On a souvent pensé que, malgré son âge et son rayonnement à l’international, le GP3R est loin de recevoir ce qu’il devrait obtenir tant de Québec que d’Ottawa. Il est loin d’être chouchouté comme l’est le Grand Prix de Montréal.

GP3R: pour un autre 50 ans

CHRONIQUE / Ce n’est pas le plus vieil événement touristique de masse de la région ou même de Trois-Rivières.

La Classique internationale de canots et le Festival western de Saint-Tite sont plus âgés que lui et ce n’est rien à côté du Festival de l’Assomption qui a fait suite à la Neuvaine mariale du sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap qui atteint un âge plus que vénérable.

N’empêche que d’être là pour une cinquantième édition, le Grand Prix de Trois-Rivières commande respect et admiration.

À la lumière du succès qu’il remporte aujourd’hui, on peut oublier qu’il a été mis à l’épreuve à plusieurs occasions et qu’il s’en est remis et s’est relancé plus fort à chaque fois.

La dernière fois, en 2003, quand le cigarettier Player’s a dû retirer sa généreuse commandite parce qu’une nouvelle loi interdisait aux fabricants de tabac de s’afficher publiquement, ce fut la grande impasse pour le GP3R.

Le promoteur Léon Méthot avait dû se retirer et une équipe a été mise sur pied par le maire Yves Lévesque pour prendre la relève. La Ville a dû tenir l’événement à bout de bras sur le plan financier, car les premières années de la relance se sont révélées très déficitaires. Et le GP3R avait un peu perdu de son éclat.

Même aujourd’hui, la contribution financière de la Ville reste élevée. Elle atteint presque un million $ en financement direct. Mais quand on entre en compte les services qui sont offerts par la Ville, entre autres en travaux publics ou en sécurité policière, le soutien municipal gonfle de beaucoup.

On a d’ailleurs souvent pensé que, malgré son âge et son rayonnement à l’international, le GP3R est loin de recevoir ce qu’il devrait obtenir tant de Québec que d’Ottawa. Il est loin d’être chouchouté comme l’est le Grand Prix de Montréal.

C’est pourtant le deuxième événement en importance dans la course automobile au Québec, une position qui a été consolidée avec l’ajout d’un week-end pour la tenue du Championnat du monde de rallycross FIA et du Championnat de rallycross des Amériques, avec un peu de motos et des camionnettes en plus.

Le GP3R fait maintenant comme Monaco, Pau, Indianapolis ou Daytona avec deux week-ends de courses.

La question financière sera toujours le nerf de la guerre pour le GP3R. Après cinq ans, Monster a mis fin à sa commandite. Il faudra trouver de nouveaux commanditaires.

Même à la Ville, on avait revu l’automne dernier sa contribution en retranchant 50 000 $ à la subvention statutaire. On s’est finalement ravisé, puisque cela aurait contraint l’organisation du Grand Prix à couper dans sa partie sociale et récréative.

Le conseil a réévalué sa décision en lui versant plutôt 75 000 $. Ç’aurait été aberrant qu’on doive célébrer la 50e édition en privant la population de festivités au centre-ville auxquelles elle est habituée. Il y aura donc, comme par le passé, un beau grand feu d’artifice qui peut attirer jusqu’à 50 000 personnes et une grande roue, sur la rue des Forges.

Mais, en principe, pour l’an prochain, la subvention reviendra au niveau qui avait été prévu l’an passé.

En cette grande ère végane où l’écologisme prend des allures de religion, où les cris désespérés à la mort imminente de la planète, si on ne fait rien, se font entendre un peu partout dans le monde, on peut contester la pertinence d’un événement comme le GP3R.

Comme on l’a déjà dit, ce n’est pas tout à fait au son d’une musique de chambre que se réveillent les Trifluviens lors du GP et à moins de voir quelque chose d’artistique dans des traces de break sur l’asphalte et de tripper aux odeurs de pétrole et de kérosène, l’événement peut donner à penser que c’est une glorification de l’automobile énergivore, un dévoreur d’énergies fossiles.

C’est oublier que, si on parle d’acceptabilité sociale, le GP3R a déjà largement conquis le cœur d’une grande majorité de Trifluviens qui sont fiers de ce que l’événement représente. Il n’y aurait pas, bon an mal an, un millier de bénévoles qui s’y activent s’il en était autrement.

Le Grand Prix de Trois-Rivières est devenu au fil des ans la signature de Trois-Rivières.

C’est aussi l’événement touristique qui génère à Trois-Rivières les plus importantes retombées économiques compte tenu du fait que 40 pour cent de la clientèle provient de l’extérieur. On peut les évaluer à environ 20 millions $. Et, ne serait-ce qu’à constater les super-bolides, pas ceux de la piste, mais ceux qu’on voit partout dans les rues et stationnements du centre-ville, on peut tenir pour acquis que ces visiteurs ont, pour la plupart d’entre eux, des poches profondes.

Pour ceux qui ont un immense souci de l’environnement, la direction du GP a fait planter 200 végétaux sur les terrains de Chavigny, ce qui devrait compenser largement pour les émissions de GES que produisent les compétitions.

Le directeur général, Dominic Fugère, promet même d’élargir cette compensation à la totalité des émissions que produisent l’ensemble des activités du GP, qui deviendrait ainsi carboneutre.

On peut bien faire pétarader quelques gros chars , la ville n’est jamais aussi grouillante que durant les deux week-ends de son Grand Prix.

Et puis, le GP, ça fait très glamour.