IFFCO: pas de mascarade, SVP!

CHRONIQUE / Souhaitons que cette fois soit la bonne. Souhaitons surtout qu’on ne s’applique pas avec l’ingéniosité à laquelle nous ont habitué les nonistes écolos à tenter de bloquer le projet avec une flopée de hurlements et de messages d’épouvante.

Souhaitons en effet que les opposants systématiques à quelque projet que ce soit ne se disent pas que c’est l’occasion de prendre sa revanche sur un projet qui leur avait échappé.

Parce qu’il s’agit d’une nouvelle mouture, le projet d’IFFCO dans le parc industriel et portuaire de Bécancour devra refaire ses devoirs.

Les promoteurs doivent de nouveau présenter une nouvelle étude d’impact environnemental, soumettre leur projet à l’analyse du BAPE et obtenir éventuellement l’autorisation gouvernementale de mettre l’usine en chantier.

L’atmosphère était à l’optimisme cette semaine lors de la présentation de la nouvelle IFFCO, après une mise en veilleuse qui a duré trois ans.

Le projet a été passablement modifié par rapport à celui qui avait été mis sur la table en 2012. On propose toujours d’y produire de l’urée mais aussi du méthane.

Or, avec les technologies retenues et le fait qu’on produira deux produits différents dans la même usine, on a évalué qu’on réduirait de 12 % l’émission de GES par rapport au projet d’origine.

S avec sa première version IFFCO était parvenue à franchir tous les obstacles placés devant elle, on ne voit pas très bien comment on ne pourrait pas obtenir toutes les autorisations requises puisque l’empreinte environnementale a été de beaucoup atténuée.

Il faut peut-être se rappeler qu’IFFCO avait, à l’époque, profité d’un fort préjugé favorable de la part du gouvernement du Parti québécois qui avait hérité du dossier et qui a fait en sorte de lui accorder une procédure accélérée d’autorisation.

Il était, du moins à ce moment-là, plus délicat de la part des groupes d’environnementalistes «pratiquants» de se confronter à un gouvernement péquiste qui jouissait plutôt de leurs sympathies préférentielles, sur le plan politique. Sans compter que ce gouvernement leur avait fait le plus grand des bonheurs en décrétant dès sa première journée d’exercice du pouvoir la fermeture de la centrale nucléaire de Gentilly-2.

Ça devait appeler quelques retours d’ascenseur.

Le nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec ne sera pas davantage opposé au projet d’IFFCO, puisqu’il y a encore plus d’intérêts québécois dans le capital de l’entreprise, dont Investissement Québec, qui est toujours là.

Mais les écolos ont présentement à l’œil le gouvernement de François Legault qui tente par toutes sortes de moyens de les rassurer. Ils sont moins disposés que sous le PQ à mettre un silencieux à leurs récriminations.

Il est vrai qu’on a laissé entendre qu’on n’autorisera plus au Québec d’exploration pour déceler la présence de gaz de schiste. On n’en faisait déjà plus vraiment.

Il y a aux États-Unis plusieurs centaines de milliers de sites, non pas d’exploration, mais d’exploitation de gaz ou de pétrole de schiste et on n’a pas su que les nappes phréatiques du nord au sud et d’un océan à l’autre étaient contaminées.

Faut croire qu’au Québec, on n’est qu’une gang d’abrutis incapables de rivaliser en qualité de travaux et en protection de l’environnement avec ce que l’on fait ailleurs.

Il est vrai qu’il y a un certain nombre de pays qui interdisent l’exploitation du gaz ou du pétrole de schiste, dont la France… qui par hasard n’a aucun potentiel d’exploitation parce qu’il n’y en a pas dans son sous-sol.

Au Québec, on préfère importer le gaz et le pétrole encore très utiles… d’ailleurs. On laisse à d’autres le soin de polluer la planète en notre nom et même d’ajouter à la charge parce qu’il faut bien les transporter, ces énergies fossiles.

On verra comment le projet est accueilli et l’ampleur des scénarios de fin du monde qu’on pourra lui opposer.

C’est sûr que de l’urée, c’est de l’engrais azoté et que ce n’est pas requis pour l’agriculture biologique. Si on veut sauver la planète, on devrait aussi accepter de la nourrir. On ne parle pas de Monsanto, mais d’urée, le fertilisant le plus utilisé dans le monde.

Si on ne le produit pas, on continuera de le faire venir d’ailleurs, parfois d’aussi loin que l’Égypte ou du sultanat d’Oman.

La future usine produira aussi du méthane… Encore un combustible, qui est cependant très utilisé dans l’industrie québécoise.

Surtout, le gaz naturel qui sera nécessaire à la production d’IFFCO pourrait contenir du gaz de schiste… L’horreur, bien qu’il n’y ait aucune différence entre les molécules de gaz naturel ou de schiste. Impossible de les démêler.

Mais ici, quand on entend le mot schiste, c’est comme si la planète allait éclater.

Souhaitons que le projet ne rencontre pas d’oppositions inutiles de nature à le retarder.

Même si le premier projet avait été traité en accéléré, il s’était écoulé trois ans entre son annonce et sa possibilité de mise en chantier. Suffisamment de temps pour que le projet passe de 1,2 à 2 milliards $ et que le marché de l’urée fléchisse. La rentabilité n’était plus possible.

Le nouveau projet est revenu à 1,3 milliard $, mais comme il réunira deux productions intégrées, il devient financièrement plus sécuritaire.

Est-ce qu’il jouira de l’acceptabilité sociale? Ça se mesure comment, l’acceptabilité sociale? En décibels?

Coup de griffe

Qu’est-ce que le Québec a fait au bon Dieu pour être forcé d’être à jeun? Pas moyen d’acheter du vin à la SAQ et on manque de pot à la SQDC.

Coup de cœur

Il va aux résidents de la Villa Champêtre qui, au crépuscule de leur vie, méritaient sûrement mieux qu’un avis de deux semaines pour se reloger quelque part. Compassion...