Photo: Francois Gervais 11/04/18. St-Tite, Bureau FWST. Entrevue avec Pascal Lafreniere

Encore des ruades montréalaises

«Vicieuse», n’a pas hésité le directeur général du Festival western de Saint-Tite, Pascal Lafrenière, à commenter pour qualifier la campagne de dénigrement maintenant orchestrée contre les activités de rodéo du festival par la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux de… Montréal.

C’est une charge en règle, à l’éthique plus que discutable, que tente de mener la SPCA montréalaise en voulant discréditer les principaux commanditaires du festival.

L’organisme n’a même pas eu la décence d’attendre de connaître les conclusions du rapport que doit éventuellement remettre un comité consultatif formé de gens du MAPAQ, de représentants du festival et d’acolytes du professeur Alain Roy, à l’origine de l’injonction portée contre le rodéo de Montréal en 2017, pour se positionner.

On peut croire que tant la SPCA de Montréal que l’équipe du professeur Roy redoutent que les conclusions du rapport n’aillent pas dans le sens qu’ils voudraient. Tout le monde n’est pas fanatisé comme ils se révèlent sur ce sujet des rodéos.

On tente donc d’installer dans l’opinion publique une vérité, la leur, en court-circuitant un comité consultatif neutre, puisque les deux parties belligérantes y sont représentées, mais qui compte aussi des gens du MAPAQ.

La SPCA de Montréal a produit une vidéo à partir d’images équivoques sélectionnées parmi celles qu’avait retenues l’équipe du professeur de l’Université de Montréal et qui tentent évidemment de suggérer qu’on fait de la misère aux animaux. On demande aux gens de signer une pétition de protestation tout en cherchant à mettre dans l’embarras les principaux commanditaires du festival.

On y montre un cheval qui trébuche, un taureau qui encorne un coin des chutes, mais surtout des veaux, parce que c’est plus susceptible d’exacerber les sensibilités, attrapés au lasso ou maîtrisés au sol par des cow-boys, en oubliant que ces petites bêtes pèsent plus de 200 livres et en négligeant de mentionner qu’aucun de ces animaux n’est sorti blessé de sa prestation.

La manœuvre est plus que moralement discutable et empeste la manipulation que l’on cherche à faire de l’opinion publique en lui servant une information tronquée, une pratique qui nous renvoie à celle d’un certain président des États-Unis qui doit pourtant indigner ces mêmes personnes.

L’exercice, peut-être parce qu’il est d’une évidente recherche d’intoxication, a quand même généré jusqu’ici quelques mauvaises surprises à la SPCA et au bataillon du professeur Roy.

D’abord, plusieurs des gros commanditaires qu’on voulait éloigner se sont empressés de reconfirmer leur participation financière au festival et dans la multitude des commentaires publiés sur le site Facebook de la SPCA, il s’en est trouvé beaucoup pour répliquer à celle-ci.

Il serait tentant de servir à la SPCA sa propre médecine en ne reproduisant que des opinions mauvaises parmi celles qu’elle a reçues.

Cédons à la tentation. Voici, parfois condensées ou corrigées (orthographe et accords), quelques-unes de ces réactions:

«Moi, je vous trouve minable avec votre campagne. Vous nous montrez quasiment juste les images de l’attrapage au lasso», écrit Stéphane. «Wake up! Il y a des enfants maltraités et qui sont tués… c’est bien plus important de penser à eux avant tout. Elle est où la logique?», questionne Maylanie.

«La SPCA assassine des milliers d’animaux par année et ensuite fait la leçon aux autres», s’insurge Mark. «Ignorance crasse urbaine dans toute sa splendeur. Brainwasher à mort avec le cerveau d’une crevette, ça donne de beaux résultats», se désespère un autre. Pour Francine et Louis, «ce rodéo attire plus de 400 000 personnes chaque année. Occupez-vous de ce qui se passe à Montréal avec tous ces animaux abandonnés. Car votre travail est insuffisant.» Et ils ajoutent, en dérision: «Il faut penser aussi aux personnes qui tuent des mouches et des araignées à chaque année. Ce sont des massacres!»

«Faudrait arrêter de jouer au hockey aussi. La violence gratuite», se moque Marco. Pas nécessairement gentil, il rapplique: «Bande de caves. Une chance que les employés des autres SPCA ne vous appuient pas. Bonne affaire! Vous leur faites honte solide», est-il convaincu.

Pour sa part, un autre Guy pense qu’il «faudrait arrêter les festivals de musique. Ça attaque mon oreille.»

«J’espère que ceux qui crient au scandale sont végétariens… Franchement gang, choisissez mieux vos combats. Ces animaux de rodéo sortent dix fois par été et font rien le reste de l’année», analyse Bianca qui pense comme Denis que «la plupart des animaux de rodéo sont mieux traités que des animaux de compagnie» pour lesquels c’est «tellement cruel de les garder dans les maisons».

Ça ressemble à Daniel qui «pose une question. Vous tous qui êtes contre les rodéos, êtes-vous prêts à laisser vos chats et vos chiens en toute liberté dans vos villes. Nous, dans nos campagnes, ils le sont 24 heures par jour. Pour nous, c’est de la cruauté de les attacher et de les laisser dans les maisons.»

«La majorité des commentaires ici sont faits par des Montréalais qui ne connaissent même pas l’événement», déplore Cassandre qui trouve absurde la pétition. «Soyez donc présents pour les vrais cas de maltraitance animale quand on vous les signale», se plaint-elle.

On s’entend que la forte majorité des commentaires reçus vient quand même de sympathisants à la SPCA montréalaise. On va au moins reproduire en ce sens celui de Pierre qui avec beaucoup d’élégance traite ceux qu’on vient de citer de «débiles mentaux», de «gang de crottés dégueulasses, d’imbéciles». Qu’on se le tienne pour dit.

Curieux, mais on n’entend pas d’éleveurs ou de propriétaires de chevaux, ceux qui les aiment et en prennent soin, critiquer le festival.

Coup de cœur: Ce n’est pas l’homme de tous les miracles, mais c’est probablement l’intermédiaire le plus susceptible d’en réaliser un à l’Aluminerie de Bécancour. Bonne chance à Lucien Bouchard.

Coup de griffe: Si les usines de pot de la région ont besoin d’experts-conseils, la région n’en manque pas en plantation et en trimage des cocottes. C’était dans cette spécialité comme une région-ressource.