La relance des négociations pour la vente d’hydroélectricité à la Ville de New York paraît être un si bon projet que les péquistes et les libéraux s’attribuent en coulisse une partie du mérite, écrit notre chroniqueur.

New York, une bénédiction pour Legault

CHRONIQUE / La relance des négociations entre Hydro-Québec et la Ville de New York est une bien plus grande bénédiction pour le gouvernement Legault que ne l’avait été l’an dernier pour le gouvernement Couillard l’annonce sur l’approvisionnement du Massachusetts.

C’est qu’en plus de la bonne affaire financière et économique, et nonobstant toutes les autorisations à obtenir, cette relance colle à la vision de François Legault, ainsi qu’au message qu’il veut faire passer.

Le premier ministre tente de transformer en credo politique l’idée que la meilleure contribution du Québec à la lutte contre les changements climatiques passe par l’exportation de notre hydroélectricité là où elle peut remplacer des sources polluantes. Et il estime que son message passe de mieux en mieux chez les Québécois.

Une logique semblable prévaut dans son esprit pour le projet de gazoduc et de terminal au Saguenay, un ensemble par lequel transiterait du gaz naturel de l’Alberta pour être ensuite acheminé vers le continent européen. S’il voit le jour, ce projet permettra de fermer des centrales au charbon en Europe et d’y réduire l’utilisation du pétrole, ce qui diminuera les émissions de GES, a-t-il fait valoir il y a quelques jours à la solidaire Manon Massé.

M. Legault croit que les Québécois peuvent aussi adhérer à son argumentaire dans ce dossier. En le résumant comme il le fait, il y a de fortes chances que ce soit le cas, en effet.

Mais son argumentaire sur le remplacement d’une énergie sale par une plus propre vaut bien davantage pour des contrats d’approvisionnement en électricité chez nos voisins que pour l’exportation de gaz naturel provenant de l’Ouest canadien.

Chose certaine, à ce stade-ci, la relance des négociations pour la vente d’hydroélectricité à la Ville de New York paraît être un si bon projet que les péquistes et les libéraux s’attribuent en coulisse une partie du mérite.

Et ici?

Ce ne sont pas ces éventuelles ou futures exportations aux États-Unis qui aideront le Québec à atteindre ses propres cibles de réduction de GES en 2030 (une diminution de 37,5 % par rapport au niveau de 1990).

Elles ne dispenseront pas le gouvernement Legault d’améliorer le bilan du Québec particulièrement en transport, un domaine qui compte à lui seul pour 43 % des émissions québécoises.

Jolies primes

Ce n’est pas pour persifler, mais on peut déjà se demander si de nouveaux contrats signés par Hydro-Québec vaudront à ses salariés et surtout à ses cadres, qui en touchent toujours la part du lion, de juteuses primes pour «dépassement des objectifs corporatifs». En fait, on n’a pas à se le demander. Ce sera le cas.

Ces primes ont bondi de 13 % cette année pour atteindre 30 millions $. Monopole ou pas, il faut bien attirer et retenir les «meilleurs talents»…

Encore heureux pour les heureux récipiendaires que la Coalition avenir Québec se soit abstenue de déchirer sa chemise sur ces primes de performance lorsqu’elle était dans l’opposition — contrairement à ce qu’elle a fait avec les fameux «trop-perçus».

Ces primes existent dans trois autres sociétés d’État, soit chez Loto Québec, à la Société des alcools et chez Investissement Québec. Et elles ne sont pas à la veille de disparaître, comme le prouve la nouvelle grille de rémunération du nouveau patron d’Investissement Québec, Guy LeBlanc.