«Les abus sexuels que j’ai subis ont complètement détruit ma confiance, a témoigné Geneviève Simard, lundi. Mon estime a été anéantie, et mon rapport quotidien avec les autres a grandement été affecté.»

«Comme une moins que rien…»

CHRONIQUE / Quel triste témoignage que celui des quatre victimes de l’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest, qui ont uni leurs voix et rassemblé leur courage lundi matin pour raconter leur expérience et réclamer un meilleur encadrement pour protéger les athlètes. Quatre jeunes femmes qui ont été abusées et agressées pendant plusieurs années par leur entraîneur, et qui se sont senties coupables alors qu’elles étaient des victimes.

Auparavant souriante et sociable, Gail Kelly a confié à quel point les agressions l’ont changée : «Je m’isolais beaucoup, jusqu’à me mépriser moi-même et à me sentir comme une moins que rien.» Anna Prchal a vécu la même chose : «Comme la plupart des victimes d’abus, j’ai vécu avec le sentiment que c’était ma faute.»

On connaît depuis longtemps ce sentiment de culpabilité que peuvent ressentir les victimes d’agression sexuelle ou de violence conjugale, mais ça surprend toujours de le constater chez des gens de cette stature. Imaginez le mal que de telles agressions peuvent causer chez des personnes plus fragiles…

«Les abus sexuels que j’ai subis ont complètement détruit ma confiance, a témoigné Geneviève Simard. Mon estime a été anéantie, et mon rapport quotidien avec les autres a grandement été affecté.»

Ce n’est pas la compassion et encore moins la pitié que sont venues chercher ces victimes en sortant de l’anonymat. C’est un appel à tous les paliers de gouvernement en faveur de mesures plus serrées pour protéger les jeunes athlètes. Gail Kelly, qui a trois enfants, a déclaré qu’elle ne les laissera jamais «pour aucune considération» s’inscrire dans une équipe provinciale ou nationale avec «l’encadrement actuel».

Que dire de plus après de tels témoignages? Il faut admirer ces femmes pour leur courage, et espérer que les gouvernements et les fédérations sportives ont été à l’écoute.

MARTINE OUELLET, SUITE ET FIN

Il y avait quelque chose de pathétique dans la conférence de presse de Martine Ouellet. Je comprends sa passion pour la cause souverainiste et je comprends aussi qu’elle ait pu se sentir blessée par les commentaires des derniers mois à son endroit. Mais fallait-il mettre près de 30 minutes pour régler ses comptes avec tout le monde, et annoncer finalement qu’elle démissionnera de la direction du Bloc québécois lundi prochain?

Elle a dit ne pas avoir trouvé au sein de la députation du Bloc québécois la même détermination qu’elle à parler d’indépendance. Elle aurait dû s’en douter parce qu’elle a vécu la même chose au PQ : les militants du parti lui ont préféré Jean-François Lisée en 2016, même s’il repoussait la tenue d’un référendum à un hypothétique deuxième mandat.

Mme Ouellet a blâmé tout le monde sauf elle, pour soutenir ensuite à l’émission de Mario Dumont qu’elle n’avait blâmé personne. Je connais bien Martine Ouellet. J’ai toujours admiré son courage dans l’adversité ainsi que son franc-parler, mais j’ai trouvé ça triste et pitoyable de la voir terminer ainsi sa carrière.

C’est vrai qu’elle ne l’a pas eu facile depuis la démission de sept députés du Bloc québécois en février dernier. C’est vrai que Gilles Duceppe lui a tiré dans le dos en demandant sa démission. C’est vrai que Mario Beaulieu l’a laissée tomber. Et c’est vrai que les médias d’information n’ont pas été tendres avec elle, qu’ils ont critiqué son style de leadership. Mais c’est tout aussi vrai que Mme Ouellet a été incapable de maintenir l’unité au sein de son caucus de députés. Peu importe à qui la faute, on lui avait offert ce poste sur un plateau d’argent et elle l’a perdu. On retiendra d’elle qu’elle n’avait pas l’autorité nécessaire pour occuper ce poste, et qu’elle a été une mauvaise perdante.