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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste
Jean-Marc Beaudoin
Valérie Renaud-Martin
Valérie Renaud-Martin

Enfin des odeurs électorales à Trois-Rivières

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CHRONIQUE / Les irréductibles, ou passionnés de la politique municipale à Trois-Rivières, étaient une fois de plus engagés dans un explosif échange épistolaire à travers les réseaux sociaux alors que l’ensemble des Mauriciens était encore dans leur soupir de soulagement parce que François Legault avait décidé la veille de continuer de les laisser sortir dehors jusqu’à 21 h 30... s’ils le veulent.

C’est pendant qu’un millier de ces derniers s’alignaient tôt jeudi matin à la piquerie régionale d’AstraZeneca pour obtenir leur buzz pandémique libérateur que la conseillère municipale Valérie Renaud-Martin a confirmé qu’elle allait être candidate en novembre à la mairie de Trois-Rivières.

Pas de présentation flamboyante, pas de conférence de presse, même pas par Zoom, mais par un simple communiqué envoyé à 6 h 30 le matin.

C’est ainsi et aussi simplement que la candidate a fait connaître sa décision, à une heure, il est vrai, où les «morning women» de nos radios régionales s’activent.

Du coup, la bourrasque des mordus de politique municipale déclenchée par un vote embarrassant plus ou moins surprise sur le budget restreint des pistes cyclables, réclamée par la conseillère Mariannick Mercure en assemblée publique, et amplifiée par le maire Jean Lamarche quand il a traité les fondateurs du parti Action civique de faire de la politique «pour les nuls», s’est apaisée.

Il y a eu rupture de ces échanges truculents. Les vents venaient de changer de bord et déjà, quelques conseillers municipaux annonçaient leur couleur préférée.

Luc Tremblay, du district Châteaudun, s’est immédiatement rangé derrière sa collègue Renaud-Martin. C’était prévisible. De son côté, le conseiller de Pointe-du-Lac, François Bélisle, auquel on avait toujours prêté quelques visées pour la mairie, et qui ne s’est jamais retenu de contester le leadership du maire Lamarche, s’est plutôt positionné au neutre. Il restera candidat dans son district.

Par contre, le conseiller du district de l’Immaculée-Conception, Denis Roy, qui avait plus que chaudement applaudi aux propos du maire sur les «Nuls» d’Action civique, qu’il avait trouvé inspiré et inspirant, penchera d’évidence du côté de celui-ci. Ce qui devrait aussi être le cas de ses alliés «climatiques» au conseil, dont Mme Mercure.

Les deux conseillères étaient d’ailleurs souvent à couteaux tirés. Comme le disent les commentateurs sportifs: «À ne pas inviter dans le même party».

On peut penser que la conseillère du district de Richelieu, Ginette Bellemare, pourrait aussi éprouver quelques réserves envers sa collègue, soupçonnée de l’avoir critiquée, quand elle était mairesse suppléante, dans une lettre au Nouvelliste, sous couvert d’un prête-nom.

On ne fera pas le partage des appuis envers l’une ou l’autre au sein du conseil municipal. Ce ne sera pas ce qui sera le plus déterminant pour l’issue électorale. Mais ça restera quelque chose à suivre, car Mme Renaud-Martin a justifié en partie son saut en politique par un manque de communication du maire sortant à l’endroit des membres du conseil.

La confirmation de la candidature de Valérie Renaud-Martin n’a certainement pas été une surprise dans le clan du maire Lamarche. Il était acquis qu’elle allait poser sa candidature à la mairie.

On l’attendait, presque avec impatience. Non pas parce qu’on sous-estimerait la force de sa candidature, mais parce que c’est plus simple quand les choses sont claires.

Au municipal, pour la mairie, on a généralement dès le début de l’année une bonne idée de qui sera candidat.

En preuve, à Montréal, Denis Coderre a cessé de faire semblant de réfléchir. D’ailleurs, dans la région, tous les maires des villes ont déjà mis les choses au clair.

Alors, sur ce point, l’aspirante à la mairie de Trois-Rivières est loin d’avoir agi trop tôt.

Même si elle a déjà esquissé quelques idées sur ce que serait sa mairie, on verra mieux dans les prochains mois l’ensemble de sa vision de Trois-Rivières et sa position sur différents dossiers municipaux.

Mais déjà, elle profite d’une notoriété certaine puisqu’elle a été candidate pour le Parti libéral aux dernières élections où elle a obtenu une solide deuxième position, derrière la bloquiste Louise Charbonneau, mais devant le conservateur Yves Lévesque.

Ce qui surprend d’ailleurs, compte tenu de sa performance, c’est qu’elle n’ait pas eu le goût de remettre ça au fédéral.

Au municipal, le fait d’avoir une couleur politique peut aussi bien nuire qu’aider. Cela joue toujours un peu. S’agit de savoir dans quel sens.

Mais dans le cas de Valérie Renaud-Martin, le fait qu’elle soit une femme, dans l’âge dynamique, ne pourra que jouer à son avantage. Il y a un fort courant favorable pour que davantage de femmes s’impliquent en politique.

On ne se surprendra pas que dès le premier paragraphe de son communiqué de presse, on ait fait valoir que si elle était élue, elle deviendrait la première femme élue à titre de mairesse de Trois-Rivières.

Reste que le défi est de taille. En raison de la pandémie qui a réduit presque à néant les contacts personnels, le maire Lamarche n’a certes pu profiter de ces bains de foule où l’on distribue accolades, poignées de main, petits mots gentils, bises à l’avenant, sourires et salutations à la volée... et qui créent des sympathies.

Jean Lamarche

Par contre, il est rare qu’une mairesse ou un maire soit défait après un seul mandat. À moins d’un scandale ou d’avoir fortement démérité. Or, on ne peut faire aucun reproche en ce sens à Jean Lamarche.

Bien sûr, l’exercice du pouvoir cause toujours quelques pertes, des déceptions, mais peut aussi élargir une base électorale qui se transforme.

Un autre aspect pour Valérie Renaud-Martin, c’est qu’elle s’est positionnée comme l’adversaire du maire Lamarche. S’il s’ajoutait d’autres candidatures, outre Pierre Côté qui a déjà annoncé qu’il lorgnait la mairie, elles seront considérées comme des adversaires à Lamarche et Renaud-Martin.

On leur reprochera peut-être aussi de diviser le vote. Lequel?

Cela risque de compliquer la vie et le recrutement à Action civique, ce nouveau parti politique qui promet de présenter des candidats à tous les sièges municipaux, y compris à la mairie.

En attendant, bien nous en fasse, cela nous fera de quoi jaser autre que de la COVID.

Coup de cœur: Au pragmatisme et au sens des responsabilités civiques de milliers de nos concitoyens, au nord comme au sud, qui ont fait la ligne, même aux aurores, pour se faire vacciner.

Coup de griffe: Pour régulariser la situation du maire Pierre-David Tremblay, si La Bostonnais ne veut pas être fusionnée à La Tuque, est-ce que La Bostonnais ne pourrait pas tenter d’annexer La Tuque?