La Cité de l’énergie a pu obtenir la confirmation du gouvernement du Québec d’une aide financière de 865 600 $ pour la réalisation de NEZHA, son prochain spectacle estival nocturne.

Affaire de cirque... si Bob est content!

Après au moins deux mois de suspense, la Cité de l’énergie a enfin pu obtenir la confirmation du gouvernement du Québec d’une aide financière de 865 600 $ pour la réalisation de NEZHA, son prochain spectacle estival nocturne.

Grand soulagement mardi matin de la part du directeur général de la Cité, Robert Trudel. Le soulagement a probablement été plus grand de la part de la ministre Julie Boulet, de son entourage et de ses fonctionnaires. Quand on connaît la pugnacité de Robert Trudel, on peut imaginer qu’il a dû leur servir quotidiennement ou presque depuis décembre le supplice de la goutte chinoise pour qu’on lui lâche le morceau.

Une grande incertitude s’était installée en décembre quand le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, pourtant un bon «chum» de Trudel, avait fait une violente sortie publique pour crier à ce qui lui apparaissait comme une véritable injustice.

C’est que NEZHA sera présenté par le Cirque Éloize alors que pour «son» Cirque du Soleil, la Corporation des événements de Trois-Rivières n’a jamais reçu un sou de soutien financier du gouvernement. Les protestations du maire de Trois-Rivières risquaient de compromettre une aide financière essentielle à la Cité dont on pouvait présumer que la cause était pourtant déjà entendue.

Dans l’esprit d’Yves Lévesque, un cirque c’est un cirque et si l’un reçoit de l’argent, l’autre doit en recevoir aussi, sinon tout autant. C’était oublier toute la sémantique des programmes d’aide gouvernementale et les chinoiseries d’interprétation auxquelles ils prêtent. Et puis, Trois-Rivières n’avait jamais de toute façon présenté de demandes de subventions pour les productions de son Cirque du Soleil, parce que, compte tenu de son statut de salle de spectacles ou de lieu de diffusion, on ne croyait pas qu’on puisse être éligible à une aide quelconque.

C’est quand le mot cirque est apparu à la Cité de l’énergie qu’il y a des lumières qui se sont allumées à Trois-Rivières.

Mardi matin, la ministre régionale, mais aussi ministre du Tourisme, d’où provient le gros des subventions consenties pour NEZHA, annonçait à la Cité la contribution gouvernementale. Dans l’après-midi, la ministre, entourée de hauts fonctionnaires, recevait des représentants de Trois-Rivières. On trouvera bien, en cette année de bonheur électoral, un peu d’argent de fond de tiroirs dans un ou deux programmes gouvernementaux, pour apaiser les frustrations de Trois-Rivières.

La Cité de l’énergie attend encore de connaître le montant de l’aide financière, qui ne fait pas de doute, qui lui sera accordée par la Ville de Shawinigan. Là-dessus, la confiance règne, mais la Cité devra puiser dans ses réserves financières.

On peut être surpris, mais ça coûte cher monter un grand spectacle estival. La conception, l’écriture, la mise en scène, la confection des costumes, la construction des décors et le montage technique vont coûter 2,2 millions $. On comprend qu’on veuille amortir l’investissement en projetant présenter NEZHA L’enfant pirate, durant cinq ans, même si la fréquentation devient plus hasardeuse les dernières années.

Avec un hommage à un ou des artistes québécois qui change chaque année, la nouveauté est au rendez-vous chaque été avec le Cirque du Soleil à l’Amphithéâtre Cogeco.

On le constate, le succès du Cirque du Soleil se confirme d’une année à l’autre, ce qui a justifié une prolongation de deux ans au contrat qui le liait à la Corporation des événements de Trois-Rivières. Il y a comme un phénomène d’abonnement. Parce qu’ils ont aimé leur expérience, les gens ne veulent pas rater la nouvelle présentation.

Trois-Rivières, avec son Cirque du Soleil, n’a rien à craindre d’un autre cirque à Shawinigan. Ce sont deux spectacles de cirque très différents. Il n’y aura pas de concurrence.

On l’a vu ces dernières années. L’offre événementielle estivale de Trois-Rivières est devenue extrêmement productive en retombées touristiques. Du Festival de Danse Encore en juin jusqu’à l’arrivée de la Classique de canots et la tenue des Délices d’automne, on peut dire que Trois-Rivières fait ville comble. Un genre de sold-out.

C’est bon qu’il puisse en être ainsi parce qu’avec la montée en importance des grands festivals de Montréal, entre autres, outrageusement subventionnés, les régions du Québec, dont la Mauricie, ont dû surmonter un détournement de clientèle. Ce n’était plus évident d’attirer les gens de la région de Montréal ou de Québec quand se déroulent dans leurs rues des événements de dimension internationale qui en arrivaient à vider même les régions de leurs propres clientèles.

Il y a eu des hauts cris de la part de l’industrie touristique en région, dont un des ténors a été André Nollet, l’ancien directeur général de Tourisme Mauricie. Les choses se tassent mais il faut déployer beaucoup d’originalité.

On ne demandera pas à Robert Trudel de faire preuve de modestie, on ne le reconnaîtrait pas. Tant mieux s’il ne se trompe pas quand il promet que son NEZHA du Cirque Éloize sera l’événement des événements cet été en Mauricie.

Cela ne viendrait que consolider la vigueur de l’été touristique de la région et peut-être permettre à celle-ci de gagner un rang ou deux dans les destinations estivales préférées des Québécois et des touristes étrangers. Des études l’ont démontré: la Cité de l’énergie est un puissant moteur touristique pour Shawinigan et la région. Il lui faut être distinctive et de qualité dans son offre, ce à quoi elle peut prétendre pour sa 20e année d’existence.

Yves Lévesque a assisté à la soirée de boxe de Shawinigan la fin de semaine dernière où il a plogué son amphithéâtre pour un programme de boxe «extérieur». On tire sur la couverte. Faudrait pas que Bob mette les gants de boxe…

Entre Québec et Montréal, à un réservoir d’essence des deux plus grands centres urbains du Québec, la Mauricie, cette Belle d’à-côté mérite d’être encore plus courtisée.

Elle prend les grands moyens pour qu’il en soit ainsi.

Coup de griffe: Le gouvernement aurait fait un bon coup en versant 500 millions $ à ses médecins spécialistes. Pourquoi est-ce qu’ils sont contents et pas les contribuables?

Coup de cœur: Le pot devrait être légalisé à temps pour les élections québécoises. Faudra voir ce que ça change.