Jean-Denis Girard

J.D. ou le P'tit gars de TR

Né sur Whitehead, dans la Petite Pologne - ou dans le quartier Saint-François-d'Assise -, il a grandi dans Saint-Sacrement-en-bas avant de devenir un Capon du Cap. Mais on le sait, l'ancienne cité transpontine fait maintenant partie de Trois-Rivières.
On se serait cru, à un certain moment, dans les pages de Trois-Rivières Illustré ou sur le site web de Trois-Rivières... au Passé, tant le candidat, enfin officiel du Parti libéral du Québec dans Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, multipliait hier les références au passé. Tout y est à peu près passé, du Cinéma de Paris à la brasserie Le Gosier, en passant par les Petits Chanteurs, les Draveurs, la construction de l'autoroute, le flottage sur la rivière Saint-Maurice ou quelques grands feux qui ont dévasté à un moment où l'autre des établissements célèbres.
On a tous compris que par ces clins d'oeil historico-économiques, le candidat Girard voulait affirmer que lui, le «P'tit gars de Trois-Rivières» aux origines modestes, a de vieilles et fortes racines trifluviennes et qu'il n'est pas un parachuté... à ladifférence de celui «qu'il ne connaît pas», c'est-à-dire son adversaire péquiste Alexis Deschênes.
Il faut concéder que Jean-Denis Girard, qu'on peut désormais appeler «J.D.», ça fait copain de toujours, n'a pas employé le mot parachute ou parachutage pour parler de son adversaire. Mais il s'est tellement appliqué à faire ressortir cet aspect qu'on peut déjà penser qu'il frappera sur ce clou aussi souvent que l'occasion lui sera donnée dans les semaines qui viennent. Il a d'ailleurs reconnu à son adversaire, un ancien journaliste de télévision devenu avocat, des qualités de grand orateur. Il prévient les comparaisons et diminue les attentes à son endroit.
Jean-Denis Girard est quand même capable de bien se débrouiller en public. Il a présidé la Chambre de commerce du Centre du Québec pendant deux ans et le dossier de fermeture de la centrale Gentilly-2 l'a propulsé sur la scène régionale d'une façon intensive pendantde longs mois et même, sur le plan national lors de la commission parlementaire sur le sujet.
C'est sans doute prudent de sa part, à ce moment-ci, de jouer à l'underdog, mais ce serait commettre une erreur de le sous-estimer et de conclure qu'il ne sera pas capable de mordre au mollet de son principal adversaire, si besoin est. On peut s'attendre à une belle campagne électorale à Trois-Rivières. L'organisation était déjà structurée.
Certes, André Aubert, qui devait être le DOC de campagne de Danielle St-Amand, s'est désisté. Il a aussitôt été remplacé par Michel Patenaude et des renforts sont arrivés avec Denis Simard, aux communications, un proche et homme de confiance du maire Yves Lévesque. Il a toujours été un poids lourd dans l'organisation électorale du maire de Trois-Rivières.
Ce qui ne veut pas dire qu'Yves Lévesque va prendre position en faveur de Jean-Denis Girard. Si, selon le candidat péquiste, qui commentait hier matin sa rencontre avec le maire Lévesque en disant que non seulement le courant avait passé entre les deux hommes, mais que c'était du «haut voltage», avec Jean-Denis Girard, ce ne pourra être que du «sur-voltage».
Il faut se rappeler que ce dernier avait été son agent d'élection officiel, en novembre, avant de se retirer pour s'éviter des problèmes professionnels. Leur amitié est connue et, avec leurs crânes rasés, on peut parfois les confondre sur des photos, tant ils ont le même look. Lévesque voyait d'ailleurs en lui le futur maire de Trois-Rivières.
Mais il assure qu'il va demeurer neutre dans la campagne et le candidat libéral ne l'a pas consulté et n'a pas davantage recherché son aval avant d'accepter de se présenter dans Trois-Rivières. C'est ce qu'il a dit.
Il fallait lui poser la question. Jean-Denis Girard affirme que ce n'est qu'en fin de semaine qu'il a pris sa décision d'être candidat libéral... même si ses photos officielles pour les poteaux avaient été prises il y a plusd'une semaine. «Il le fallait...au cas où.»
C'est possible. Mais on n'a jamais entendu dire du côté libéral qu'on se cherchait un autre candidat que lui, au cas où...
Ce sera quand même une solide candidature pour les libéraux de Trois-Rivières, qui ne provoquera pas, à la différence des péquistes, de division. Et s'il ne fait pas partie du premier «trio économique», son chef Philippe Couillard l'a quand même inscrit hier dans son équipe économique.