Le FestiVoix a à se casser la tête pour grossir un peu partout les capacités d’accueil des spectateurs, avec toujours le plus grand des soucis de préserver le cadre naturel qu’on a valorisé avec tellement de soin au fil des dernières années.

FestiVoix: signature Distinction

On prétend souvent que le premier facteur pour la réussite d’un festival extérieur, avant même la programmation aussi étincelante qu’on ait pu la concevoir, c’est le temps.

Quand on regarde les prévisions de météo pour ce week-end et pour les sept jours suivants, il n’y a à peu près que de la chaleur et une profusion de rayons de soleil qui se sont inscrits à l’ordre du jour.

C’est comme s’il était hors de question de venir gâcher cette 25e édition du FestiVoix par des sautes d’humeur météorologiques. À moins que par grande influence d’en haut, le mauvais temps ait été interdit de séjour la durée de notre neuvaine musicale.

Adossé à la vieille prison, Pag n’avait pas encore fait jaillir les premières notes de sa guitare jeudi que le succès de cette édition anniversaire du FestiVoix était acquis.

Les 15 500 personnes, un record, qui s’étaient procuré le passeport en prévente ne s’étaient pas posé la question s’il allait ou non faire beau.

Bien sûr, on jette d’abord un œil à la programmation. Chacun a ses préférences. Mais avec une centaine de spectacles répartis sur la quinzaine de scènes du FestiVoix, il est devenu impensable de ne pas y trouver son compte.

Si on s’est précipité comme on l’a fait pour obtenir son passeport, c’était bien le signe que c’est avant tout une expérience qu’on se réserve, une expérience qu’on a connu et qu’on veut revivre ou dont on a tellement entendu parler qu’on veut à son tour la savourer.

Bien sûr, on a au FestiVoix à se casser la tête pour grossir un peu partout les capacités d’accueil des spectateurs, avec toujours le plus grand des soucis de préserver le cadre naturel qu’on a valorisé avec tellement de soin au fil des dernières années.

Il faut reconnaître que tous les lieux où on a installé les scènes profitent d’un environnement champêtre exceptionnel ou, mais c’est souvent les deux, de superbes découpes du patrimoine bâti.

Il y a le fleuve, il y a le Trois-Rivières historique, il y a les jardins des Ursulines, il y a partout l’omniprésence d’une végétation luxuriante et mature et une rue des Forges qui prend les airs de liesse dont elle a l’habitude. Tous les petits coins sont mis à profit d’une façon ou d’une autre par le festival. On en oublie qu’on est en milieu urbain. On est comme ailleurs, quelque part, en terre mystérieuse et douce. On peut l’avouer. On se sent léger. On flotte. Et c’est le FestiVoix qui génère ce bien-être ressenti.

L’ambiance, c’est sa signature. «On met en scène la ville», explique son directeur général Thomas Grégoire, au point justement qu’on en oublie qu’on est en ville.

On a beau chercher, on ne retrouve pas d’équivalent ailleurs au Québec. Certes, il y a un peu partout de très beaux endroits où l’on présente des spectacles. C’est dans sa globalité qu’il faut voir la distinction du FestiVoix.

Tant mieux si on en est arrivé à ne plus douter de sa réussite. Si ce n’est même plus une question à se poser. Rendons justice à l’armée de bénévoles du président Jean Lamarche et de son directeur général.

Dans sa jeune mais respectable vie de 25 ans, le FestiVoix a connu des hauts et des bas, des années profitables mais d’autres douloureuses sur le plan financier. Il s’est aussi beaucoup cherché un genre, un créneau… une personnalité.

Quand Guy LeBlanc, le maire de l’époque, qui souhaitait que Trois-Rivières ait un événement d’été qui rayonne et qui attire des touristes en grand nombre, il avait d’abord nommé son festival l’International de l’art vocal. Il en avait confié la direction à Daniel Gélinas qui prendra plus tard la direction du Festival d’été de Québec dont il a fait un immense succès.

Le maire LeBlanc s’était inspiré du festival de musique de Lake George, dans l’État de New York, où dans sa jeunesse sa famille prenait des vacances. Un festival davantage axé sur la musique classique et même lyrique.

D’où l’idée de l’art vocal. Mais pour ce qui est de l’international, on était loin du compte. Cela faisait plus pompeux que réel.

On a exploré différents genres musicaux. On a même, sous la direction générale de Guy Mercure, flirté avec un festival à forte saveur choralienne, avec Gregory Charles.

Pour justifier sa prétention internationale, on présenta des spectacles-concepts, l’idée étant d’offrir un produit inédit qu’on ne pourrait voir nulle part ailleurs, avec cependant le secret espoir qu’on pourrait bien pouvoir exporter le spectacle.

Cela donna de grands moments comme ce Brel en symphonie ou l’OSTR qui rend hommage à Queen avec David Palmer. Il y eut aussi Kassa, qui avait mis à contribution à peu près tout le gratin musical et artistique de la région. On ne manquait pas d’audace.

Mais sous la direction de Gélinas, de Mercure ou de Stéphane Boileau, le festival a toujours par moments connus des années difficiles sur le plan financier, mais aussi sur l’orientation qu’on devait lui donner.

Avec la diversité musicale qui est aujourd’hui offerte et l’ambiance qui règne, le FestiVoix ne se cherche plus une raison d’exister.

On ne s’inquiète plus de son chevauchement de dates avec le Festival de jazz de Montréal ou du Festival d’été de Québec. On est partout au FestiVoix aux limites de ses capacités. Et, oui, il fait même glamour.

Coup de griffe: Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a passé deux jours à Trois-Rivières. Il n’a pas demandé à être reçu à l’hôtel de ville et on ne l’a pas davantage invité à venir y signer le livre d’or et recevoir la poignée de main du maire Lévesque. Comment ça?

Coup de cœur: Stéphanie Dufresne, la candidate du Parti vert dans Champlain, a promis de manger 100% local pendant les cent jours de sa campagne électorale. On a bien hâte d’en connaître les bienfaits, s’il y a lieu, sur son bilan de santé… électorale.