Le projet de colisée au District 55.

Colisée: de gros petits détails

Il faudra encore s'armer d'un peu de patience avant de connaître la décision que prendra le conseil municipal de Trois-Rivières sur l'emplacement qui sera privilégié pour la construction du futur colisée de Trois-Rivières.
Cela ne pourra se faire que vers la fin du mois d'août. Oublions donc l'enthousiasme du maire Yves Lévesque qui, il y a quelques mois à peine, pensait que la mise en chantier pourrait se faire dès septembre.
On sait que la joute se joue entre deux projets: celui du Centre d'excellence régional académique et sportif de l'UQTR, sur son campus, et celui du Groupe Robin, de Saint-Hyacinthe, sur les terrains de ce qui devrait devenir le District 55, aux abords du pont Laviolette.
Ce sera une question complexe à départager, tellement les deux projets sont différents à bien des égards, sauf dans le fait que dans les deux cas, on propose un colisée de 5000 places comme le réclame la Ville de Trois-Rivières pour faire suivre la subvention de 26 millions $ promise par Québec pour cet équipement.
Au service des finances de la Ville, on a entrepris l'analyse des deux dossiers afin d'établir les avantages ou les désavantages à long terme pour la Ville d'aller vers un projet plutôt que l'autre.
Mais déjà, quelques chiffres circulent tendant à démontrer que le projet du Groupe Robin, sur une période de 25 ans, se révélerait à coûts nuls pour la Ville alors que celui de l'Université engendrerait des coûts additionnels de 13 millions $. Dès lors, on pourrait penser que la cause est entendue en faveur du Groupe Robin.
Mais pour en arriver à des coûts nuls avec un colisée et trois glaces au District 55, la Ville doit détenir la certitude que la subvention de 26 millions $ venant de Québec, qui serait acquise dans le cas de l'UQTR, suivra en faveur d'un promoteur privé. Ce qui est loin pour l'instant d'être acquis. D'autres municipalités du Québec ont vu leur projet d'aréna suspendu après avoir opté pour une réalisation en PPP. C'est en grande partie cette absence de certitude que la subvention restera attachée qui force la Ville à repousser son choix final.
Sans l'aide financière de Québec, le projet du Groupe Robin ne tiendrait pas la route. Sans compter qu'à l'UQTR, la Fondation de l'université ajouterait 6 millions $ à la subvention de 26 millions $, ce qui réduira d'autant les besoins de financement du projet.
Malgré tout, dans le scénario actuel, la Ville obtiendrait un coût de location des glaces un peu inférieur à celui que lui propose l'université. Il y a donc là quelques contorsions qui seront nécessaires, mais que peut-être le privé peut réaliser.
Même si on peut se demander comment le Groupe Robin peut réaliser pour 40 millions $ un colisée avec trois glaces adjacentes alors qu'à l'UQTR, pour un colisée avec une seule glace ajoutée, le projet est évalué à 49 millions $. Une projection qui ressemble beaucoup plus à ce qui a été observé ailleurs pour des projets de semblable envergure.
Si les premières analyses de la Ville de Trois-Rivières laissent percer une économie de 13 millions $ en 25 ans avec le Groupe Robin, c'est qu'on figure faire l'économie de l'exploitation de deux arénas existants. Le sort de l'aréna Jean-Guy-Talbot est à toutes fins utiles réglé. On va l'abandonner. Mais on envisage aussi fermer dans quelques années celui de Trois-Rivières-Ouest qui nécessiterait lui aussi de gros investissements pour la remise aux normes qui lui est devenue nécessaire.
Gérer un aréna coûte environ 500 000 $ par année à la Ville de Trois-Rivières. C'est cette économie, compte tenu que le Groupe Robin propose trois glaces annexes qui pourraient être louées pour remplacer les deux arénas fermés, qui rendrait plus avantageux pour la Ville le projet du Groupe Robin.
Encore qu'en dehors de la question de la subvention de Québec doit impérieusement être réglée, il faudra, pour que le projet soit réaliste dans ses coûts annuels de fonctionnement, qu'on n'ait pas à payer de taxes municipales, ce qui n'est pas possible avec une propriété privée. Or, le complexe du Groupe Robin devrait rapporter des taxes municipales de 3 à 4 millions $ par année. Cela hypothéquerait assurément sa rentabilité et sa viabilité. Un congé de taxes de la part de la Ville serait embêtant. Avec l'UQTR, la Ville touchera un en-lieu de taxes d'à peu près un million $ par année, qui est remboursé à l'UQTR par Québec.
La Ville pourrait égaliser le compte, mais cela signifierait quand même pour le groupe privé un ajout d'un million à ses frais d'opération. Même avec un OBNL, il y aura des taxes à payer.
Des petits détails qu'il faudra bien régler d'ici la fin de l'été et qui font que rien n'est encore joué.