Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste
Jean-Marc Beaudoin

Ce Cirque ensoleillé qui fait rêver Trois-Rivières

Le cirque, c’est admis, peut facilement nous émerveiller. Mais il pourrait aussi nous faire rêver, surtout si c’est celui du Soleil.

Peut-être parce qu’on a de plus en plus la conviction qu’il nous faudra renoncer à la parenthèse pandémie de quatre jours à Noël, il faille se rabattre, question de salubrité mentale, au plus vite sur quelque chose d’encourageant.

On ne voit plus très bien quel plaisir on pourrait avoir à recevoir parents ou amis à Noël au fur et à mesure qu’apparaissent les nouvelles consignes, restrictions et conditions.

Pour bien faire, avec toutes ces recommandations à limiter ces rencontres, à ne pas y mitonner de repas festif, ou même carrément de repas, à devoir baisser la musique, même si c’est des airs du temps des Fêtes, pour ne pas avoir à parler plus fort et à postillonner, mais surtout, à se tenir loin, très loin, comme si c’était possible dans le salon, la cuisine, la salle à manger ou même dans une salle de jeux quand on en a une, de nos invités, ça ferait déjà déchanter n’importe quel hôte ou hôtesse.

Asperger ses proches de désinfectant, les suivre à la trace jusque dans la salle de bain pour tout aseptiser après leurs nécessités, bref, par prudence suprême devoir se comporter comme si c’était presque des pestiférés, porteurs plus que présumés de la fameuse COVID-19, ça brise l’ambiance et ça casserait n’importe quel party.

On comprend qu’un sondage nous apprenait hier que 60 pour cent des Québécois ont déjà décidé de ne pas recevoir à Noël, quitte à se divertir en regardant une fois de plus à la télé le Miracle de la 34e Rue.

Beaucoup de gens ont donc déjà décidé de passer leur tour à Noël.

En même temps qu’on se dit qu’il va bien falloir que ça finisse un jour. Et si ce jour promis nous arrivait au printemps et qu’un nouvel horizon s’ouvrait pour l’été.

C’est l’espoir que nous a apporté cette semaine le grand patron reconfirmé dans ses fonctions du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre.

On comprend que Steve Dubé, le directeur général de la Corporation des événements de Trois-Rivières, se soit fortement réjoui dans nos pages du maintien à la barre du Cirque du Soleil de Daniel Lamarre, ce Mauricien d’origine, toujours très attaché à sa région.

Plus que soulagé, Steve Dubé a dû être ravi de l’entendre la veille au matin raconter à l’animatrice Marie-Claude Julien, à Radio-Canada Mauricie, qu’il se pourrait que le premier spectacle du Cirque qui sera de nouveau remonté en Amérique du Nord le soit à Trois-Rivières... cet été.

Avec 21 représentations par été, le Cirque est de loin devenu la pièce maîtresse de la programmation annuelle de l’Amphithéâtre Cogeco. Sans compter qu’on doit parfois y ajouter quelques supplémentaires.


« Alors, quand Daniel Lamarre nous prévient que s’il n’en tient qu’à lui, le Cirque, avec tous ses jongleurs, saltimbanques, clowns, équilibristes, sa musique, ses lumières et ses chorégraphies sera de retour, on veut en rêver. On veut y croire. »
Jean-Marc Beaudoin

Mais autant la venue du Cirque est majeure pour l’amphithéâtre, autant elle a propulsé la saison touristique trifluvienne, mais aussi régionale parce que des forfaits sont proposés, à un niveau qu’on n’aurait pas ou pu imaginer.

Il faut savoir que 70 pour cent des réservations aux spectacles de la série Hommage du Cirque proviennent de l’extérieur de la région. Des gens qui, pour une majorité d’entre eux, en font comme un pèlerinage annuel.

Des gens qui arrivent souvent tôt en après-midi, qui visitent, qui prennent un verre en fin de journée, qui s’attablent à un resto avant d’aller au spectacle et qui, comme celui-ci finit vers 23 h, ont aussi prévu un hébergement.

Cela fait rouler les affaires.

Mais on aurait tort de penser que ce n’est avant tout que profitable aux commerçants, tenanciers, restaurateurs ou aubergistes du centre-ville.

Cet afflux de visiteurs, qui s’ajoutent à tous les autres de l’été, crée une atmosphère de fête douce au centre-ville, au parc portuaire, dans les rues historiques, dans laquelle baignent avec une légère béatitude les Trifluviens.

Vaut mieux être ici que d’être ailleurs. Les Trifluviens bénéficient de cette indolence générée par tous ces gens venus d’ailleurs profiter de la vie dans leur univers.

C’est vrai que cela fait sonner les caisses enregistreuses. Mais cet apport économique fait qu’on peut maintenir une plus grande variété d’établissements que ce ne serait possible autrement. Les généreux mois d’été soutiennent les glaciaux mois d’hiver.

Alors, quand Daniel Lamarre nous prévient que s’il n’en tient qu’à lui, le Cirque, avec tous ses jongleurs, saltimbanques, clowns, équilibristes, sa musique, ses lumières et ses chorégraphies sera de retour, on veut en rêver. On veut y croire.

Car si le Cirque peut revenir, c’est aussi que tous les grands événements qui ponctuent avec tant de bonheur l’été trifluvien seraient aussi de retour.

Il est facile de se revoir avec tout ce monde qui danse à pleine rue des Forges pendant le Festival de Danse Encore; au sein de ces foules qui remplissent presque religieusement les parterres de toutes les admirables scènes champêtres du Festivoix; qui vibrent au son des vrombissements de leur célèbre Grand Prix; qui se sustentent au confluent du fleuve et de la rivière grâce aux Délices d’automne... qui deviennent romanesques au Festival international de poésie...

Oui, une remarque du patron du Cirque et on se remet à rêver tout haut.

Il faudra attendre en mars pour avoir une meilleure idée si tout cela sera possible.

Cela fera alors un an qu’on est en pandémie. Le vaccin sera arrivé, les plus vulnérables pourront être protégés et le beau temps qui a chassé l’an dernier le vilain coronavirus commencera à se faire sentir.

On serait dû pour un été... normal.

Coup de cœur

Tant mieux si on n’a pas viré fou à ce Vendredi fou. Autrement, ç’aurait été un vrai Black Friday.

Coup de griffe

Maintenant que Donald se résigne, souhaitons qu’on s’amuse encore un peu de la politique à l’américaine. Ça pourrait manquer de distractions.