalistes, prompts à capter tout incident, surtout s'il est négatif. Les éclats de voix et les invectives font recette.
C'était peut-être un peu plus risqué encore de faire le tour des tables de la foire alimentaire centrale, toujours envahie en après-midi par une clientèle de retraités(es), généralement pas la plus péquiste qui soit, et encore moins «séparatisse».
Il faut cependant admettre que l'équipe péquiste s'y présentait avec tout ce qu'il faut pour réaliser une opération charme. C'était presque tous des vedettes, pas tellement politiques, que télévisuelles. Drainville, Duchesne, Deschênes ont été des vedettes médiatiques; Véronique Hivon s'est faite connaître avec son dossier Mourir dans la dignité, ce qui convenait bien dans le moment et Patrick Lahaie: «Je vous ai vu dans les journaux.» Quant à Noëlla Champagne elle n'a pas besoin de présentation.
Partisan ou pas, la politesse a été de rigueur, à l'exception d'un seul bourru qui a refusé les mains qu'on lui tendait. L'expérience heureuse des Rivières a permis de rétablir les sourires des ministres et des candidats, peut-être soulagés, mais surtout satisfaits de cette rencontre citoyenne décontractée.
Les sourires allaient éclater à Louiseville. Après le tour du magasin Rossy, l'équipe, devenue joyeuse, a décidé de faire la rue Saint-Laurent et d'entrer dans à peu près tous les commerces.
Tout s'est fait dans la bonne humeur et même avec une certaine camaraderie. Drainville se faisait confirmer qu'il était plus beau en personne qu'à la télévision et les dames hésitaient à trancher entre Bureau-Blouin, que tout le monde appelle Léo et Alexis Deshênes, pour dire qui est le plus beau. Quant à Véronique Hivon, les hommes étaient prêts à l'échanger contre Ruth Ellen Brosseau, leur députée fédérale. C'est pas peu dire.
La deuxième période électorale peut donc commencer. Le moral d'une partie de l'équipe a été remonté.