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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste
Jean-Marc Beaudoin
Lors de la présentation des prévisions budgétaires du gouvernement québécois jeudi, le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap s’est vu promettre une subvention de 15 millions $ pour le réaménagement de ses espaces.
Lors de la présentation des prévisions budgétaires du gouvernement québécois jeudi, le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap s’est vu promettre une subvention de 15 millions $ pour le réaménagement de ses espaces.

Applaudissons... sans se blesser

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CHRONIQUE / Si bon nombre de Québécois ont applaudi jeudi à la présentation des prévisions budgétaires du ministre Éric Girard, qui, après un déficit de 15 milliards $ en 2020-21 en prévoit 12,3 de plus pour l’année en cours, et d’autres qui suivront jusqu’en 2027-28, ils vont certainement avoir des ampoules aux mains quand le fédéral présentera le sien, dans trois semaines.

On sait déjà que l’exercice en cours à Ottawa générera un déficit annuel qui avoisinera les 400 milliards $ et que l’élan dépensier du fédéral ne s’arrêtera pas là puisqu’on prévoit déjà un flamboyant plan de relance économique d’au moins 100 milliards $.

Il y a un bon bout de temps qu’à Ottawa, «money is no object». C’est comme ça depuis la campagne électorale de 2015. Malgré dix années d’un régime budgétaire conservateur jugé sévère, l’aiguille des sondeurs était hésitante à osciller en faveur du Parti libéral. Jusqu’à... Jusqu’à ce que leur chef Justin Trudeau, multipliant les promesses, déclare que le maintien de l’équilibre budgétaire n’était pas essentiel.

Les intentions de vote se sont envolées et les dépenses fédérales tout autant. On peut dire que le chef libéral a tenu promesse et, à la faveur de la pandémie, s’est surpassé.

À quelques exceptions comme un mauvais contrôle dans de certains programmes comme la PCU, on doit admettre que la population, dans son ensemble, a jusqu’ici jugé que l’aide de l’État, même massive, était nécessaire et appréciée. Et qu’elle l’est encore, parce que la COVID-19, avec ses mutants, est toujours menaçante et que, si certains secteurs de l’économie ont bien résisté, ou se sont même améliorés, il reste de grandes victimes, comme les sports, le secteur récréo-culturel, l’hôtellerie, la restauration, le petit commerce... à remettre sur pied.

N’empêche qu’après avoir imposé, à Ottawa comme à Québec, l’idée que d’équilibrer revenus et dépenses était la chose la plus saine et la plus responsable, dans l’intérêt public, à pratiquer sur le plan gouvernemental, les esprits se sont facilement laissés façonner par la dépense collective. On dirait qu’on y a pris goût.

Il a été facile pour nos gouvernements de s’y complaire, avec l’endossement de la population.

C’est ce qui explique peut-être que si nos gouvernements, pourtant en perte de revenus, devaient dépenser davantage pour affronter des besoins urgents, et donc creuser les déficits, on a vu malgré tout des demandes financières, venant de toutes parts, affluer comme jamais.

Dans ce contexte, on doit donc admettre que le budget de Québec, même s’il refoule à sept ans le retour présumé à un équilibre budgétaire, apparaît presque sobre.

La pandémie n’est pas finie et l’économie n’est pas encore rétablie. Une transition s’imposait pour, on doit l’espérer, un atterrissage en douceur.

En dehors de nouveaux investissements importants en santé, qui engloutiront 44 pour cent des revenus du Québec, et en éducation, le gouvernement semble avoir assez bien distillé le reste de ses revenus et emprunts pour qu’il y en ait pour tout le monde et satisfaire aux besoins les plus criants, ou presque.

C’est sûr que les attentes justifiées de la part des ressources en violence conjugale n’ont pas été rencontrées. Disons qu’on s’est déjà empressé de promettre plus d’argent que ce qui a été inscrit au budget.

On pouvait d’autre part craindre, puisqu’il y a déjà surchauffe dans certains secteurs, dont la construction, que le gouvernement propose un plan de relance qui n’aurait que stimulé l’inflation et, en conséquence, des taux d’intérêt à la hausse, ce qui serait une catastrophe.

Ce que l’on peut dire sur ce point, c’est qu’on a agi avec discernement, avec intelligence.

On doit cependant reconnaître qu’en dépit d’une certaine sobriété, la région va être assez gâtée.

On comprend l’accueil favorable qu’ont réservé les maires à ce budget, mais aussi les milieux économiques.

On ne s’y attendait pas, mais le projet d’une quarantaine de millions $ du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap vient de s’envoler, avec une première subvention de 15 millions $ de Québec. Le fédéral va suivre.

On y projette depuis trois ans de complètement y réaménager les berges, ce qui devrait accroître le nombre des, doit-on dire pèlerins ou touristes, qui fréquentent l’endroit chaque année.

Sans pandémie, on en est à 450 000 visiteurs par année, dont 93 pour cent proviennent de l’extérieur de la région. On pense qu’on pourrait en attirer 800 000… plus que n’importe quel autre attrait ou événement dans la région.

Ça ne s’est pas obtenu en faisant brûler des lampions, mais en soumettant un projet solidement structuré.

Québec consentira de nouveau des sommes importantes pour venir en aide aux victimes, et il y en a encore beaucoup qui n’ont pas été compensées, de la pyrrhotite.

Le budget prévoit aussi à Trois-Rivières la mise en chantier d’une maison des aînés et des travaux majeurs sur l’autoroute 55 entre Bécancour et Sainte-Eulalie...

Québec, comme il l’a promis, investira dans le soutien à l’innovation, une bonne nouvelle pour Bécancour, qui attend sa désignation pour une zone d’innovation, mais peut-être aussi pour Shawinigan, qui attend aussi une telle reconnaissance, avec les budgets qui l’accompagnent.

Consentir des efforts spéciaux pour l’industrie de la forêt et celle l’aluminium, ça tombe encore plutôt bien pour la région.

Mais comme on prévoit aussi accroître les investissements en tourisme et en support aux arts et spectacles, ça ne nuira pas non plus, surtout à une ville comme Trois-Rivières qui a beaucoup développé l’événementiel.

N’oublions pas en plus qu’avec trois collèges dans la région et une université, dont une majorité des 14 000 inscrits vient de l’extérieur, compte tenu de leur petit boni de 100 $ par session qui leur sera versé, en plus d’un congé d’intérêts sur leurs prêts, ça fera sonner quelques caisses enregistreuses… et on ne dit pas lesquelles.

On a déjà vu des budgets indigestes, mais celui-là n’est pas vraiment dur à avaler.

N’oublions quand même pas que nos faveurs gouvernementales, c’est nous qui les payons. Alors, s.v.p., pas trop d’ampoules aux mains.

Coup de cœur: À la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières pour l’éclat donné, malgré les restrictions, à son annuel Gala Radisson.

Coup de griffe: Dans la course entre le vaccin et les variants, est-ce qu’il y a quelqu’un qui pourrait enfarger ces derniers? Récompense promise.