Les candidats à la course à la direction de leur parti, comme Sylvain Gaudreault au Parti québécois, devront peut-être attendre un peu en raison des mesures de confinement actuelles.

Reporter les courses à la direction?

CHRONIQUE / L’objectif d’une course à la direction d’un parti politique est de choisir un chef. Mais toute compétition du genre est aussi l’occasion pour une formation de susciter l’intérêt au-delà de ses membres. Elle est l’occasion d’élargir les rangs des sympathisants, des électeurs potentiels.

Le premier objectif peut être atteint même en période de pandémie. Pas de problème pour le vote comme tel — si tant est qu’il se déroule par téléphone et Internet.

Le Parti libéral du Québec pourra donc avoir un nouveau chef à sa tête le 31 mai; le Parti québécois pourrait avoir le sien le 19 juin; et les conservateurs canadiens, le 27 juin. Techniquement, rien ne l’empêche.

Le problème, dans la situation actuelle, est que ces courses ne susciteront pas l’intérêt que souhaitent ou que devraient souhaiter ces trois partis. Qui suivra les débats à part les noyaux d’irréductibles? Qui s’intéressera pour la peine aux idées et propositions des candidats si la situation sanitaire demeure alarmante?

Dans l’état actuel des choses, les courses prévues se mèneront probablement en vase clos.

Ce désintérêt serait d’autant plus dommageable pour le Parti québécois que le successeur de Jean-François Lisée doit cette fois être choisi, outre par les militants en bonne et due forme, par tous les Québécois qui pourraient se sentir «sympathisants» pour l’occasion.

Un peu de temps

Que les libéraux et les péquistes et les conservateurs n’aient pas encore décidé ou refusent à ce stade-ci de reporter leur course respective à l’automne peut se comprendre. En date d’aujourd’hui, personne ne peut dire avec assurance à quoi ressemblera la situation dans quelques mois. Est-ce qu’un report à l’automne en vaudrait donc la peine?

La décision de tout reporter à plus tard est d’autant plus difficile à prendre pour les partis qu’elle pourrait inciter des candidats à renoncer à se présenter. Serait-ce le cas du candidat libéral Alexandre Cusson?

Tous les candidats engagés ne peuvent sans doute pas mettre leur propre vie entre parenthèses pendant plusieurs mois supplémentaires parce que la course serait reportée. Il faut comprendre tout cela pour mesurer les difficultés d’un report.

Les partis ont encore un peu de temps devant eux avant de prendre une décision finale. Mais pas beaucoup.

Si rien n’indique bientôt — d’ici la fin mars ou le tout début avril — que la situation sanitaire pourrait s’être améliorée en mai, et a fortiori si on sent même qu’elle pourrait s’être détériorée d’ici là, chacune des directions de ces partis devrait prendre la décision de tout reporter à plus tard — quitte à ce que ce soit sine die jusqu’à nouvel ordre.

Celle ou celles qui décideront de ne pas toucher à leur calendrier, et d’aller de l’avant en pleine ascension de l’épidémie, le feront alors peut-être aussi parce qu’elles préféreront que l’on regarde ailleurs pendant leur course. Chose certaine, elles manqueraient  une occasion de susciter l’intérêt.