Le chef par intérim du PLQ, Pierre Arcand

Vive les partis politiques!

CHRONIQUE / Comme titre, avant de choisir «Vive les partis politiques!», j’avais pensé à «Parle parle, jase jase à la sauce libérale». Et aussi à : «Le Parti libéral du Québec sur un fil».

Les deux derniers reflétaient assez bien ce que je voulais exprimer, mais ils m’agaçaient en même temps. Ils ne faisaient qu’enfoncer une énième fois des portes non seulement ouvertes, mais déjà fracassées.

Constater une fois de plus que la position de cette formation politique sur la laïcité n’est pas en phase avec une majorité de Québécois francophones? 

Bien sûr : le Parti libéral du Québec devrait, pour son bien, se rebrancher sur elle. Mais encore faut-il qu’il place ses convictions avant des calculs électoraux, non?

À tout prendre, je préfère des partis honnêtes avec eux-mêmes que calculateurs. C’est pour cette raison que le discours qui, il n’y a pas si longtemps encore, pressait constamment le Parti québécois de jeter par-dessus bord son projet souverainiste parce qu’il n’était pas populaire m’a tant exaspéré. Voyons, c’est sa raison d’être!

S’il fallait que tous les partis ne collent qu’aux désirs de la majorité des électeurs — désirs qui sont d’ailleurs changeants —, on n’aurait pas besoin d’eux. On n’aurait qu’à placer une firme de sondages à la tête de l’État. Ou alors, un seul parti suffirait.

Poids réel

Le conseil général du Parti libéral tenu samedi et dimanche était le premier depuis longtemps à donner la parole aux militants. Mais cet exercice ne sera rien de plus qu’une séance de «parle parle, jase jase» s’il n’est pas suivi de votes, s’il n’est pas suivi de résolutions sur lesquelles les militants auront à se prononcer formellement — particulièrement sur la laïcité et sur le mode de scrutin, dont ils ont discuté.

À «l’atelier» où il a été question de laïcité, la majorité des personnes ayant été au micro étaient tenantes du statu quo, ont unanimement estimé les médias ayant couvert l’événement. Un vote auquel prendrait part l’ensemble des délégués d’un prochain conseil général donnerait probablement une victoire aux partisans du libre choix, mais elle serait sans doute plus serrée qu’il n’y paraissait samedi. Cet atelier ne me paraît pas avoir été un parfait reflet du poids des partisans de Bouchard-Taylor chez les libéraux.

À noter : les libéraux opposés à Bouchard-Taylor le sont farouchement; ceux qui y sont favorables le sont en général plus modérément.

Moins bleu?

Des libéraux déçus du retrait d’André Fortin ont souhaité que Pierre Moreau se porte candidat à la direction. Ils veulent aujourd’hui que Sébastien Proulx le fasse, voire même Gaétan Barrette. Question : sans oser le dire, certains d’entre eux craignent-ils que la course n’oppose que deux candidates issues de la «diversité», Dominique Anglade et Marwah Rizqy — même si la première, Mme Anglade, est favorable à Bouchard-Taylor et que son nationalisme n’est pas moins bleu, par exemple, que celui de Sébastien Proulx?

Cela étant, pour le bien de ce parti, il faudra que la course oppose plus que deux candidats. D’abord, parce que plus de prétendants, c’est plus d’idées à débattre et que l’arrivée d’autres candidats créerait davantage d’intérêt. Que l’un d’eux provienne de l’extérieur de l’aile parlementaire enverrait de surcroît le message que ce parti peut même susciter de l’intérêt hors de ses rangs officiels. Ou, dans le cas contraire, qu’il ne le peut pas.