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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste
Jean-Marc Beaudoin
Pandémie ou pas, il y aura des élections fédérales quelque part dans l’année. Justin Trudeau voudra profiter ce printemps de son plan de relance économique pour trouver prétexte à aller à la rencontre des électeurs…
Pandémie ou pas, il y aura des élections fédérales quelque part dans l’année. Justin Trudeau voudra profiter ce printemps de son plan de relance économique pour trouver prétexte à aller à la rencontre des électeurs…

2021: bye bye Covid?

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CHRONIQUE / Pour une très grande majorité, s’il y a une année qu’on quitte sans regret et que l’on voudrait, si cela était possible, effacer de nos mémoires, personnelle et collective, comme si elle n’avait jamais existée, c’est bien celle qui s’éteint dans sa noirceur.

Dans un tel contexte, il est assez tentant de prédire, et de croire, que 2021 sera comme une année de résurrection, à beaucoup d’égards.

On n’a même pas besoin de tenter de dénicher dans les Centuries du célèbre Nostradamus un ou deux quatrains prophétiques que l’on pourrait savamment décoder pour nous éclairer sur ce que sera 2021.

Pour le court terme du moins, car toute l’attention pour les premières semaines de la nouvelle année portera encore sur la situation sanitaire. Et, qu’on doive ou pas faire face à ce redouté mur que l’explosion des récents cas d’infection recensés, on détient au moins une certitude: on franchira ce mur. Mais d’évidence, pas tout de suite.

Après la statistique des cas quotidiens repérés de COVID-19, ce sera bientôt le nombre des immunisés qui devrait retenir notre intérêt avec les échéanciers sur la vaccination. Les noms des différents vaccins qui entreront sur le marché seront même mieux connus du grand public que peuvent l’être en ce moment ceux des principaux joueurs du Canadien.

Car on sait que lorsqu’on aura atteint un seuil de vaccination générale, autour de 70 pour cent, on pourra dire bye-bye COVID. La grande question à laquelle on ne peut répondre avec aplomb à ce moment-ci, c’est à quelle date au juste cela va arriver. Là, peut-être que les lumières de Michel de Notre-Dame pourraient être utiles. Peut-être…

Si 2021 ne partira pas sur les chapeaux de roues, on peut quand même entrevoir une certaine suite des choses.

On ne se trompera pas à prédire que ce sera une grande année de transition, au moins sur les plans politiques et économiques.

Pandémie ou pas, il y aura des élections fédérales quelque part dans l’année et des élections municipales statutaires dans toutes les municipalités et villes du Québec le 7 novembre.

La moyenne de vie d’un gouvernement minoritaire est de dix-huit mois. L’actuel gouvernement de Justin Trudeau atteindra cette échéance en avril.

Il fait peu de doute, qu’il soit ou pas renversé par l’opposition, il voudra profiter ce printemps de son plan de relance économique pour trouver prétexte à aller à la rencontre des électeurs… surtout si, avec une abondance acquise de vaccins anti-COVID, il flotterait dans l’air canadien comme un parfum d’immunité et peut-être un petit désir de retour de reconnaissance de la part des Canadiens à l’endroit du gouvernement.

C’est encore loin dans l’année, mais on peut raisonnablement penser qu’aux élections municipales, les masques seront tombés.

Une façon de dire que les esprits commenceront à se dégager des inquiétudes pandémiques et qu’on pourra pratiquer plus librement un sport national qui s’appelle les élections.

Des candidats masqués, qui ne peuvent vous tendre la main ou vous glisser des promesses verbales à l’oreille, ça peut susciter plus de méfiance que d’attrait.

On pourra probablement à l’automne voir la face des candidates et des candidats autrement que photoshopée sur les poteaux.

On ne peut pas encore dire si ce sera le pique-nique électoral dans toutes les villes, mais on sait qu’il y a plusieurs petites municipalités où on veut en découdre et que ça grenouille déjà beaucoup dans certaines villes, au moins à La Tuque et à Trois-Rivières.

Il est difficile de ne pas entretenir d’inquiétudes, même à moyen terme, pour le secteur économique.

Plus les règles restrictives s’étirent dans le temps, plus l’avenir d’un certain nombre d’entreprises devient en péril. On entend de tous côtés de nombreuses mises en garde avec certaines projections très pessimistes. Le moral est à plat chez certains.

C’est vrai pour certains secteurs de l’économie, mais pas pour tous. Le secteur industriel, entre autres, a été relativement épargné jusqu’ici et de La Tuque, en passant par Shawinigan, Trois-Rivières, Louiseville ou Bécancour, on a continué d’investir en 2020 et de nouveaux projets sont déjà annoncés pour 2021.

En fait, dès qu’il y aura libération de l’ensemble des activités, le problème sévère de recrutement de personnel qu’on connaissait en mars dernier, qui ralentissait la croissance de plusieurs entreprises, va réapparaître. À Trois-Rivières, le taux de chômage n’était qu’à 4,6 %.

Il faut quand même constater qu’après avoir monté à 13 % au début de l’été, le taux de chômage était déjà redescendu à 5,7 % en novembre.

On peut penser que dès qu’il y aura desserrement significatif du confinement, une partie de l’économie va s’emballer, comme on l’a vu à l’été 2020. Le monde aura le goût de sortir, de se rattraper.

Il faudra attendre pour voir si l’hécatombe commerciale appréhendée sera confirmée dans certains secteurs.

Il est à peu près acquis que le commerce au détail sera très éprouvé par la croissance de l’achat en ligne stimulée par la pandémie et des centres-villes qui seront lents à retrouver l’ensemble de leurs travailleurs. Les centres commerciaux ont perdu beaucoup de grandes chaînes et les centres-villes, de ce qu’on appelle les petits commerçants. L’immobilier commercial va souffrir.

De même, difficilement maintenue sous respirateurs artificiels, la restauration devrait redémarrer en trombe, mais en traînant plus d’endettement et du personnel plus dur à recruter. Le regret le plus souvent exprimé par le monde a été leur fermeture. On doit s’attendre à ce que les gens s’y précipitent dès leur réouverture. En attendant, on a vu cette semaine que malgré toute l’aide qu’on a pu leur apporter, nos restaurateurs sont à bout de nerf. Ils s’impatientent, à raison, de pouvoir ré-allumer pour de vrai et pour longtemps leurs fourneaux. À partir de quand?

L’hébergement sera lent à redémarrer et l’événementiel, si important dans la région, en particulier à Trois-Rivières, risque aussi de réclamer un certain temps avant de reprendre son ancienne ampleur.

Le soleil de l’été 2020 a été suivi de gros nuages. Prétendons qu’avec celui de 2021, on battra des records de luminosité. En attendant la transition, on a grand besoin, en se souhaitant la bonne année distancielle, de se convaincre que ce sera cette fois, pour de vrai, une merveilleuse bonne année… pour tous!