Mgr Pierre-Olivier Tremblay

Entre Mgr et GP3R

Invité par Joël Saint-Pierre, le président du conseil d’administration du Grand Prix de Trois-Rivières, à assister à son événement de courses automobiles, le recteur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, Pierre-Olivier Tremblay s’y est présenté, croix au cou, le sourire large et la poignée de main généreuse.

Sous la tente présidentielle, il a pu rencontrer le ministre fédéral François-Philippe Champagne dont il attend de son gouvernement une aide financière importante pour mener à terme son imposant projet de réaménagement du sanctuaire évalué à 44,3 millions $.

Le plus jeune évêque du Québec a aussi pu saluer le directeur général du Festival western de Saint-Tite, Pascal Lafrenière, qui s’y trouvait et aussi croiser dans sans tournée Jean Lamarche, le président du FestiVoix… et bien d’autre monde, bien sûr.

C’est un échange de bons procédés de s’inviter mutuellement entre dirigeants de grands événements touristiques. N’empêche qu’on n’avait pas souvenir d’y avoir vu dans le passé au Grand Prix un prélat de cette importance.

Il faut dire qu’en dressant cette semaine le bilan de son Festival de l’Assomption, Mgr Tremblay a bien démontré qu’avec ses pèlerins, ses fidèles et ses curieux, il est déjà un joueur plus que majeur dans l’industrie touristique trifluvienne et régionale avec les retombées économiques conséquentes.

En relevant que 93 % des visiteurs du Festival de l’Assomption qui venait de prendre fin provenaient de l’extérieur, il faisait un clin d’œil, amical, cela va de soi, au Grand Prix de Trois-Rivières, réputé pour l’importance de sa clientèle étrangère. «Nous sommes l’organisation qui attire le plus d’étrangers, ici en Mauricie», a-t-il fait valoir.

Avec son grand projet de modernisation du sanctuaire, Mgr Tremblay prévoit que la fréquentation des lieux passerait de 430 000 visiteurs sur une base annuelle à plus de 800 000. S’il en advenait ainsi, le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap coifferait le Festival western de Saint-Tite qui attire chaque année entre 600 000 et 700 000 mordus de rodéos et d’esprit country.

On pourrait presque se demander si on n’ambitionne pas pour le Festival de l’Assomption en arriver à présenter une carte d’artistes, d’orateurs et de prédicateurs qui en viendrait par sa qualité et son ampleur à rivaliser avec le FestiVoix.

On n’en est pas là et tant mieux si au sanctuaire on atteint les ambitieux objectifs d’assistance qu’on s’est fixés. Qu’on se rassure, une telle éventualité ne portera ombrage à aucun des événements touristiques de masse qui ponctuent l’année trifluvienne.

Alors que certains lieux de pèlerinage dans le monde subissent des diminutions de leur nombre de pèlerins, le sanctuaire, avec une grande contribution de la diaspora haïtienne nord-américaine, est en voie de revivre ses grandes années de dévotion et même de les pousser à un niveau jamais atteint.

C’est intéressant, car c’est un lieu et un événement de créneau, qui a sa spécificité et qui rejoint une clientèle qui n’aurait probablement pas autrement le moindre intérêt à venir à Trois-Rivières et dans la région.

Il y a d’autres événements de créneau qui font la richesse touristique de la région. On peut penser au Festival de Danse Encore, au Festival international de la poésie, à la Classique internationale de canots, au Festival western de Saint-Tite bien sûr, mais aussi au Grand Prix de Trois-Rivières, l’exemple par excellence de ce type d’événements qu’on ne retrouve guère ou pas ailleurs. Des événements qui sont distinctifs et qui avec le temps sont devenus étroitement associés à une ville ou à une région.

Le Grand Prix de Trois-Rivières célébrera l’an prochain son 50e anniversaire. Peut-être pour récompenser son organisation, la Fédération internationale de l’automobile lui a offert d’organiser une grande compétition hivernale de rallycross.

On s’attendait à ce que le premier ministre Couillard confirme lors de son passage, dimanche au Grand Prix, la participation financière de son gouvernement pour la tenue de cette compétition qui interviendrait dans une période plutôt tranquille sur le plan touristique. Il manque peut-être quelques ficelles à attacher, mais on n’est pas loin de pouvoir boucler le tout.

Il faut dire que l’organisation du Grand Prix de Trois-Rivières a acquis depuis longtemps une forte crédibilité dans le milieu de la course automobile, une réputation qui s’est fortement élargie dans le monde, en particulier depuis l’ajout du Championnat du monde de rallycross, la seule compétition de ce championnat à avoir lieu en Amérique du Nord.

Bien sûr, on peut avoir des points de vue divergents sur la course automobile, avec son bruit et sa forte consommation de carburant, qui ne fait pas tendance. Tous les événements de créneau ont leurs détracteurs.

On se moque parfois des poètes qui, de par le monde, se retrouvent chaque année à Trois-Rivières dans ce qui est devenu leur capitale de la poésie. Qu’on ne trippe pas fort pour la poésie, qu’on en soit simplement indifférent, qu’on parle de «pouètes», l’événement apporte à Trois-Rivières une belle et respectable renommée.

Tout comme certains reprochent au Festival western de Saint-Tite comme à d’autres organisations d’événements équestres de ne pas avoir demandé aux chevaux leur consentement pour les produire en «distraction pour des humains». Ça les stresserait. Vaut mieux en rire… de ces larmoiements.

Avec ses puissantes cylindrées et ses vrombissements, avec ses bas, mais là il est dans ses hauts, le Grand Prix de Trois-Rivières a porté depuis bientôt 50 ans l’image de la ville. Quand on pense Trois-Rivières, on pense Grand Prix. C’est devenu comme indissociable.

Coup de griffe: Il va peut-être falloir brasser nos microbrasseurs. Mais lesquels? Les exclus de Shawinigan ou les alliés du reste de la région. Le Trou du Diable ou la Pécheresse? La Saison du tracteur ou une Mr Coffee?

Coup de coeur: Toutes nos microbrasseries, de Trois-Rivières à La Tuque, avec des détours à Saint-Alexis-des-Monts, Saint-Tite, Saint-Casimir… sans sauter les chutes de Shawinigan.