Parmi les nombreuses tentatives d’existence du Parti québécois, il y a eu l’«étapisme» de René Lévesque et de Claude Morin, au début des années 1980.

Hommage au Parti québécois

CHRONIQUE / Cette chronique aurait pu s’intituler «Un projet à revoir de A à Z» au regard du plan de renouveau présenté mardi par le Parti québécois (PQ). Non. En fait, ce n’était pas souhaitable.

Rien n’interdit de se répéter, mais j’ai déjà fait ce titre. «Un projet à revoir de A à Z» a déjà coiffé un article que j’ai écrit sur le Parti québécois. C’était en janvier 1999, il y a 20 ans.

Le premier ministre et chef du PQ d’alors, Lucien Bouchard, venait de convier ses militants et tous les citoyens à un grand «brassage» d’idées. «Il faut ouvrir les portes et les fenêtres, retourner chaque pierre», disait M. Bouchard. Hormis l’objectif de la souveraineté, tout devait être sur la table.

Vingt ans plus tard, la direction du Parti québécois parle aujourd’hui de soulever toutes les pierres.

Cette chronique aurait alors pu s’intituler «L’éternel renouvellement» au Parti québécois. Même problème : déjà fait aussi.

Des méandres

Au fil du temps, j’ai peaufiné un résumé pour décrire les nombreuses tentatives d’existence du Parti québécois. Je le rappelle ici.

Il y a eu l’«étapisme» de René Lévesque et de Claude Morin, l’éternel débat sur l’élection référendaire, le «si vous votez pour nous, vous aurez un référendum sur la souveraineté» de Jacques Parizeau, les «conditions gagnantes» de Lucien Bouchard, le référendum «le plus tôt possible» de Bernard Landry et d’André Boisclair.

Il y a aussi eu des débats sur la pertinence de poser des «gestes de rupture», la proposition de «référendums sectoriels», la «gouvernance souverainiste» de Pauline Marois, ainsi que le référendum au «moment approprié».

Il y a eu des allers-retours entre le «nous» et le nationalisme «civique».

La rédaction de très nombreux argumentaires souverainistes.

On est passé du rapport des «trois mousquetaires» à celui de Paul St-Pierre Plamondon.

Avec Jean-François Lisée, il y a eu le report de tout référendum à un éventuel deuxième mandat.

Attention, ce n’est pas une liste exhaustive. J’ai laissé de côté plusieurs tentatives.

Mais peu importe : en route, maintenant, pour le «nouveau Parti québécois».

Résilient

Ce qu’a présenté le PQ mardi est une ébauche dont l’objectif est de remettre le projet d’indépendance au cœur de son action. Ce ne sera pas la première fois.

Le parti n’exclut pas un jour de changer de nom et de logo — d’identité, autrement dit. Il n’en est vraiment pas là, mais cette idée, elle, n’a jamais vraiment été explorée par ses instances.

En ouvrant cette perspective, le PQ donne en quelque sorte raison à la députée démissionnaire Catherine Fournier, qui estime que la marque du véhicule ne plaît plus à suffisamment d’électeurs. En passant, elle et d’autres rêvent-ils de faire naître un mouvement qui finirait par absorber le PQ, un peu comme la Coalition avenir Québec a avalé l’Action démocratique du Québec?

Pour l’heure, constatons qu’on a d’un côté ceux qui veulent œuvrer à l’intérieur du PQ; de l’autre, ceux qui veulent travailler à l’extérieur.

Mais il y a plus important à dire. Le PQ est un parti résilient. Comment, dès lors, ne pas rendre hommage à ceux qui l’ont porté et qui le portent encore?

De l’entêtement? Très certainement. Mais on ne peut pas reprocher à des gens d’essayer.

Pour ce qui est de l’avenir de ce parti, ce sera toujours aux électeurs de décider. Pas aux devins de prédire.