Les candidats ont exprimé leurs opinions sur une multitude de sujets et pris un grand nombre d’engagements ou d’orientations. Malgré cela, il est difficile d’établir une véritable démarcation entre les uns et les autres.

Campagne: on risque l’explosion

CHRONIQUE / À la veille de la journée du vote par anticipation et à une semaine du scrutin général, on peut penser que les jeux doivent être pas mal faits dans la course forcée à la mairie de Trois-Rivières.

Un virement majeur dans les intentions de vote est toujours possible dans ce dernier droit, mais c’est très rare qu’une telle chose arrive.

Peu importe l’impression préférée, le ciment est pris ou le Jell-O est figé, au choix, l’idée des électeurs qui se rendront jusqu’aux bureaux de votation est fort probablement faite en grande partie.

La première question à laquelle on veut dès lors avoir réponse, c’est qui va l’emporter.

En fait, la première question devrait être de savoir dans quelle proportion les électeurs vont s’acquitter de ce qui est un privilège et un droit, mais aussi un devoir de citoyen.

On a vu dans le passé, et Trois-Rivières n’y a pas échappé à ses dernières élections, que le vote au municipal atteint difficilement les 50 % des électeurs inscrits.

Dans une élection partielle, comme c’est le cas présentement, la participation électorale risque fort d’en être réduite, autour des 35 % probablement.

Dans un tel contexte, la force des organisations électorales de chacun des candidats peut faire une grande différence, surtout dans son efficacité à ce qu’on appelle «faire sortir son vote».

On a beau avoir des préférences, aimer mieux les engagements d’un tel, la personnalité d’un autre ou le courant politique ou de pensée qu’il inspire, cela ne fait pas de différence si on ne fait pas l’effort de se rendre jusqu’à l’urne.

Entre-temps, on aime bien avoir une idée quand même de comment se dessine la lutte au «finish».

On va avoir une bonne idée de l’humeur citoyenne dans les prochains jours avec la publication dans Le Nouvelliste du second et dernier sondage commandé à la firme Mainstreet.

La campagne a-t-elle fait bouger l’aiguille électorale depuis la publication du premier sondage, il y a un peu plus de deux semaines? Et si oui, de quelle façon?

Mainstreet avait accordé 44,7 % des «décidés ou enclins» à Jean-François Aubin, 35,7 % à Jean Lamarche, 17,7 % à Éric Lord et un modeste 1,9 % à Pierre-Benoît Fortin.

Avec de tels résultats, on comprend que le défi de Jean-François Aubin était de maintenir ses acquis et de résister au principal assaut qui devait venir de Jean Lamarche.

Ce qui était aussi vrai pour Éric Lord qui est apparu marginalisé dans la faveur populaire. L’homme a vivement contesté l’impression laissée par le sondage qu’on s’était engagé dans une lutte à deux Aubin-Lamarche à côté de laquelle il ne serait qu’un figurant, de qualité certes, mais figurant quand même. Dans le «rink side», mais pas sur le «rink»?

Si c’était vrai au début de la campagne, tous les candidats, et cela comprend PB Fortin, peuvent raisonnablement croire aujourd’hui qu’ils sont beaucoup mieux connus de la population, suffisamment pour être capables de se fixer en faveur de l’un ou de l’autre et de savoir pourquoi.

La campagne électorale a été d’une grande intensité et elle avait commencé bien avant son ouverture officielle. Les candidats ont tous fait des campagnes soutenues, participé à des débats, multiplié leurs présences médiatiques et accepté toutes les rencontres offertes par diverses organisations ou associations.

Les candidats ont aussi exprimé leurs opinions sur une multitude de sujets et pris un grand nombre d’engagements ou d’orientations. Malgré cela, il est difficile d’établir une véritable démarcation entre les uns et les autres. Il y a certes des différences et des nuances, mais globalement, leurs positions se recoupent souvent et on a vu, en plusieurs occasions, un candidat se ranger au point de vue d’un adversaire et même de faire sienne, en l’avouant, une de ses positions.

On a pu le constater en quelques occasions, et en particulier lors des grandes rencontres éditoriales du Nouvelliste avec les quatre candidats.

Dans l’analyse qu’elle faisait de celles-ci, ma consœur Paule Vermot-Desroches, qui menait les entrevues, en a conclu que «des grands enjeux qui se sont dégagés de la campagne électorale… aucun n’aura véritablement divisé des clans bien distincts».

Il y a peut-être eu en début de campagne le dossier de Vision zéro qui a fait basculer une majorité de ses opposants dans le clan de Jean Lamarche et qui font maintenant une cabale intensive en sa faveur, mais c’est, avec le courant dont chacun est porteur, la personnalité du candidat qui pourra faire la différence.

On semble vouloir jouer beaucoup depuis la réapparition «miraculeuse» d’Yves Lévesque sur «pour ou contre» ce qu’on appelle le «Groupe des huit» à l’hôtel de ville, ce qui, implicitement, veut aussi dire pour ou contre l’ex-maire.

Le clan de Lamarche, qui se révèle très actif sur le terrain, et de loin le plus réagissant sur les réseaux sociaux, avec des «like» à profusion, joue beaucoup cette carte susceptible de polariser le débat entre lui et Aubin, poussant Lord vers l’accotement.

Aubin, meneur présumé, est le seul à avoir obtenu des appuis de conseillers (trois) tous du Groupe des huit. De l’autre côté, on voit bien dans l’entourage de Lamarche que ses rangs se sont beaucoup gonflés des plus ardents supporteurs de Lévesque.

On soupçonne que la lutte pourrait s’être resserrée entre les deux candidats. Ce qui expliquerait pourquoi les hostilités ont monté d’un cran au débat cette semaine du 106,9 animé par Robert Pilotte. On a sur la fin frôlé l’explosion. Les nerfs s’en deviennent à vifs.

Selon ce qu’il nous révélera, le prochain Mainstreet pourrait bien générer une fin de campagne survoltée.

Coup de cœur

Aux centaines de citoyennes et citoyens impuissants et en détresse dont les demeures sont inondées et qui doivent encore craindre que le pire puisse arriver dans les heures qui viennent.

Coup de griffe

Aux insatiables pétrolières qui manigancent comme toujours pour faire bientôt monter à 1,50 $ leur litre d’essence ordinaire. Elles y sont presque. En effet, c’est assez ordinaire.