La direction de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec pose la question suivante aux libéraux — et aux futurs candidats à la succession de Philippe Couillard : «Comment mieux préserver et défendre notre identité, notre langue, notre culture et notre héritage commun?»

Un Jean Lesage dans la salle?

CHRONIQUE / Y a-t-il un Jean Lesage quelque part au Québec? Un Jean Lesage qui aurait envie de prendre la direction du Parti libéral du Québec (PLQ)?

«C’est un peu une page blanche en ce moment, le Parti libéral», avait déclaré le député André Fortin, début avril, en annonçant qu’il renonçait à participer à la course à la direction de sa formation politique. Il y voyait un avantage pour les candidats à venir... Mais sa déclaration illustrait surtout l’abîme au fond duquel se trouvait et se trouve son parti.

Le constat sur le grand éloignement qui s’est créé entre le PLQ et la majorité francophone est depuis longtemps incontestable. On ne peut donc pas s’étonner de voir les jeunes libéraux avancer que leur parti «doit poser des gestes concrets afin de rebâtir les ponts» avec elle. Oui, mais lesquels?

La direction de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec pose la question suivante aux libéraux — et aux futurs candidats à la succession de Philippe Couillard : «Comment mieux préserver et défendre notre identité, notre langue, notre culture et notre héritage commun?»

D’accord : on ne doit pas s’étonner que la direction de cette commission ne propose à ce stade-ci aucune mesure concrète censée répondre au défi qu’elle expose. Elle est dans les prémices d’une démarche de consultation. C’est vrai.

Mais en lisant les questions posées, on ne pense pas seulement à la «page blanche» d’André Fortin. On pense carrément au syndrome de la page blanche — à la possibilité qu’elle reste longtemps blanche sur plusieurs aspects.

Qu’est-ce que veut dire au juste l’«identification au Québec», cette expression que l’on retrouve dans le cahier de consultation? Et le «nationalisme québécois» pour lequel plaide désormais la direction des jeunes libéraux dans ce document?

Celle-ci évoque les «préoccupations identitaires» des Québécois, mais sans dire, par exemple, si le PLQ aurait dû endosser les recommandations du rapport Bouchard-Taylor. 

Balises

Le questionnaire que lance la Commission-Jeunesse du PLQ en vue de son prochain congrès, cet été, ne pave pas la voie à une révolution au sein de la formation. Les balises du parti sont bien là, c’est normal. Deux simples questions qu’elle pose en témoignent :

• Comment concilier une volonté d’affirmation identitaire de la majorité francophone tout en respectant les droits et libertés des minorités culturelles, religieuses et linguistiques?

• Comment faire rayonner notre caractère distinct dans un contexte canadien, nord-américain et mondialisé?

À la lumière des questions, on devine que les réponses ne seront pas simples à apporter. 

Dès lors, on comprend que le président de la Commission-Jeunesse du PLQ, Stéphane Stril, évoque la figure de feu Jean Lesage. Mais y a-t-il un futur Jean Lesage quelque part?

Il ou elle sera sans doute encore plus difficile à découvrir que le fait de remplir la fameuse page blanche.