C'est assez tôt pour le lancement des luttes à la mairie, car c'est généralement à la fin d'août et au début de septembre que la fièvre se fait sentir.

Après vous, monsieur le maire

CHRONIQUE / Bien sûr, on ne s'attend pas vraiment à ce que la mairesse sortante de Nicolet, Geneviève Dubois puisse devoir affronter un adversaire aux élections municipales de l'automne.
Pour une première bonne raison: la mairesse sortante vient à peine d'arriver à la mairie, à l'issue d'une élection partielle où elle n'a pas reçu d'opposition. Puis, l'opinion générale sur le travail qu'elle a accompli depuis, lui semble plutôt favorable. 
Avec l'entrée dans la course à la mairie de Shawinigan d'un premier adversaire à Michel Angers, il ne reste plus qu'à celui de Louiseville, Yvon Deshaies, de connaître le sien. 
Le coloré maire de Louiseville ne devrait pas être à l'abri d'un affrontement électoral. Avec les opinions aussi tranchées qu'explosives qu'il a multipliées et certaines de ses décisions qui ont prêté à controverse, il ne peut pas faire l'unanimité absolue. Il est d'ailleurs arrivé en quelques occasions que des membres de son conseil l'aient contesté publiquement ou pris des distances à son endroit. À Louiseville, tout le monde ne tire quand même pas sur le même joint. 
C'est souvent autour de la table du conseil que se fomentent les plans de bataille électorale. S'il y a un maire dans la région qui doit en être bien conscient, c'est celui de Trois-Rivières, Yves Lévesque. 
Parmi sa pléthore d'adversaires lors de la dernière campagne, deux venaient des rangs de ses conseillers: Sylvie Tardif et Catherine Dufresne. C'est encore le cas avec Jean-François Aubin. 
Que ce soit à La Tuque, Saint-Tite, Shawinigan, Bécancour et Trois-Rivières, les luttes à la mairie sont déjà lancées. On peut dire que c'est même assez tôt, car c'est généralement à la fin d'août et au début de septembre que la poussée de fièvre fait grimper le thermomètre électoral et que ceux qui n'en peuvent plus d'espérer, passent à l'acte.
On aurait pu s'attendre qu'après les nombreuses luttes épiques des élections de 2013, il y aurait eu comme une certaine relâche cette fois-ci. Les hôtels de ville n'ont pas été pris d'assaut tant que ça par des citoyens mécontents. La gronde citoyenne est une grande génératrice de candidats municipaux.
Un maire qui doit s'en rendre compte, c'est Michel Angers de Shawinigan. 
Son adversaire, François Bonenfant est issu des oppositions qui se sont manifestées dans les dossiers touchant l'aqueduc, les eaux usées et la répartition des coûts de pavage à Lac-à-la-Tortue, dont il était allé jusqu'à demander la défusion d'avec Shawinigan. 
Les consultations citoyennes dans ces dossiers ne lui ont pas donné raison, mais l'homme peut espérer canaliser en sa faveur tous les mécontents épars dans la ville. 
Par contre, il annonce qu'il va être gentil, qu'il ne «se bat pas» contre Michel Angers. Simplement qu'il veut «redonner la ville aux citoyens». 
Ça laisse quand même sous-entendre quelque chose qui n'est pas gentil, que la ville serait devenue le fief d'un maire plénipotentiaire. Mais il ne le dit pas comme tel. Il faut le déduire.
Et c'est un peu caractéristique du ton qui a été adopté jusqu'à présent là où il y a des luttes à la mairie dans la région. 
Que ce soit à Bécancour, La Tuque, Trois-Rivières ou Saint-Tite, comme à Shawinigan, on s'en prend très peu directement au maire sortant. 
Sans aller jusqu'à dire qu'il faudrait un peu de fiel dans ces campagnes, on n'a pas l'impression que les aspirants aux mairies régionales ont le couteau entre les dents. Ce sont partout pour l'instant des campagnes gentlemen ou gentlewomen, comme à Saint-Tite avec Annie Pronovost, qui n'a pas encore cherché à arracher l'étoile de shérif du maire sortant, André Léveillé. Qui ne semble d'ailleurs pas pressé de décider s'il revient ou pas. 
À Bécancour, après une contestation du partenariat en développement économique avec IDÉ Trois-Rivières, l'aspirante Martine Pepin ne s'est plus vraiment fait entendre. Elle n'a pas fait de bleus à son adversaire, Jean-Guy Dubois, ce qui en désespère quelques-uns qui tirent sur la manche de Karl Grondin, l'attaché politique du député caquiste Donald Martel, pour qu'il remette ça à la mairie. 
Michel Pronovost, à La Tuque, mise sur sa notoriété, son implication de longue date dans la ville et son offre de citoyen ordinaire proche du peuple suivant laquelle il se décrit afin d'obtenir la faveur populaire en novembre. Il est loin d'avoir mis les gants de boxe contre Normand Beaudoin.
Ce ne sont pas les maires sortants qui vont se plaindre de la douceur électorale actuelle et certainement pas celui de Trois-Rivières.
Jean-François Aubin s'est annoncé tôt à la mairie de Trois-Rivières et il y travaille avec sérieux et à plein temps. Il multiplie les occasions de rencontrer les gens. Il est conscient qu'il a un gros travail de terrain à accomplir pour être mieux connu et apprécié dans toute la ville. Mais il est loin d'en être venu aux coups avec un Yves Lévesque qui ne manque généralement pas de sanguinité.
Sa campagne est jusqu'ici demeurée sobre, ce qui permet au maire sortant de paraître être au-dessus de ses affaires. À tel point qu'Yves Lévesque a pris la décision de ne faire aucune dépense électorale. De sorte qu'il n'a pas vraiment senti le besoin, encore moins d'urgence, de reconstituer son équipe électorale.
Ou bien c'est faire excès de prétention de sa part, ou bien il tient vraiment pour acquis qu'avec son bilan, après 16 ans de mairie, on lui doit bien une réélection sans histoire.
Bon! Il y a un été devant nous, des barbecues, des épluchettes de blé d'Inde et bien d'autres occasions de poignées de main. De quoi faire peut-être monter une marmite électorale qui n'est encore chauffée qu'à feu de petit bois.
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