Le gardien de but des Golden Knights de Vegas, Marc-André Fleury, fait l’admiration de son cousin, Nicholas Joyal. Et que dire de la fierté de sa marraine et de son parrain, Manon Cardin et Guy Joyal.

La fierté de la famille

«Tu as une grosse vie, une grande vie, mais quand tu passes la porte de la maison, reste le p’tit gars d’avant.»

La mère de Marc-André Fleury lui a fait cette recommandation peu après son entrée dans la Ligue nationale de hockey, lorsque sa cote de popularité s’est mise à grimper au rythme des rondelles repoussées avec ses jambières. En flèche.

C’est Manon Cardin, la marraine du célèbre gardien de but, qui rapporte le conseil de sa sœur prodigué à un jeune homme exemplaire, il va sans dire.

Peu importe ses trois coupes Stanley remportées avec les Penguins de Pittsburgh ou ses prouesses actuelles avec les Golden Knights de Vegas, Marc-André Fleury garde les deux pieds sur terre et arbore toujours son sourire de p’tit gars. Sur et hors de la glace.

Sa mère a de quoi être fière de lui.

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«Meeting pour un cours de Fleury 101.»

Le directeur de l’information est un maniaque de hockey. En lui confirmant que j’allais rencontrer la parenté de Marc-André Fleury qui est établie à Trois-Rivières, il n’a couru aucun risque.

J’ai été convoquée dans son bureau avec le message précédent, une manière efficace de m’éviter de poser des questions susceptibles de trahir ma totale ignorance du sujet.

«Avant l’entrevue, il faut que tu saches que...», a-t-il commencé en me racontant que Marc-André Fleury, 33 ans, a passé quatorze saisons avec les Penguins avant d’être repêché à l’été 2017 par la nouvelle expansion de la LNH, les Golden Knights, un bataillon composé de joueurs sacrifiés par leur ancienne formation.

Des rejets donc. Et c’est là que ça devient intéressant.

Le club de laissés-pour-compte, Marc-André Fleury en tête, est en finale de la Coupe Stanley. Rien de moins. Alors que les gérants d’estrade s’attendaient à les voir croupir dans le fond du classement, les Golden Knights font un puissant pied de nez à tous ceux et celles qui les ont boudés dans leur pool de hockey. Vlan!

«Ils vivent une saison de rêve. À Vegas, c’est la folie furieuse. Fleury est carrément l’image du club, le porte-étendard d’une équipe Cendrillon. Il est au sommet de son art. Tout le monde est content pour lui. C’est le bon gars qui a toujours un sourire accroché au visage. Tu me suis?»

Oui coach.

En attendant qu’Hollywood se décide à faire un film sur le conte de fées de Marc-André Fleury et ses chevaliers d’or, voici le portrait du filleul et du cousin.

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Nicholas Joyal, 37 ans, a grandi aux côtés de Marc-André Fleury, 33 ans.

Pendant toute son enfance et une partie de son adolescence, Nicholas, sa sœur Cynthia et leurs parents partaient de Trois-Rivières en direction de Sorel. Une fin de semaine sur deux, ils allaient y rejoindre les membres de la famille Cardin qui habitent tous, ou presque, sur la même rue.

«Dès que j’arrivais chez ma grand-mère, mon cousin et moi descendions dans la cave pour jouer au hockey. On se faisait des buts avec les divans. On avait une collection commune de cartes de hockey. C’était juste des goalers

Nicholas est le fils de Guy Joyal et de Manon Cardin, la sœur de France, la mère de Marc-André Fleury.

Guy et Manon sont le parrain et la marraine du joueur de hockey dont ils portent fièrement le gilet des Golden Knigths avec le numéro 29 inscrit dans le dos, celui-là même que Céline Dion a revêtu lors d’un récent spectacle.

Sur le «Las Vegas Strip», le gardien de but fait aussi tourner - et lever - les têtes.

Guy Joyal en a eu le souffle coupé lorsqu’il s’est retrouvé sur le fameux boulevard, en décembre dernier. Le visage de son filleul est apparu sur un panneau géant. «Sa photo devait faire cinq étages de haut!»

Le Trifluvien se trouvait à Las Vegas à l’invitation de Marc-André dont le père, André, ne pouvait être présent pour ce rendez-vous organisé par la direction des Golden Knights.

Pendant quelques jours, Guy Joyal a eu la chance d’accompagner l’équipe dans tous ses déplacements. Il a partagé le même avion et les mêmes hôtels que son neveu, un gentleman qui, entre deux autographes, se tournait vers lui: «Tout se passe bien pour toi mononcle?»

Nicholas écoute son père en se revoyant, enfant, en train de s’amuser avec son cousin. Malgré leurs quatre ans de différence, ils ont toujours été très proches. L’un est le parrain de la fillette de l’autre et vice versa.

Technologue en architecture et designer industriel, Nicholas Joyal a aussi été gardien de but. Il a gravi les échelons jusqu’à la Ligue de hockey junior majeure du Québec, avec les Tigres de Victoriaville.

L’admiration qu’il voue à son cousin est profonde. Nicholas salue aussi bien ses performances devant le filet que son attitude en général, notamment lorsqu’il a été délaissé par les Penguins.

Il l’aurait compris d’exprimer sa mauvaise humeur dans les journaux. Pas le genre à Marc-André. La séparation s’est plutôt conclue à l’amiable, avec son sourire communicatif et sincère.

Même chose lorsque le gardien de but a été victime d’une commotion cérébrale, à l’automne dernier, et tenu à l’écart du jeu pendant quelques semaines. Il est simplement revenu plus fort.

«Marc-André est un exemple pour moi et pour beaucoup d’autres», lance Nicholas Joyal qui a eu le privilège de célébrer, et trois fois plutôt qu’une, la Coupe Stanley. On parle ici de partys de famille mémorables orchestrés par le p’tit gars devenu un grand joueur de hockey. Un grand tout court en fait.

Nous sommes à quelques heures du troisième match opposant les Golden Knights de Vegas aux Capitals de Washington. La série est égale. Une victoire de chaque côté.

Le mot de la fin revient à son cousin qui le considère déjà comme un gagnant.

« Marc-André mérite ce qui lui arrive. Il connaît une année grandiose parce qu’il y met des efforts constants. Il nous montre comment atteindre nos rêves.»