Chroniques

Autrement dit

Le chiffre: 400

Nombre approximatif de chats dont la mort mystérieuse était attribuée à un «tueur en série», à Croydon, dans la banlieue de Londres, depuis 2014. La cruauté de celui qui avait été baptisé «l’éventreur de Croydon», semait l’inquiétude. Après la découverte de plusieurs dépouilles de félins horriblement mutilées, la théorie du dangereux psychopathe avait fait son chemin. On redoutait que le tueur passe à une autre étape, pour s’en prendre aux humains. Il a fallu trois ans d’enquête aux détectives de Scotland Yard pour dénicher le coupable. Ou plutôt les coupables, puisqu’il s’agissait de… renards. Vous devriez refaire votre élémentaire, mon cher Watson.

Source: Le Monde

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La comparaison

Proportion des Américains estimant plus facile d’éduquer un garçon qu’une fille

En 1941: 42 %

En 2018: 54 %

Source: Gallup

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La punition: 20 ans de prison

Peine maximale qui pourrait être imposée à deux pompiers du Venezuela pour avoir diffusé une vidéo dans lequel un âne joue le rôle du président du pays, Nicolas Maduro. À la blague, on dit que le juge pourrait laisser tomber les accusations «d’insulte au président». Par contre, il ne leur pardonnera jamais d’avoir révélé un secret d’État.

Source: Agence France-Presse

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Actualités

Autrement dit

L'INSTANT PRÉCIS

11h32, le 17 juin 2018

Moment où les sismographes de la région de Mexico ont enregistré une vibration suspecte. Le léger mouvement, qui n’avait rien à voir avec un tremblement de terre, coïncidait avec l’explosion de joie provoquée par un but du Mexique, contre l’Allemagne, à la Coupe du Monde de soccer. N’exagérons rien. Tout compte fait, la secousse était un million de fois moins puissante que le tremblement de terre d’une magnitude de 8,0, qui avait dévasté la ville de Mexico, en 1985.

Source : USA Today

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Chronique

Le G7, une farce grotesque

CHRONIQUE / Quoi qu’il arrive, les «experts» de la sécurité vont gagner le G7.

Si la violence éclate, ils diront que sans les mesures de sécurité mises en place à La Malbaie et à Québec, les choses auraient été pires. À l’opposé, si tout se déroule paisiblement, ils expliqueront que c’est grâce à eux que la région a évité l’apocalypse.

Peuvent pas perdre, je vous dis. Pour le G7, le Canada a prévu un budget de 605 millions $, incluant les réunions préparatoires. Voilà ce qui s’appelle un pactole. Un vrai.

Bien sûr, des esprits chagrins s’indignent que l’on engloutisse des centaines de millions de dollars pour deux jours de discussions. Après tout, même les empereurs du 19e siècle se montraient plus économes, lors de leurs déplacements. Mais il est vrai que ces dinosaures ne connaissaient pas des merveilles comme le gaz lacrymogène ou la «zone» clôturée réservée aux manifestants, à La Malbaie. Alors ça ne compte pas vraiment.

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Ne nous égarons pas. Au début, le G7 de La Malbaie devait être une affaire diplomatique. À la fin, il tourne à l’orgie policière.

Dans Charlevoix, une partie de La Malbaie est clôturée, quadrillée, occupée. Plus de 8000 policiers et militaires montent la garde. Et ça n’inclut pas la garde côtière, qui patrouille une «zone d’exclusion maritime» s’étendant jusqu’à trois kilomètres du rivage, entre Cap-à-l’Aigle et Saint-Irénée. Même la circulation en kayak y est interdite, du 1er au 10 juin.

On ne pratique pas encore la fouille à nu sur les bélugas, mais chut! ça pourrait donner des idées…

À 150 kilomètres de distance, le centre de la ville de Québec n’est pas épargné. Par mesure de précaution, les écoles sont fermées. Environ 10 000 fonctionnaires ont été mis en congé. Les travaux de l’Assemblée nationale ont été suspendus. Tous les policiers de la ville sont en service…

Ce branle-bas de combat, c’est pour protéger la rencontre de combien de grands leaders, déjà? Ah oui, sept. Mais quand on y pense, ce petit nombre constitue une chance. S’ils étaient 100, il aurait fallu fermer Montréal, Boston et peut-être New York. Comme disaient Jacques Prévert: «même assis, ça n’aurait pas tenu debout».

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Entre nous, il faut une imagination débordante pour trouver des bons côtés à une farce aussi grotesque. Peu importe, car le gouvernement du Canada excelle dans l’art de faire passer les miettes tombées de la table pour des diamants bruts.

Faut-il parler des futures retombées touristiques que l’on fait miroiter aux gens de Charlevoix? À croire que les journalistes étrangers, que l’on déplace en convois, comme des prisonniers dangereux, vont avoir le temps de faire du tourisme. Sans parler des millions de gens qui devraient apercevoir le décor enchanteur derrière les grimaces de Donald Trump? 

J’exagère? Que ceux qui se souviennent du nom de Taormine, la petite ville de Sicile qui a subi le G7 l’an dernier osent dire le contraire.

Pfff. Quand à ceux qui sont parvenus à nommer la petite ville japonaise qui avait accueilli la réunion en 2016, je les soupçonne d’avoir triché.

Quoi? Espérer des retombées touristiques à long terme du G7? Ça rappelle le nigaud qui laisse tomber une rose au fond du Grand Canyon, en croyant qu’il entendra l’écho.

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Loin de moi l’idée d’affirmer que le G7 constitue un club totalement archaïque, sur le modèle des bisons des prairies, chers aux Pierrafeu. Ces jours-ci, des experts croient même que les sept leaders du G7 peuvent rafistoler le commerce mondial.

On peut rêver. Mais si le monde est devenu à ce point dangereux qu’il faut paralyser une région entière pour protéger le Sommet du G7, peut-être qu’il faudrait trouver une nouvelle formule?

Une île déserte? La téléconférence? Un engin en orbite?

Stop. Je sais. Ça ne se produira pas. Espérer que les grands de ce monde se préoccupent de ce genre de détails, ça semble complètement vain. 

Pour reprendre l’expression consacrée, vous faites mieux d’occuper votre temps à la recherche des portes-patios dans les sous-marins.

Chronique

Autrement dit

LE POURCENTAGE

50 %

En Australie, c’est la proportion des koalas qui seraient infectés par la chlamydia, une infection transmissible sexuellement.

Source : News South Wales Governement (nsw.gov)

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Chronique

Autrement dit

LA COMPARAISON

À quelle vitesse avancent-ils?

0,37 mètre à l’heure : vitesse moyenne de l’astro laboratoire roulant Curiosity, depuis son atterrissage sur Mars, le 6 août 2012

3,6 mètres à l’heure : vitesse moyenne d’un escargot de Bourgogne

1000 mètres à l’heure : vitesse atteinte par la tortue léopard Bertie, qui détient le record mondial de son espèce.

Source : The Telegraph

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Chronique

La pêche à la baleine avec une ficelle de laine

CHRONIQUE / Ces jours-ci, le gouvernement Couillard annonce triomphalement la création d’une escouade de 75 «experts» pour lutter contre la fraude fiscale, notamment dans les paradis fiscaux. Sur le communiqué officiel, le slogan de Revenu Québec claque comme un coup de fouet : «Juste. Pour tous». Il promet aussi «une vision, des actions».

Snif. Il ne manque que des violons, un drapeau qui flotte au ralenti et le crépitement d’un feu de camp pour que snif, on se mette à pleurer, tellement c’est beau.

Hum. Ressaisissons-nous. Est-ce à dire que les jours des paradis fiscaux sont comptés? Ou que les adeptes de «l’évitement» fiscal doivent prendre le premier avion pour les îles Caïmans? 

Pas tout à fait. Au Québec, pour chaque fonctionnaire du Revenu qui travaillera à récupérer l’argent planqué dans les paradis fiscaux, il y en aura TROIS de l’Emploi, du Travail et de la Solidarité sociale qui feront la chasse aux fraudeurs de l’aide sociale. Trois pour un! Bref, la chasse au fraudeur du B.S. triomphera encore par un score de 220 à 75. Tout ça, même si la fraude internationale représente un somme beaucoup plus élevée que celle de l’aide sociale.

D’accord, je vous le concède. Il ne faut pas mélanger des problèmes très différents. Sans compter qu’en matière d’aide sociale, la mission du gouvernement apparaît bien différente. Chaque fois que le bénéficiaire aperçoit une lueur au bout du tunnel, il faut se dépêcher de rallonger le tunnel.

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Blague à part, il faut se pincer pour y croire. Après des années d’inaction, voilà que le gouvernement du Québec joue les grands défenseurs de l’équité fiscale entre les riches et les pauvres.

Tant mieux. Mais les apparences sont contre lui. Depuis des années, l’administration publique n’a cessé de valoriser la traque du menu fretin. Au point où plusieurs ministres semblaient fiers de mener la chasse au fraudeur de l’aide sociale, devenu une sorte de symbole, de trophée. 

Au diable les scrupules. Encore aujourd’hui, le Portail officiel du Québec propose un outil pour «dénoncer un prestataire d’aide financière de dernier recours». Rapide. Facile. En moyenne, selon des chiffres obtenus par La Presse canadienne, le ministère reçoit un déluge de 11 000 dénonciations par année. À peine une sur six serait fondée.

Et que dire des nombreux chambardements de l’aide sociale, qui consistent souvent à enlever d’une main ce qu’on donne avec l’autre? Il y a quelques jours, Le Devoir révélait que les personnes handicapées vivant dans un lieu classé comme «ressources intermédiaires» (RI) ont vu leur chèque d’aide sociale augmenter de 73 $ par mois. Mais comme par hasard, la Régie de l’assurance maladie vient d’augmenter leur contribution mensuelle d’un peu plus de 73 $ par mois. 

C’était quoi, le slogan de Revenu Québec, déjà? Ah oui : «Juste. Pour tous.»

Évidemment, on dira que l’indécence reste une question de point de vue. Après tout, comme disait l’écrivain Robert Sheckley : «Du point de vue de la carotte, le lapin constitue la parfaite incarnation du mal».

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Il n’empêche. En matière de lutte contre la fraude fiscale internationale, le gouvernement du Québec s’est longtemps fié au «grand frère» d’Ottawa. Une idée étrange, puisque l’efficacité du gouvernement fédéral ne dépassait pas celle du gars qui pêche la baleine avec une ficelle de laine. 

De 2006 à 2012, selon un document déposé à la Chambre des communes, l’Agence du revenu du Canada a épinglé un grand total de 44 fraudeurs en rapport avec de l’argent ou à des biens détenus à l’étranger. Environ sept par année, sur un grand total de 28 millions de contribuables. Tout bien calculé, les probabilités de se faire pincer ne dépassaient pas une sur 4,4 millions. Autrement dit, il était six fois plus probable d’être frappé par une météorite.

Plus récemment, le gouvernement fédéral a multiplié les échanges d’informations avec des paradis fiscaux. Sans que le public obtienne des réponses à certaines questions troublantes. Par exemple, pourquoi les compagnies canadiennes emploient-elles en moyenne 2700 personnes pour chaque milliard de dollars investi en Allemagne, alors qu’elles n’emploient qu’une seule personne pour chaque milliard investi aux Bermudes? 

Pas étonnant que la dernière blague à la mode s’amuse des hésitations de l’administration fédérale. «Devant les sommes énormes qui sont détournées vers les paradis fiscaux, le premier ministre Justin Trudeau annonce qu’il ne rigole plus avec la fraude fiscale. Il évoque de lourdes peines de prison. Il insiste pour dire que les fraudeurs seront détenus dans des établissements très inhospitaliers.

— Promis, juré, a-t-il dit. On n’y retrouvera que neuf trous de golf, au lieu d’un parcours complet.»

Actualités

Churchill: fabrication d’un mythe

Il inspire le cinéma et la télé. Il passionne les historiens. Il fait rêver les politiciens. Mais qui était vraiment Winston Churchill? Un héros? Un salopard? Un dinosaure? Une tête de pioche? Un alcoolique? Un grand leader? Tout cela en même temps? Retour sur la fabrication d’une légende politique.

Cinquante-trois ans après sa mort, le culte de Winston Churchill bat son plein. Les groupies s’arrachent tout ce qui lui appartenait. Cet automne, un cigare à moitié fumé, précieusement conservé depuis 1947, s’est envolé pour 15 000 $CAN. L’un de ses dentiers a été vendu 28 000 $. En décembre 2014, une toile peinte par Churchill lui-même, intitulée Le bassin de poissons rouges à Chartwell, a été adjugée pour 3,3 millions $. [1]

Pas si mal pour un «artiste» que les critiques décrivaient comme «un peintre du dimanche possédant un certain talent». [2]

Churchill règne aussi sur le monde des livres. Récemment, un historien britannique a dénombré 1010 biographies qui lui sont consacrées. [3] La plus complète totalise 25 000 pages. Chaque détail de la vie du grand homme a été disséqué. On trouve des livres sur ses hôtels de prédilection, ses vins préférés et sa technique de peinture. L’an dernier, un article de la revue scientifique Nature se posait une question existentielle : «Que pensait Winston Churchill des extraterrestres?» [4]

Churchill! Tous les politiciens rêvent de lui ressembler. En 2002, il a été élu le plus grand Britannique de tous les temps. Devant William Shakespeare. L’an dernier, l’un des premiers gestes de Donald Trump à la Maison-Blanche consistait à ramener un buste à l’effigie du vieux lion dans le salon ovale. [5] Signe des temps, une application mobile est intitulée Think Like Churchill [Pense comme Churchill]. Grâce à elle, tout le monde peut s’exercer à réagir comme l’idole. [6]

Penser comme Churchill? Vaste projet. Churchill, c’est le leader qui a refusé de négocier avec Hitler, aux heures les plus noires de la Seconde Guerre mondiale. Mais c’est aussi le polisson qui se moquait du chef de la France en exil, Charles de Gaulle, en le comparant «à un lama femelle qui sort de son bain».

«Un fakir à moitié nu»

En général, les films et les portraits de Churchill se concentrent sur le personnage héroïque de la Seconde Guerre mondiale. Et pour cause. Jusqu’en 1940, la carrière politique de Winston Churchill se résume à une série d’échecs et d’erreurs de jugement. Un brin résigné, l’ami Winston s’en amuse. «Le succès consiste à aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme», se justifie-t-il.

En 1915, à titre de premier Lord de l’Amirauté, il ordonne une expédition catastrophique en Turquie. Plus de 45 000 soldats alliés se font massacrer. [7] En 1925, alors qu’il est chancelier de l’échiquier (ministre des Finances), il porte un coup terrible à l’économie en rétablissant la parité entre l’or et la livre britannique. «La plus grande erreur de ma vie», admet-il, dans un rare moment de modestie. [8] À l’époque, la réputation de Churchill est si mauvaise qu’on disait que s’il devenait ministre du Sahara, le désert souffrirait bientôt de manque de sable.

Un grand visionnaire, le Churchill des années 20 et 30? Autant rêver qu’un poisson remporte un championnat de cyclisme. Faut-il évoquer son opposition farouche au droit de vote des femmes, en 1928? Ou son racisme indécrottable? Monsieur n’aimait pas les Noirs. Ni les Juifs. Il détestait tout particulièrement les Indiens, des gens «bestiaux» indignes d’être libres. En 1931, il décrit Gandhi comme un avocat séditieux de faible envergure qui joue au «fakir» et qui ose se tenir «à moitié nu» sur les marches du palais du vice-roi des Indes. [9] 

Avant la Seconde Guerre mondiale, le futur héros collectionne les déclarations racistes comme d’autres collectionnent les papillons. En 1937, il se demande «quel mal a pu être infligé aux Indiens d’Amérique et aux aborigènes d’Australie […] puisqu’une race supérieure a pris leur place». Quelques années plus tôt, en 1920, il se désole que ses collègues ministres n’osent pas employer les armes chimiques pour réprimer un soulèvement arabe, en Irak. «Je ne comprends pas la répugnance à utiliser les gaz toxiques, écrit-il. Pour ma part, je soutiens fermement leur utilisation contre des tribus non civilisées.» [10]

En 1936, le premier ministre britannique Stanley Baldwin avait résumé la méfiance quasi généralisée à l’endroit de Winston Churchill. «[Quand Winston est né], de nombreuses fées se sont penchées sur son berceau pour lui attribuer des dons : l’imagination, l’éloquence, l’énergie, l’adresse, etc. Mais une fée dissidente s’est interposée. “Personne ne mérite autant de qualités!” s’est-elle exclamée. Alors elle a imposé une pénalité au prodige. Pour compenser ses dons exceptionnels, Winston sera dépourvu de jugement et de sagesse.» [11]

La fin du commencement

Aujourd’hui, le monde s’enthousiasme pour le Churchill qui devient premier ministre en mai 1940, aux heures les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale. On admire le leader qui donne l’heure juste en révélant qu’il n’a rien d’autre à offrir que «du sang, du labeur, des larmes et de la sueur». On salue le tribun qui s’exclame, en 1942, après la victoire d’El Alamein : «Ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le commencement de la fin. Mais c’est peut-être la fin du commencement.» 

Reste que les qualités de Churchill s’accompagnent de manies que notre époque jugerait incompatibles avec les fonctions de premier ministre. «Winston Churchill a l’habitude de déjeuner au lit et de rester allongé — parfois jusqu’à 13h — avec une secrétaire et une machine à écrire à ses côtés», écrit un historien. [12] De plus, sa consommation effrénée d’alcool causerait le scandale. Il a été calculé qu’entre 1908 et 1914, Monsieur dépensait en moyenne 180 000 $ [en dollars canadiens d’aujourd’hui] par année pour acheter du vin. L’équivalent de trois fois le salaire moyen en Angleterre. [13]

À la blague, on disait qu’Hitler n’avait pas vaincu Churchill, mais que le champagne avait bien failli réussir. [14] Récemment, on a découvert que plusieurs de ses fameux discours de la guerre avaient été lus à la radio par... un acteur! Officiellement, le premier ministre n’avait pas le temps de se déplacer en studio. Officieusement, les mauvaises langues suggèrent que la mystification était rendue nécessaire par la consommation ­d’alcool du premier ministre. Monsieur aurait eu l’élocution trop pâteuse pour jouer un héros crédible du monde libre. 

Allez savoir. «J’ai beaucoup plus abusé de l’alcool que l’alcool n’a abusé de moi», plaisantait Churchill. Même qu’à la fin de sa vie, avec son humour habituel, il en rajoutait : «J’avais le choix de finir mon existence comme alcoolique ou comme député. Dieu merci, je ne suis plus député!»

Chronique

Si c’est pas Oprah…

Oprah Winfrey est connue comme la reine des talk shows. La papesse du divertissement. La patronne d’un empire de l’empathie, du régime minceur, du médicament miracle et de la pop-psycho. Dimanche soir, il a suffi d’un discours électrisant, prononcé lors du gala des Golden Globes, pour qu’une partie de l’Amérique rêve soudain de la voir présidente. Dès 2020. Une autre preuve de l’incroyable popularité de celle que le monde entier surnomme «Oprah». Mais aussi un symptôme de l’état de délabrement du Parti démocrate…

Oprah Winfrey! ll suffit de prononcer ce nom pour faire apparaître des étincelles dans les yeux des démocrates les plus blasés. Dites Oprah et tout devient possible. Dites Oprah et le vilain farfadet Donald Trump disparaît en fumée. Dites Oprah et le gratin d’Hollywood se met à rêver d’un pays nouveau, avec des rivières de miel, des nuages de barbe à papa et des fontaines de chocolat.

Une chroniqueuse du Washington Post s’est gentiment moquée de cette soudaine Oprahmanie. «[…] Quand Oprah parle, la moisson devient abondante. Les cœurs s’enhardissent, les lapins ouvrent les yeux, les crocus émergent de la terre gelée et une musique lointaine se fait entendre, portée par une douce brise. Bref, le printemps est enfin arrivé.» (1)

Depuis des années, la candidature possible d’Oprah Winfrey à la présidence agitait périodiquement les médias. Les démentis de la vedette n’y changeaient rien. «Je ne serais jamais candidate à une fonction politique, avait-elle répété, au mois d’octobre, lors d’une entrevue à la chaîne CBS. Peu importe. Dimanche soir, après son discours des Golden Globes, la machine à rumeurs s’est emballée à nouveau. Telle une étincelle dans une poudrière.

Aujourd’hui, la possibilité d’un duel au sommet Donald Trump-Oprah Winfrey donne des palpitations aux actionnaires des grands médias. Le show du siècle. L’ultime télé-réalité. L’équivalent du combat légendaire entre George Foreman et Mohamed Ali, mais en version politique. Et le pire, c’est que les élections présidentielles n’auront lieu que dans trois ans…

Votez Bugs Bunny

Pour le Parti démocrate, le bla-bla entourant la candidature d’Oprah Winfrey constitue une aubaine. Une diversion utile, au moment où le Parti traverse sa période la plus sombre depuis les années 20. La défaite de 2016 a fait mal. Cet automne, le Parti affichait encore une dette de plus de 3,5 millions $. Pire, pour chaque dollar qu’il parvient à grappiller, ses adversaires républicains en récoltent deux (2).

En dehors des grandes villes, dans les états du Sud et du Centre, le Parti démocrate ressemble souvent à un mourant placé sous un respirateur artificiel. (3) Sur les 50 postes de gouverneurs d’un état, à peine 15 sont occupés par un démocrate. Signe des temps, les Démocrates ont eu de la difficulté à se dénicher un candidat en vue des élections au poste de gouverneur du Texas, qui auront lieu en novembre 2018. 

Personne ne voulait aller à l’abattoir. Il faut dire que l’état n’a pas élu un gouverneur démocrate depuis 1990. (4)

D’accord. Il y a une lueur au bout du tunnel. Et il ne s’agit pas nécessairement d’un train arrivant en sens inverse. Le 7 novembre, les Démocrates ont fait belle figure lors des élections locales en Virginie. De plus, ils ont réussi à faire élire leur candidat, Doug Jones, au poste de sénateur de l’Alabama. Un exploit jugé aussi improbable que celui d’assembler une boule de neige en enfer.

Doucement. Ne sortez pas le champagne et les confettis trop vite. En Alabama, la campagne du candidat républicain a été torpillée par des soupçons d’agressions sexuelles contre des mineures. Malgré le scandale, le démocrate ne l’a emporté que par une fragile majorité de 21 900 votes. Moins que les 22 000 électeurs qui ont préféré s’abstenir en inscrivant le nom d’un candidat fictif sur leur bulletin de vote. 

Parmi ces candidats, signalons Jésus, l’entraîneur de football Nick Saban, le général sudiste Robert Lee et bien sûr, l’increvable Bugs Bunny. (5)

Oprah à la rescousse

Aux yeux de certains démocrates inquiets, la candidature d’Oprah Winfrey permettrait à leur Parti de prendre un raccourci vers le pouvoir. En évitant les les crises existentielles et les querelles idéologiques. Les plus frileux disent même que cela permettrait d’éviter de soumettre le Parti à un processus digne du supplice de la goutte d’eau!

L’ancienne reine des talk-shows respire l’optimisme. Plus que tout, elle semble en mesure de gagner. Cette semaine, un sondage lui donne 48 % des suffrages, contre 38 % à Donald Trump. (6) Pas étonnant que ses partisans évoquent aussi «l’effet Oprah», son extraordinaire capacité à influencer. Lundi, le lendemain de son discours des Golden Globes, les actions de Weight Watchers, une compagnie qui lui est très associée, ont bondi de 12,5 %. (7)

«Oprah fait vibrer. Oprah donne la chair de poule. C’est son métier, a résumé le chroniqueur Frank Bruni, dans le New York Times. […] En 2020, le [candidat démocrate] devra être inspirant. […] Il devra irradier l’empathie. À la fin, peut-être que la personne choisie ne sera pas Oprah. Mais elle devra être Oprah-esque.» (8)

Reste que l’arrivée d’Oprah ne fait pas l’unanimité. «Je ne doute pas qu’elle soit animée d’une volonté sincère de rendre le monde meilleur, a expliqué David Axelrod, un ancien conseiller présidentiel, surnommé «La hache». Sauf que je ne suis pas sûr qu’elle soit prête à sacrifier son image de marque. Une campagne à la présidence, c’est implacable, envahissant, parfois dégradant. Sans compter que c’est souvent ennuyeux.» (9)

Ironie du sort, l’un des plus grands partisans de l’entrée d’Oprah Winfrey en politique a longtemps été… Donald Trump. Dès 1999, le grand orange rêvait d’en faire sa candidate à la vice-présidence. «Oprah constituera toujours mon premier choix, avait-il expliqué à l’animateur Larry King, sur la chaîne CNN. (…) Elle est populaire. Elle est brillante, C’est une femme formidable.» (10)

Les étoiles se bousculent

Oprah ou pas, la route qui mène à l’investiture démocrate de 2020 s’annonce congestionnée. Au moins une douzaine de candidats pourraient se retrouver sur la ligne de départ. Dans les rangs du Parti, les trois favoris avancent leurs pions. Ils se rendent régulièrement dans l’Iowa et le New Hampshire, les états où débute la saison des primaires, en février 2020.

Mais comme l’âge moyen du trio de tête atteint 73 ans, on peut difficilement parler d’un renouvellement. L’ancien directeur du Parti, Howard Dean, 69 ans, a même souhaité l’émergence d’une nouvelle génération. «Il est temps que ma génération débarrasse le plancher», a-t-il expliqué à des animateurs médusés, sur les ondes de la chaine MSNBC. (11)

Plusieurs candidats outsider jonglent aussi à la présidence. En décembre, l’acteur Dwayne «The Rock» Johnson a déclaré qu’il envisage «sérieusement» de se présenter. George Clooney a titillé le monde du potin en répétant que la présidence «semblait une chose intéressante». Même le milliardaire de Facebook, Mark Zuckerberg, a laissé courir la rumeur voulant qu’il soit candidat. (12)

«Avant, on disait que chaque sénateur voyait un futur président en se regardant dans le miroir, le matin. Maintenant, c’est le cas pour chaque super-riche, pour chaque célébrité, a écrit un collaborateur du Boston Globe. [Avec l’élection de Donald Trump], nous avons franchi une frontière. Je ne suis pas sûr qu’on pourra retourner en arrière.» (13)

Pour l’instant, le meilleur atout des démocrates demeure l’impopularité de Donald Trump lui-même. (14) En effet, malgré la baisse du taux de chômage et la croissance économique, la cote d’amour du président ne dépasse guère 38 %. À l’approche des élections de mi-mandat, qui auront lieu en novembre, plusieurs républicains commencent à s’inquiéter. Traditionnellement, les mid-terms se révèlent désastreux pour le parti du président. Mais avec un président qui multiplie les bourdes, ça s’annonce pire. À la Chambre des représentants, pas moins de 29 élus républicains ont déjà annoncé qu’ils ne se représentaient pas. Charlie Dent, le représentant d’un district de la Pennsylvanie, s’est fait leur porte-parole, en déclarant : «Qui voudrait revivre une année pareille? (15)

Reine ou présidente?

Il n’empêche. Si Oprah Winfrey entretenait encore des doutes de la férocité de la joute politique, elle sait désormais à quoi s’en tenir. Cette semaine, sur les réseaux sociaux, de nombreuses photos la montraient en compagnie du producteur de cinéma Harvey Weinstein, au centre de nombreuses accusations d’agression sexuelles. Il n’en fallait pas plus pour que certains l’accusent d’avoir été au courant des agissements criminels du producteur.

Ce n’est qu’un début. En 2016, environ 80 % de la publicité électorale adoptait un ton franchement négatif. Le scénario se répétera en 2020. Ici, on touche peut-être au talon d’Achille de la papesse du divertissement. Car on ne fait pas 30 années de télé sans laisser derrière soi quelques moments embarrassants. On imagine déjà avec quel bonheur ses adversaires rappelleraint ses entrevues avec des charlatans notoires. (16)

Sans oublier ses longues tirades sur la forme de ses étrons, qu’elle se vantait de contempler religieusement!

«La grande question consiste à se demander pourquoi elle songerait à une campagne présidentielle, écrit un chroniqueur du Washington Post. Cela lui demanderait trois années de dur labeur — et à la fin, si elle gagnait, cela voudrait dire encore quatre années de travail harassant et de responsabilités écrasantes. Après tout, la vie d’une milliardaire des médias est bien plus plaisante que celle d’un président.» (17)

Le mot de la fin appartient à une humoriste, qui soupesait le pour et le contre de la candidature d’Oprah Winfrey. «D’un côté, nous avons déjà Donald Trump comme président. Alors quand on y pense, on ne pourrait pas tomber beaucoup plus bas. Mais d’un autre côté, si Oprah devient la présidente, qui va jouer le rôle d’Oprah?»

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Sources: 

(1) «Oh the Fun if Oprah Really Runs», The Washington Post, 8 janvier 2018.
(2) «Divided Democratic Party Debates Its Future as 2020 Looms», Time Magazine, 21 septembre 2017.
(3) «The Democratic Party is Basically on Life Support in these 10 States», The Washington Post, 6 février 2017.
(4) «A New Low : Texas Democrats don’t have a Candidate for Governor», PBS News Hour, 8 août 2017.
(5) «Bugs Bunny for Senate ? Here are the Top Write-Ins from Alabam’s Special Election», PBS News Hour, 22 décembre 2017.
(6) «Oprah VS The Donald, and the Winner is…» Rasmussen Reports, 10 janvier 2010.
(7) «Oprah 2020 ? Winfrey’s Golden Globes Speech has Fans Dreaming of a Presidential Run», USA Today, 8 janvier 2018.
(8) «Is Oprah the Un-Trump, or the Un-Clinton», The New York Times
(9) «Talk of Oprah Running Presidents Captivates Democrats». The Washington Post, 8 janvier 2018.
(10) «Celebs, Politicos Alike Jump on the Oprah Winfrey Wagon», The Boston Herald, 9 janvier 2019.
(11) «My Generation has to Get the Hell Out of Politics», MSNBC, 28 décembre 2017.
(12) «More Signs Point to Mark Zuckerberg Possibly Running for President in 2020», CNBC News, 15 août 2017.
(13) «Is this a New Path to Oval Office ? Start with a Celebrity», The Boston Globe, 10 janvier 2018.
(14) «Strong Economy Lift Presidents. Trump Seems an Exception», The New York Times, 8 janvier 2018.
(15) «Suburban Anger At Trump Echoes Down the Ballot», The New York Times, 9 novembre 2017.
(16) «Oprah Could Run. Oprah Could Win : Is America Going Insane or Coming To its Sense?» The Washington Post, 8 janvier 2018.
(17) Don’t Underestimate the Possibility of Oprah 2020, The Washington Post, 9 janvier 2018.

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Chronique

Le spaghetti italien, ce vilain raciste

CHRONIQUE / Nous vivons une époque formidable, mais un peu délirante sur les bords, au cours de laquelle on ne rigole plus avec l’injustice. Ça, non!

En Grande-Bretagne, des parents veulent bannir le conte de La Belle au bois dormant des écoles primaires. Imaginez. Le Prince charmant donne un bisou à la Princesse endormie sans avoir obtenu son consentement! Un très mauvais exemple pour la jeunesse! Ne faites pas semblant que vous l’aviez oublié, bande d’inconscients!

D’accord, je vous le concède. Il n’est pas toujours nécessaire d’interdire. Parfois, il suffit de corriger. Récemment, l’opéra de Florence a réécrit la finale tragique du chef-d’œuvre Carmen, composé en… 1875. On trouvait qu’une jeune bohémienne tuée par un brigadier fou de jalousie, ça ne fait pas très moderne. Dans la nouvelle version, Carmen s’empare d’une arme et elle abat son agresseur. Un dénouement plus acceptable, semble-t-il.

Des fois, on s’ennuie de la réponse servie par Serge Gainsbourg à l’académicien Michel DROIT, qui se scandalisait de l’entendre chanter La Marseillaise sur un air reggae.

— On n’a pas le con d’être aussi DROIT.

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À défaut de changer un monde profondément injuste, on se réfugie dans l’imaginaire. À défaut de faire avancer le train immobilisé, on ferme les rideaux et on secoue un peu le wagon, pour que les passagers croient que l’engin est reparti.

L’an dernier, la British Medical Association a recommandé à ses membres de cesser d’utiliser des expressions comme mères ou femmes enceintes. Elle craignait que cela insulte les transgenres qui ont un enfant. On suggère plutôt l’expression personnes enceintes, qui ne cause de chagrin à personne.

En 2015, à l’Université d’Ottawa, la Fédération étudiante a fait annuler un cours de yoga. Pour elle, il s’agissait d’un emprunt scandaleux à la culture indienne. À la limite du pillage colonial. Même chose en Grande-Bretagne, où des chefs cuisiniers se sont fait rabrouer pour avoir baptisé des recettes «ragoût jamaïcain» ou «riz tunisien». On estimait qu’ils avaient commis une «microagression» raciste contre les Jamaïcains et les Tunisiens.

Fiou. Si la tendance se maintient, notre spaghetti italien et notre pâté chinois n’ont qu’à bien se tenir… 

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De gauche ou de droite, les censeurs sont tous les mêmes. Ils veulent protéger nos esprits fragiles contre ce qui est impur. À commencer par les mots. 

— Chez nous, Québec Solidaire a décidé de remplacer le mot patrimoine par l’expression héritage culturel, jugée moins sexiste.

— Aux États-Unis, la National Rifle Association, le puissant lobby des armes, déteste le mot silencieux. Trop associé à des criminels comme Al Capone. Elle aime mieux parler de suppresseur. On a tout de suite l’impression que ça tue plus gentiment, avouez-le.

— En France, plusieurs documents officiels n’utilisent plus le mot chômeur. Ils lui préfèrent l’expression bien javellisée de salarié en transition.

Surtout, défense d’applaudir. En 2015, l’aile féministe de l’Union nationale des étudiants britanniques a banni les applaudissements. Pas pour abréger ses réunions, rassurez-vous. L’organisation assurait que le bruit des applaudissements peut «créer de l’anxiété» chez certaines personnes. Pour montrer son approbation, lors d’un discours, les gens étaient plutôt invités à utiliser «les mains jazz», un geste silencieux.

Plus surprotecteur, tu obliges aussi le port d’un tuba et de palmes, pour pouvoir affronter une inondation soudaine.

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Ce n’est qu’un début, continuons le combat. À quand une nouvelle version du film Titanic, dans lequel le navire gagne enfin contre l’iceberg? Ça nous changerait. En plus, ça donnerait une finale provoquant beaucoup moins d’angoisse dans le public.

Et le petit chaperon rouge? Vous avez pensé à l’histoire du Petit chaperon rouge? Aujourd’hui, il apparaît complètement démodé de parler d’un grand méchant loup. Même que ce genre d’insulte salit l’image d’un honnête prédateur essentiel à la biodiversité. De plus, le petit chaperon rouge ne transporte plus de pot de beurre, car il est certainement devenu végétalien. Ajoutons aussi que la grand-mère n’est plus malade, depuis qu’elle déguste les multiples variétés de mangers mous parrainés par notre ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Quant au chasseur, faut-il vraiment qu’il fasse partie de notre histoire 100% jovialiste? À la rigueur, on lui offre un rôle s’il se reconvertit au tricot. Ou à la pétanque. Parce qu’entre nous, l’idée de se promener dans les bois pour chasser un animal appartenant à une espèce menacée, c’est complètement out. Un cas classique de «spécisme», si vous voulez mon avis. Et le premier qui demande de quoi il s’agit sera privé de son dessert sans sucre et sans gluten, est-ce bien compris?