L'aspirant-chef au Parti libéral du Québec, Alexandre Cusson, a lancé sa campagne dimanche.

Objets politiques non identifiés dans le ciel

CHRONIQUE / Malgré le lancement officiel de sa campagne, dimanche, Alexandre Cusson demeure encore un objet politique non identifié, même s’il y a maintenant plus de deux mois qu’il a fait savoir qu’il se lançait dans la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ). Il devra rapidement élaborer un programme s’il entend gagner grâce à des idées et à des projets.

Le tandem qu’il forme avec Marwah Rizqy a fâché de nombreux élus du groupe parlementaire libéral. Pas étonnant.

Dimanche, cette dernière a soutenu que le «clan» de Dominique Anglade vivait dans le déni sur la question de l’«éthique». Ouille! C’est un peu un coup bas.

Si l’on ne devait se fier qu’à son lancement officiel, on pourrait dire que le message que l’aspirant-chef Alexandre Cusson aimerait voir percoler dans l’opinion publique est qu’il existe une vieille garde libérale — dans laquelle il semble ranger l’ex-caquiste Dominique Anglade — et une nouvelle : celle qu’il symboliserait avec Marwah Rizqy.

À moins que la personne qui voudrait vraiment voir cette idée percoler chez les militants et les sympathisants libéraux, ainsi que dans la population en général, soit d’abord la députée Rizqy elle-même.

Marketing politique

Promettre la nomination d’un éventuel directeur de l’éthique et de la conformité au PLQ, comme le suggère le tandem Cusson-Rizqy, peut être commode pour tenter d’installer cette idée selon laquelle il existera un avant et un après sous sa gouverne. Ce projet relève pourtant et avant tout du marketing politique. C’est une posture politicienne.

Dominique Anglade n’était pas chez les libéraux du temps de Jean Charest. Et le gouvernement de Pauline Marois a complètement revu les règles de financement en 2012. Ça fait un moment quand même.

Alexandre Cusson était dans une stratégie semblable en fin de semaine en parlant de «nationaliser» l’eau. Car, au fond, derrière ce verbe symbolique, il s’agit plus précisément d’accroître les redevances que les grandes entreprises sont tenues de verser à l’État québécois.

Que Marwah Rizqy ait inspiré ces deux propositions du candidat Cusson n’est pas un problème en soi.

Le gouvernement de François Legault devrait d’ailleurs, soit dit en passant, et pour le bien commun, engager le Québec dans un plan de hausses graduelles des redevances sur l’eau. Une idée comme celle-là ne peut appartenir en propre à aucun parti.

Le problème est que le candidat Cusson ne s’est pas encore défini.

Question en passant : Marwah Rizqy restera-t-elle chez les libéraux si Dominique Anglade remporte la course à la direction? 

La chance…

La chance d’Alexandre Cusson est que son adversaire, Mme Anglade, demeure elle aussi, à ce stade-ci, un objet politique non identifié. Elle ne paraît porteuse d’aucune idée phare; d’aucun projet pouvant constituer un marqueur politique fort.

Un marqueur politique n’est pas une fin en soi, certes. Et des marqueurs politiques ne sont pas positifs par définition. Ils peuvent même être totalement fous. C’est vrai.

On sait par ailleurs que Mme Anglade présentera bientôt les détails de son «pacte économique pour le climat» et de sa «charte des régions».

Mais rappelons tout de même, au cas où, qu’une compétition politique dépourvue de marqueurs politiques se joue uniquement sur la personnalité des compétiteurs, ainsi que sur les «ressentis» qu’ils inspirent ou pas.

C’est toujours dommage lorsque c’est ainsi.