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Affaire de cirque... si Bob est content!

Après au moins deux mois de suspense, la Cité de l’énergie a enfin pu obtenir la confirmation du gouvernement du Québec d’une aide financière de 865 600 $ pour la réalisation de NEZHA, son prochain spectacle estival nocturne.

Grand soulagement mardi matin de la part du directeur général de la Cité, Robert Trudel. Le soulagement a probablement été plus grand de la part de la ministre Julie Boulet, de son entourage et de ses fonctionnaires. Quand on connaît la pugnacité de Robert Trudel, on peut imaginer qu’il a dû leur servir quotidiennement ou presque depuis décembre le supplice de la goutte chinoise pour qu’on lui lâche le morceau.

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Shawinigan... en attendant Ubisoft

Shawinigan aura rarement été un point de mire québécois comme elle l’a été depuis quelques semaines, et pour de bonnes raisons.

Une toute petite infirmière aux cheveux de couleur rose nanane, à l’allure de squeegee comme l’a décrite le coloré Pierre Mailloux sur les ondes du 106,9, dont on aura fièrement retenu qu’elle était originaire de Shawinigan, a contraint le gouvernement à mettre un genou à terre devant ses infirmières et à métamorphoser en presque gentilhomme son bouillant ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

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La force constabulaire

On reproche souvent aux policiers d’avoir parfois la gâchette un peu trop rapide. On pourrait peut-être reprocher aussi à l’opinion publique de dégainer, comme Lucky Luke, plus vite que son ombre, dès lors qu’un policier ou un agent de la paix est impliqué dans un incident qui a mal tourné.

On l’a vu encore une fois cette semaine au palais de justice de Maniwaki quand un constable spécial a atteint au visage d’un coup de feu un jeune prévenu de dix-huit ans.

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Soutien péquiste à des libéraux menacés?

À une semaine près, il y a quatre ans, la première ministre Pauline Marois s’offrait une arrivée plutôt spectaculaire à Shawinigan à bord d’un hélicoptère qui s’était posé en fin d’après-midi sur un terrain de la Cité de l’énergie.

L’opposition s’était vivement scandalisée de ce déplacement onéreux qui avait permis à la chef du gouvernement de venir en grande pompe distribuer des «bonbons préélectoraux», s’était-on indigné.

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Les milléniaux, il nous les faut

Alors qu’on la soupçonnait plutôt être en voie de s’installer confortablement dans son titre de capitale nationale de la marchette et du manger mou, en raison du caractère très vieillissant de sa population, voilà qu’on nous apprend que Trois-Rivières se classe dans le Top ten des villes canadiennes les plus attrayantes pour les milléniaux.

Les milléniaux, ce sont ces nouveaux jeunes, en gros ceux nés entre 1980 et 2000, que les sociologues, psychologues, pathologues et parfois même psychiatres, tentent de décrypter, pour les expliquer au reste de la population qui ne s’y retrouve pas toujours.

La Griffe à Beaudoin

Un plan patronal? Plus que probable!

Il y a maintenant deux questions qui se posent. D’abord, combien de temps va durer le conflit de travail à l’Aluminerie de Bécancour. La seconde: pourrait-on aller jusqu’à la fermeture de l’usine?

Même si, de l’extérieur, les parties ne semblaient pas tellement éloignées de la possibilité de s’entendre, les plus récents événements tendent à nous indiquer que la direction d’Alcoa et de Rio Tinto, son partenaire minoritaire dans l’ABI, ne semble pas pressée de voir son millier de lockoutés réintégrer leurs postes de travail.

La Griffe à Beaudoin

L’avenir incertain de l’A.B.I.

On ne peut qu’espérer que la livraison, par le M/V Federal Mosel, le premier navire à se présenter au port de Bécancour en 2018, de 11 500 tonnes métriques de coke de pétrole destinée à l’Aluminerie de Bécancour… soit utilisée.

La région va retenir son souffle, car c’est dans les prochains jours que les 1030 employés syndiqués devront se prononcer sur les offres dites globales et finales déposées par l’employeur quelques jours avant Noël, avec avertissement patronal qu’on n’est pas autorisé à aller au-delà de ce qui a été mis sur la table. Un genre d’ultimatum. 

Lock-out ? Grève ? C’est un vocabulaire, on pourrait dire presque routinier chez A.B.I., chaque fois qu’on entreprend les négociations pour le renouvellement de la convention collective. On y est rompu aux affrontements costauds et, comme ce fut aussi le cas la dernière fois, en 2012, on arrive aussi, en général, à s’entendre. 

On est capable, de part et d’autre, de jouer sur la corde raide. La roulotte de grève est déjà rendue sur place, au cas où et pour envoyer un message de la détermination des travailleurs à monter des piquets de grève, s’il le faut.

Il faut dire que les troupes du président de la section locale 9700, Clément Masse, apparaissent toujours comme les plus mobilisées dans le secteur industriel régional. Le marché mondial de l’aluminium n’est pas toujours à son meilleur, mais avec un prix de 2250 $ en ce début d’année, et une croissance annoncée assez solide de l’économie mondiale en 2018, le syndicat des Métallos profite d’un certain rapport de force. Les réserves mondiales d’aluminium sont par contre élevées en ce moment. 

Il fait quand même peu de doute que la rentabilité de l’usine est encore acquise, au moins à court terme. On comprend que la direction n’ait pas pu déplorer les conditions actuelles du marché de l’aluminium, mais plutôt expliquer qu’elle souhaitait disposer de conditions d’opération qui lui permettront de traverser de façon compétitive les prochains cycles du marché.

Les travailleurs de l’A.B.I. jouissent déjà des meilleures conditions de travail ouvrières de la région. Avec un salaire horaire de base de 40 $ l’heure et des conditions générales de travail exceptionnelles, ces employés font l’envie de beaucoup de gens en Mauricie et au Centre-du-Québec et même, de frustration pour certains et de jalousie pour d’autres.

Personne ne devrait se plaindre de cela. C’est autant d’argent qui est d’abord déversé dans la région qui irait autrement dans les poches d’un actionnariat très dispersé dans le monde. Ce qui manque toujours, ce sont des emplois de qualité. Chez A.B.I., on en a.

Justement ! Est-ce qu’on en a pour longtemps ? L’aluminerie est assurément rentable et pas en mauvais état. Mais on peut craindre qu’elle commence à manquer de modernité. On a investi des centaines de millions de dollars dans les autres alumineries du Québec pour les mettre à jour sur le plan technologique et pour accroître la production. On n’a rien vu de cela à Bécancour. On a plutôt l’impression qu’on use les lignes de production, à la faveur d’un prix élevé pour le métal et d’un dollar canadien faible.

Dans la présente négo, la volonté de l’employeur d’introduire un nouveau régime de retraite pour les futurs employés a été présentée comme le point le plus litigieux. Le gouvernement a d’ailleurs vaguement en projet d’adopter une loi qui interdira ce genre de clauses qu’on appelle «orphelines». 

En raison des nombreuses retraites à venir, l’A.B.I. devra éventuellement procéder à plusieurs centaines d’embauches. La compagnie voudrait donc en profiter pour alléger ses charges à venir.

Le syndicat a été jusqu’ici farouchement opposé à un tel changement, par principe, par conviction et par équité pour les futurs employés auxquels on veut pouvoir préserver les mêmes solides conditions de travail qu’on a actuellement. 

C’est magnanime. Mais ce qui aurait été davantage conséquent, ç’aurait été que toute concession à laquelle on aurait pu consentir soit assortie d’un engagement de la part d’Alcoa d’investir enfin dans la modernisation de l’usine.

Que le régime de retraite soit à prestations ou à cotisations déterminées, cela fait peu de différence si l’usine vivote et est sujette à une fermeture, aux premiers soubresauts du marché. Mise en exploitation en 1986, en raison de la faiblesse des investissements qu’on y a consentis depuis, l’A.B.I. est probablement l’aluminerie la plus fragile au Québec. Or, le syndicat n’a pas usé du militantisme exemplaire de ses membres pour réclamer des investissements et l’employeur n’a pas de son côté brandi une telle monnaie d’échange. 

On peut sourire quand on reconnaît le militantisme syndical soutenu des travailleurs de l’A.B.I. 

Quand on avait procédé à l’embauche des premiers travailleurs, ceux-là qui vont bientôt prendre leur retraite, on leur avait fait passer toute une batterie de tests avec des questions parfois douteuses comme combien de fois par semaine vous faites l’amour. Ça ne s’invente pas. L’idée était d’établir le profil du travailleur qui ne cherchera pas à se syndiquer. Et à la fin de la semaine de travail, avec tout le paternalisme patronal que cela impliquait, on laissait quelques caisses de bière en bordure de la rivière Godefroy à l’intention des ouvriers.

Un maudit bon boss ! Qui devint sans doute un incompris.

Coup de griffe : Fire and Fury. En furie, avec le livre explosif de son ancien conseiller Steve Bannon, Donald Trump l’est . Quant au feu, il l’a quelque part… et on ne va pas essayer de l’éteindre. 

Coup de cœur : Julie (Boulet) est pas fine de faire attendre Bob (Trudel) pour sa subvention. Il risque d’en perdre le dernier poil qu’il a sur la tête. Pire. De faire un numéro de cirque. 

La griffe à Beaudoin

Une économie au bord de l’emballement dans la région?

On avait pressenti que l’année 2017 allait en être une dans la région de transition vers une économie plus vigoureuse.

Il est difficile, à la lumière des nombreuses annonces d’investissements qui ont été réalisés ou en cours qui se sont reflétés, entre autres dans les statistiques de l’emploi, de conclure qu’il en a été autrement. L’économie régionale s’est même un peu emballée, ce qu’on n’avait pas vu depuis longtemps. 

Tant dans le domaine commercial, résidentiel qu’industriel, les investissements ont été considérables. Dans une analyse produite en novembre, Desjardins a évalué qu’ils avaient dépassé les 800 millions $.

Le secteur manufacturier a été particulièrement productif. On peut évidemment penser à Kruger qui a complété au coût de 250 millions $ la transformation pour la production de carton de la machine no 10, apportant en même temps une stabilité à long terme à son usine du boulevard Gene-H.-Kruger. Saint-Augustin Canada Électric, un fournisseur d’équipements électriques, a pour sa part confirmé un investissement de 28 millions $ pour la fabrication de panneaux solaires de haute technologie. Et il y en a eu beaucoup d’autres, dont au port de Trois-Rivières qui s’est métamorphosé depuis quelques années. 

Peu importe où l’on regarde dans la région, le secteur industriel a été actif. À Yamachiche, Olymel a grossi son projet d’agrandissement de sa division ATrahan pour consacrer, non plus 80 millions $ comme prévu au départ, mais 110 millions $ pour parvenir à doubler ses capacités d’abattage de porcs.

À Louiseville, on a mis en construction une usine de marijuana de 60 000 pieds carrés; à Shawinigan, sur le site de l’ancienne usine Laurentide, Nemaska Lithium a inauguré sa phase 1 et produit ses premières tonnes d’hydroxyde de lithium. À La Tuque, WestRock a mis en marche deux projets pour améliorer son efficacité énergétique et certaines technologies. Et conclut par la suite une entente de cinq ans avec son syndicat, ce qui assure une solide stabilité au premier employeur privé de la ville.

Plusieurs de ces projets vont être complétés en 2018, mais les choses ne vont pas s’arrêter là. L’année 2018 pourrait être encore plus explosive.

Les projets commerciaux et résidentiels se multiplient. On investit presque 50 millions$ dans ce qui deviendra le Centre d’événements et de congrès interactifs de l’hôtel Delta et plusieurs dizaines d’autres millions le seront au District 55, entre autres avec la mise en chantier du futur colisée qui coûtera plus de 50 millions $ à lui seul. Quant aux développements résidentiels, les promoteurs sont déjà actifs à Trois-Rivières comme à Shawinigan avec des projets qui se calculent par dizaines de millions$.

Si tout ce qui est en cogitation sur les plans industriel, commercial et résidentiel se confirme et se met en marche dans les mois qui viennent, 2018 va être phénoménale.

Depuis plusieurs années maintenant, on fait de grandes annonces au parc industriel et portuaire de Bécancour, mais on ne se rend jamais à la première pelletée de terre. On peut penser qu’il y a beaucoup de sérieux avec le projet de la Société internationale métallique qui voudrait produire, dans sa nouvelle usine, deux millions de tonnes par année de briquettes de fer pré-réduit à chaud. L’investissement requis est d’un milliard $ et créera 250 emplois permanents. D’autre part, le projet d’IFFCO, qui était en dormance, vient d’être modifié et relancé pour produire de l’urée, mais aussi du méthanol. Le projet initial d’IFFCO était de deux milliards$. Là aussi, si on arrive à la conclusion du projet, on créera plus de 200 emplois. 

De son côté, après sa première usine expérimentale, Nemaska Lithium devrait pouvoir entrer en phase de commercialisation, ce qui impliquera la construction d’une grande usine qui nécessitera un investissement évalué à 310 millions $. 

Et s’il fallait que le projet depuis longtemps caressé à La Tuque d’une bioraffinerie pouvant produire du diesel à partir de résidus forestiers, qui est très avancé, se réalise, on pourrait bien ne plus reconnaître la Mauricie.

Il va falloir des cerveaux et des bras. Ce sera le grand défi: accroître de façon importante et vite le potentiel en ressources humaines et parvenir à offrir, pour y arriver, des conditions d’emploi convaincantes.

On a pu s’étonner, mais la Mauricie a affiché un taux de chômage moyen autour de 6 pour cent en 2017, légèrement inférieur dans les derniers mois à la moyenne québécoise. On n’est pas loin du plein emploi théorique. Mais cela veut aussi dire qu’on touche à la limite de la force de travail. Il y a encore un peu de place, car le taux d’activité, c’est-à-dire le pourcentage de travailleurs actifs par rapport aux 18-65 ans aptes au travail est resté sous la barre des 60 pour cent alors que la moyenne québécoise approche des 65 %, des niveaux que l’on ne voyait autrefois qu’en Alberta. 

Le coût de la vie encore très abordable et un accès facile aux services publics, à la culture ou aux activités sportives et de détente peuvent expliquer que la région a moins besoin d’être besogneuse qu’ailleurs pour bien vivre ou se la couler douce. 

Il faudra quand même que ça change. La qualité de vie de la région a certes constitué un facteur d’attraction, mais pas vraiment pour la relève ouvrière et professionnelle. C’est que le profil économique du Mauricien, comme du Centriquois, est loin d’être édifiant. Quand le revenu disponible par habitant est parmi les plus bas du Québec, ça ne donne pas le goût très fort aux jeunes qui entrent sur le marché du travail de venir s’y établir ou d’y demeurer quand ils sont originaires de la région. 

Pour les séduire, il faut pouvoir leur proposer des conditions de départ alléchantes et presque concurrentielles avec celles de Québec et de Montréal, mais en plus des perspectives d’avancement et de carrière bien réelles et pour les deux membres d’un couple, lorsqu’ils en forment un.

Les organismes de développement économique s’y attellent. On a parlé de pénurie de main-d’œuvre en 2017. On l’a constaté dans la quantité d’offres faites lors des salons de l’emploi. Jusqu’à 1400 postes disponibles lors du Salon de l’emploi Trois-Rivières-Bécancour. La clé du succès n’est plus dans les terrains ou les conduites d’eau et d’égout industriels qu’on pourrait faire valoir comme dans une certaine abondance de jeunes femmes et hommes bien formés, aptes et désireux de travailler ici. 

La région s’est mise en mode séduction. Après les ententes entre Trois-Rivières et Bécancour sur la promotion économique, Trois-Rivières et Shawinigan travaillent à leur tour ensemble pour importer de la main-d’œuvre. 

On a parlé de projets d’investissement, mais il y a déjà une multitude de plans d’agrandissement d’usines ou d’accroissement de production qui ont dû être repoussés, faute de capacités à pouvoir combler les postes additionnels que cela impliquait. 

Bien sûr, il y a quelques nuages gris qui planent au-dessus de l’économie régionale comme les ententes sur le libre-échange et sur le bois d’œuvre avec les Américains

Mais dans l’ensemble, ça ressemble plutôt à du en avant toute… Sans compter que 2018 sera une grande année d’élection générale au Québec et que les partis politiques ont eux aussi une grande opération séduction à mener, dans une région qui sera peut-être déterminante sur la désignation du prochain gouvernement. 

La griffe à Beaudoin

Pour notre plaisir et leur martyre

On aurait pu penser que l’année 2018 en serait une de réconciliation au municipal, une fois l’épreuve électorale de l’automne traversée, puisque tous les adversaires n’ont pas toujours été gentils les uns envers les autres. Du moins à Trois-Rivières, on ne se souhaitera pas bonheur et santé, encore moins la paix. La prochaine année sera encore électorale. Cette fois au provincial. Notre valeur citoyenne va encore prendre de l’ampleur. On va encore nous dire qu’on est beau, fin et qu’on veut notre bien. Avec des sourires élargis et des poignées de main qui semblent bien chaleureuses. Comme on le suggérait l’année passée, gardons-nous un peu de Purell, au cas où. En attendant, on peut bien donner quelques petites tapes dans le dos à nos valeureux élus.

Le maire enfumé

Puisqu’il en a déjà fumé, de façon thérapeutique se défend-il, – pour soigner quoi, au juste, on ne le sait trop –, on va souhaiter au maire Yvon Deshaies d’obtenir des rabais sur le pot qui sera produit dans sa ville. Il pourrait en même temps négocier aussi des prix pour ses contribuables, ce qui serait assurément apprécié de plusieurs. Et peut-être pourrait-il même, à l’inauguration de l’usine, inviter son idole Donald Trump. Un gros «pétard» de Louiseville Gold, ou de Loulou Gold, pour faire sexy, ne lui ferait sûrement pas de tort. 

La griffe à Beaudoin

Affaires de cirques: numéro périlleux

«La seule affaire que je peux répondre à mon ami Yves Lévesque», en insistant sur le mot ami, «c’est que s’il veut une subvention, il a juste à en demander une», a-t-il répliqué à la radio du FM 106,9, avant d’offrir, plus suavement, d’y apporter son aide, si elle pouvait être utile.

Le bouillant Robert Trudel commentait, avec une pointe de sarcasme, la sortie outrée qu’avait faite la veille le maire de Trois-Rivières en apprenant que la Cité de l’énergie serait à toutes fins utiles qualifiée pour obtenir une subvention du ministère du Tourisme. 

Tant que cette contribution gouvernementale, qui pourrait atteindre 750 000 $, était requise pour aider à produire le prochain spectacle nocturne de la Cité, tout le monde était d’accord. 

Mais quand Robert Trudel a révélé qu’il avait conclu une entente avec le Cirque Éloize, son «bon ami» le maire de Trois-Rivières a explosé et à sa suite, le directeur général de l’Amphithéâtre Cogeco, Steve Dubé a senti le besoin d’expliquer que l’appui apporté en soutien à la demande de subvention de la Cité pour son spectacle aurait été analysé bien différemment si on avait su que c’était pour un spectacle de cirque.

Pour l’instant, Robert Trudel s’en est tenu à quelques pointes d’humour et de sarcasme à l’endroit de son «chum» de Trois-Rivières. Parce qu’il est toujours convaincu que sa demande de subvention est pleinement justifiée et blindée et qu’elle sera confirmée dans l’ordre de grandeur qu’il a réclamée, soit autour de 750 000 $.

Trudel est peut-être allé un peu vite en affaires, c’est son genre, en concluant son entente de cinq ans avec le Cirque Éloize sans attendre la confirmation de sa subvention et du montant qui y sera effectivement rattaché. On peut se douter qu’il avait plus qu’un bon pressentiment que tout était bien ficelé, d’autant qu’il se trouve que la ministre du Tourisme est Julie Boulet, députée de Laviolette.

Chaque fois qu’on y a monté dans le passé un nouveau spectacle estival, la Cité a toujours reçu de Québec l’aide financière qui lui était nécessaire. Ce serait bien un comble qu’il en soit autrement cette fois-ci, quand on a la ministre du Tourisme dans sa cour et qu’elle aspire être la candidate libérale l’an prochain de la nouvelle circonscription de Laviolette-Saint-Maurice. 

Ce serait toute une coche mal taillée à inscrire au dossier de Julie Boulet. Quand elle était aux Transports, la région était semble-t-il devenue la mieux asphaltée du Québec. Il faudrait bien qu’il y ait quelques concordances en ce sens en Tourisme. On ne peut aller en deçà des équivalences par rapport au passé…

Il y a pourtant un risque qui plane. Non seulement la ministre n’a pas laissé entendre que la subvention à la Cité, ce n’était plus qu’une formalité, elle a plutôt fait savoir qu’elle avait demandé à son sous-ministre de revoir le dossier. Pour s’assurer qu’il cadrait bien à l’intérieur de la stratégie événementielle du ministère. En réalité, pour apaiser un peu Yves Lévesque, avec lequel elle s’est toujours plutôt bien entendue. 

C’est un exercice très périlleux. 

S’il fallait qu’à l’issue de la «révision», la subvention attendue soit lourdement amputée ou même retirée, ce serait un drame.

On peut penser que Robert Trudel s’emparerait de son dragon cracheur de flammes qui ne sert plus et qu’il descendrait à Trois-Rivières pour faire brûler vif le maire de la ville, son «ami».

Il est vrai, comme le hurle Yves Lévesque, qu’il n’y a guère de différence entre le Cirque du Soleil et le Cirque Éloize, en ce sens que tous les deux présentent un spectacle exclusif et saisonnier et qu’ils sont, pour leur ville et la région, des locomotives touristiques. Qu’on les nomme «attrait» ou «diffuseur culturel», ça restera de la sémantique bureaucratique. 

Il est parfaitement justifié d’affirmer que l’Amphithéâtre Cogeco, avec le Cirque du Soleil, répond à tous les critères de la Cité de l’énergie avec la venue du Cirque Éloize. Cirque pour cirque…

«C’est déloyal», s’offusque le maire de Trois-Rivières. Voilà le problème. On peut penser que ce que Trois-Rivières veut, à la lumière de ce qu’on sait maintenant, c’est profiter du même traitement que la Cité. Sauf que de la façon dont on le dit, ça semble aussi vouloir dire que la Cité ne devrait pas pouvoir profiter d’une telle aide financière de Québec. 

Déjà que politiquement, Trois-Rivières et Shawinigan se regardent souvent de travers, s’il fallait que la violente sortie d’Yves Lévesque ait comme conséquence de faire perdre à Robert Trudel sa subvention, ça ne serait pas beau à voir.

Les deux hommes se sont toujours entendus jusqu’à maintenant comme larrons en foire. On est à tu et à toi et on se prend par le cou quand on se rencontre.

En 2008, alors que des gens lui prêtaient quelques intentions de se présenter à la mairie de Shawinigan, Robert Trudel avait répondu à la blague qu’aussitôt élu, il ferait en sorte que sa ville soit fusionnée à Trois-Rivières afin de laisser «toute la place à Yves Lévesque».

Deux ans plus tard, on le verra apporter son soutien au Grand Prix de Trois-Rivières et s’impliquer personnellement dans les efforts de l’organisation pour obtenir de meilleures contributions gouvernementales. 

Il faut dire que Robert Trudel s’est toujours révélé d’une édifiante efficacité dans ce type de démarchage. Au fil des ans, il a largement dépassé les 50 millions $ de subventions, tant du côté de Québec que de celui d’Ottawa, pour la Cité de l’énergie. 

On ne s’étonnera pas qu’à la présidence d’une campagne de souscription, il ait arraché un chèque de 10 000 $ de la Ville de Trois-Rivières que son ami Lévesque était venu lui remettre en personne. La conséquence en a été que Robert Trudel a dû respecter la promesse qu’il avait faite d’exhiber sur scène son arrière-train s’il atteignait l’objectif de financement qu’il avait fixé. Le montant atteint par la collecte y était inscrit… sur les fesses.

Rassurons-nous et calmons-nous, ça a été vite fait. Et il n’y a pas eu de rappel venant de l’assistance.

Si le maire de la Cité de l’énergie perdait une subvention acquise à cause de Lévesque, il baisserait peut-être à nouveau son froc… pour lui faire dessus.

Coup de cœur: On va souhaiter un bon anniversaire et encore une longue vie au pont de Trois-Rivières qui aura 50 ans mercredi.

Coup de griffe: C’est fou les limousines ministérielles qui roulent en Mauricie ces temps-ci, avec souvent plein de beaux dollars dans les valises. On se demande bien pourquoi on est devenu si fréquentables.