La CAQ discutera de propositions vertes, en fin de semaine.

Résolutions vertes: je vote pour

CHRONIQUE / Je vote en faveur des résolutions «vertes» sur lesquelles se pencheront des militants caquistes en fin de semaine. Je ne vois d’ailleurs pas qui pourrait voter contre.

Je vais éviter de marteler le cliché de la «tarte aux pommes» pour décrire le document intitulé «Pour une économie verte», ce document qu’étudieront les caquistes lors du Conseil général de leur parti, qui se déroulera samedi et dimanche à Montréal.

On est sur de bons éléments dans ce document. Mais il en manque beaucoup! Et les bons éléments dont il est question font malheureusement l’impasse sur les moyens à prendre pour parvenir aux objectifs proposés.

La toute première proposition sur laquelle les délégués devront se prononcer se lit ainsi : la Coalition avenir Québec (CAQ) «propose de bonifier les mesures favorisant l’efficacité énergétique». Y a-t-il quelqu’un qui est contre? D’accord pour cette proposition, donc. Mais quelles mesures pour y parvenir?

Plusieurs résolutions sont de même acabit : la CAQ «propose de mettre en place des mesures pour encourager le recours aux emballages écoresponsables et pour lutter contre le suremballage». C’est très bien, mais lesquelles?

Idem pour la lutte contre le gaspillage alimentaire. Comment y arriver, concrètement?

On ne peut pas vraiment être opposé à la proposition stipulant de réduire l’usage des pesticides, non plus qu’à celle demandant de lutter contre l’«obsolescence programmée» ou à celle suggérant d’«encourager le télétravail».

Le plus difficile est toujours dans le «comment». Or, ce n’est pas du «comment» dont on discutera.

Les vraies décisions viendront éventuellement plus tard.

Et les vraies polémiques surgiront lorsque seront lancés les débats sur les moyens à prendre pour atteindre les objectifs mentionnés.

C’est parce que le plus difficile est toujours dans le «comment» que le Québec (pour ne parler que de lui) a d’ores et déjà raté ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre pour 2020.

Un début

À l’issue du Conseil général de la CAQ, dimanche après-midi, on pourra dire et écrire que le parti s’est doté d’objectifs «verts». Mais on pourra ajouter que tout reste à faire, que les mesures restent à être arrêtées.

Et il restera le fameux troisième lien... Bien des Québécois, surtout à l’extérieur de la capitale, l’opposeront au gouvernement pour faire valoir que celui-ci n’est pas sérieux, qu’il ne s’est pas converti à une logique verte.

En prenant les rênes de l’État québécois, l’automne dernier, François Legault a dû faire amende honorable. Il a dû assurer que son gouvernement s’engagerait dans la lutte contre les changements climatiques — un thème qui n’en était pas un de prédilection pour la CAQ en campagne électorale.

Ce déficit de crédibilité fait presque partie de l’ADN de la CAQ. Lorsque François Legault a lancé son parti, en novembre 2011, il était demeuré silencieux sur plusieurs questions importantes, dont celles portant sur l’environnement. Il avait alors promis de faire connaître ses propositions quelques mois plus tard.

Samedi et dimanche, ce sera un début de commencement.

Pas chez QS

Les militants avaliseront la proposition recommandant que le gouvernement accroisse l’exportation d’hydroélectricité afin de diminuer les émissions nord-américaines de gaz à effet de serre. C’est précisément pour cela que le premier ministre s’est rendu à New York.

Je rappelle que son argumentaire sur le remplacement d’une énergie sale par une plus propre vaut bien davantage pour des contrats d’approvisionnement en électricité chez nos voisins que pour l’exportation de gaz naturel provenant de l’Ouest canadien. Je pense ici au projet de gazoduc et de terminal au Saguenay, un ensemble par lequel transiterait du gaz naturel de l’Alberta pour être ensuite acheminé vers le continent européen.

À Washington, M. Legault a indiqué vouloir accélérer les évaluations liées aux projets miniers sans diminuer les exigences environnementales auxquelles leurs promoteurs doivent se conformer. Exprimé ainsi, c’est très bien. Mais le premier ministre devra expliquer comment. Encore le fameux «comment»... Tant mieux s’il ne s’agit que de jeter par-dessus bord de la pure bureaucratie! Le fardeau de la preuve reposera cependant sur ses épaules.

Cela dit, le document de la CAQ ne cherche pas à berner qui que ce soit. Il est question d’économie verte. Pas d’une logique de décroissance. Ce document n’est pas le plan qui permettra au Québec d’atteindre ses cibles de réduction de GES en 2030 (une diminution de 37,5 % par rapport au niveau de 1990). 

On est davantage dans les deux R que dans les trois. On est davantage dans l’idée de la réutilisation et du recyclage que dans une logique de réduction. On est à la CAQ, après tout. Pas chez Québec solidaire.