Catherine Dorion ne déteste pas provoquer; encore moins lorsqu’il s’agit d’une cause qu’elle estime juste.

Histoires de poils au Parlement

CHRONIQUE / Dès la matinée, mardi, la libérale Marwah Rizqy a fait savoir à sa manière que c’était un non-sujet. «On parle d’enfants autistes! Je n’ai pas le temps de commenter les poils des autres», a déclaré la députée de Saint-Laurent.

C’était un tantinet racoleur comme phrase, mais c’était parfait en même temps. Mme Rizqy avait déjà tout dit en quelques mots. On pouvait passer à autre chose.

Il était en effet inutile d’aller plus loin et d’en faire des tonnes à propos de la plus récente photo diffusée par la solidaire Catherine Dorion, photo où on la voit exhiber ses poils d’aisselles — cela en appui au mouvement «Maipoils».

La députée de Taschereau ne déteste pas provoquer; encore moins lorsqu’il s’agit d’une cause qu’elle estime juste. Mais dès qu’il est question d’elle, les choses partent souvent dans tous les sens.

Pas grave à ses yeux. Catherine Dorion se fout pas mal des réactions négatives, puisqu’elle en reçoit des positives.

Inutile d’en faire des tonnes, disais-­je plus haut… Mais à l’Assemblée nationale, on peut toujours compter sur le système politico-médiatique pour pousser le bouchon le plus loin possible.

Chic, mais nécessaire

Quelques heures plus tard, le sujet flottait toujours dans l’air. Il faut dire que les jeux de mots avec le terme poil sont innombrables et à la portée de tous. Si vous êtes en panne, Internet vous en fournira.

Est-ce parce que le sujet flottait encore dans l’air médiatique? En pleine période des questions, François Legault s’est autorisé une blague à ce sujet en répondant à une question de la solidaire Manon Massé.

Ne dit-on pas qu’il faut toujours mettre les rieurs dans sa poche? C’est en général sans risque lorsqu’il s’agit de montrer du doigt quelqu’un de moins populaire que soi. 

«Je suis content que la chef du deuxième groupe d’opposition dise qu’elle ne va pas cracher dans la soupe. Ce n’est pas le fun non plus d’avoir des poils dans la soupe...», a laissé tomber le premier ministre en répondant à Manon Massé. Il était question d’environnement.

Si quelques caquistes ont rigolé, le malaise était plutôt généralisé au Salon bleu.

Ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle.

Sur Twitter, Catherine Dorion a traité le premier ministre de «mononcle»… On continuait de s’enfoncer...

En allant présenter ses excuses à Manon Massé, tout de suite après la période des questions, François Legault a fait honneur à sa fonction. C’était nécessaire, mais c’était tout de même chic de sa part. D’autant que les excuses étaient sincères. 

Quand on est premier ministre, rien ne nous va mieux que des habits de premier ministre. En tout temps; même si on demeure toujours un peu humain…