L’entente entre le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal par laquelle, et par ricochet, le financement du «réseau structurant» de la capitale sera bouclé était attendue.

Bien des acrobaties, mais un gain collectif

CHRONIQUE / Des acrobaties comptables pour éviter que qui que ce soit ne perde la face… Des enveloppes qui changent de main... On est bel et bien en politique ici; il n’y a pas à en douter. Mais, cette fois, malgré tout, la victoire est collective.

L’entente entre le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal par laquelle, et par ricochet, le financement du «réseau structurant» de la capitale sera bouclé était attendue. Mais — ô surprise! — cette même entente permettra la réalisation d’un nouveau projet, vraisemblablement de tramway, dans la métropole.

La mairesse Valérie Plante a gagné l’appui du gouvernement Legault à la construction d’une portion de sa fameuse «ligne rose».

L’opération est trois fois gagnante. Gagnante pour Québec, gagnante pour Montréal, gagnante pour le gouvernement du Québec. Gagnante de façon concrète pour les deux villes et leurs citoyens; et sur un plan politique général, pour le gouvernement Legault.

Au passage, cette alliance tripartite marque un rapprochement entre le gouvernement Legault et Valérie Plante. Après le bras de fer sur le contour du projet de laïcité, ce n’est pas rien.

Même si Ottawa est resté en retrait du dernier droit de cette opération, on pourrait l’ajouter à cette triple alliance, qui est en réalité quadripartite, donc. L’opération est gagnante aussi pour le gouvernement Trudeau en cette veille électorale. Il peut remercier le président du Conseil du trésor du Québec, Christian Dubé, qui, en fin de compte, lui a permis de s’en tenir à la répartition de financement qu’il avait établie pour le tramway de Québec.

Feu le Fonds vert

Le gouvernement de François Legault boucle sa saison politique sur une note verte. S’il a fait plaisir aux partisans du transport collectif mercredi, il a cherché, la veille, à plaire aux partisans du «ménage» et de l’«efficience» en annonçant une refonte du controversé Fonds vert.

Dit comme ça, qui pourrait être contre?

C’est au nom de l’imputabilité politique et de la responsabilité ministérielle que les ministres Benoit Charette et Jonatan Julien ont annoncé l’intégration du Fonds vert et de Transition énergétique Québec à leur ministère respectif, celui de l’Environnement et celui des Ressources naturelles.

Le fardeau de la preuve repose néanmoins sur leurs épaules.

La commission parlementaire qui se déroulera sur ce sujet devra être éclairante.

Il y a quelques semaines, le commissaire au développement durable, Paul Lanoie, estimait encore que pour lutter efficacement contre les gaz à effet de serre, il fallait conférer au jeune Conseil de gestion du Fonds vert toute l’autonomie nécessaire et l’indépendance requise. 

En faisant fi de cet avis, le gouvernement pourra certes veiller lui-même à ce que les projets soutenus contribuent bel et bien à la réduction des GES. Le bénéfice pour lui est qu’il n’aura pas à vivre avec des projets qu’une super agence véritablement décisionnelle et réellement vouée à la réduction des GES aurait pu un jour imposer sans que lui-même ne les souhaite pour des raisons politiques.

C’est le gouvernement qui, par exemple, pourra décider si une partie du Fonds vert, qui deviendra le Fonds d’électrification et de changements climatiques, servira au troisième lien entre Québec et Lévis.

Tout indique que ce sera le cas, ne serait-ce que pour le moyen de transport collectif qu’il envisage de faire circuler sur ce futur axe.