Que peut-on faire alors si on vit seul.e et que notre réseau social est restreint ou quasi inexistant? Comment briser notre solitude dans un contexte où l’on nous demande de diminuer de plus en plus nos contacts sociaux?
Que peut-on faire alors si on vit seul.e et que notre réseau social est restreint ou quasi inexistant? Comment briser notre solitude dans un contexte où l’on nous demande de diminuer de plus en plus nos contacts sociaux?

Briser la solitude, un geste à la fois

Georgia Vrakas
Georgia Vrakas
Professeure au département de psychoéducation, Université du Québec à Trois-Rivières
CHRONIQUE / L’isolement est particulièrement difficile ces temps-ci avec l’hiver et un temps des Fêtes qui s’annonce différent des autres. Des études démontrent que notre bien-être durant la pandémie est positivement influencé par la présence d’un soutien social et d’avoir des liens avec nos proches.

Que peut-on faire alors si on vit seul.e et que notre réseau social est restreint ou quasi inexistant? Comment briser notre solitude dans un contexte où l’on nous demande de diminuer de plus en plus nos contacts sociaux? 

Pour les personnes vivant seules, cela peut représenter un défi différent de celles qui vivent en couple, en famille ou qui sont au travail, côtoyant des collègues. Je vais donc commencer par ces dernières, celles bénéficiant actuellement d’un entourage familial et social positif.

Pour vous, je vous demanderai d’être proactifs dans les prochaines semaines. Si vous avez des proches qui sont seul.e.s en ce moment, je vous encourage à prendre de leurs nouvelles régulièrement. Cela peut tout simplement être l’envoi de messages texte. Pour «voir» l’autre, il y a Skype, Zoom, FaceTime, Messenger, etc. Toutefois, n’oublions pas qu’il y des gens qui n’ont pas accès à Internet. On n’est plus habitué de prendre le téléphone pour se parler, mais c’est un bon moyen d’écouter et d’entendre l’autre, d’être avec dans un espace partagé.

On peut offrir à notre proche d’aller prendre une marche ou s’asseoir dehors sur un banc, sur les marches devant son domicile, etc. À deux mètres, bien sûr! Ceci est d’autant plus important pour nos proches qui ne peuvent sortir seul.e.s à cause de leur condition physique fragile ou des difficultés de mobilité. Je suis très consciente qu’il fait de plus en plus froid ces temps-ci, donc il n’est pas toujours agréable de sortir. Mais c’est faisable. Les mois que j’ai passés au Nunavik au cours des dernières années m’ont fait découvrir les joies de jouer dehors l’hiver — si on est bien habillés! On peut toujours «jouer dehors», mais à deux mètres de distance, bien emmitouflés. 

Chacun et chacune d’entre nous vivent des difficultés liées à la COVID-19, à divers degrés. Ce que je vous suggère ici peut vous sembler gros, une autre tâche à rajouter à votre liste déjà pleine à craquer. Par contre, prendre un temps d’arrêt pour être avec l’autre peut être tout aussi précieux pour votre santé mentale que celle de votre proche. Vous n’avez même pas besoin de faire une activité. Simplement, être présents.

Pour les personnes seules vivant difficilement la solitude, il y a plusieurs avenues possibles. Si votre santé physique vous le permet, je vous propose de passer du temps dehors. Vous pourrez ainsi croiser des personnes qui se promènent, comme vous. Une collègue m’a proposé dernièrement de sourire ou de saluer les gens que je croise en marchant. Pour une fille ayant grandi en ville, c’est m’aventurer dans l’inconnu! Cependant, je vais l’essayer et je vous reviendrai là-dessus. J’ai l’impression que cela pourrait créer de beaux moments, des connexions brèves certes, mais potentiellement bénéfiques. À suivre.

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Vous avez une question pour Georgia Vrakas? Écrivez-nous à opinion@lesoleil.com

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Si vous avez besoin de parler à quelqu’un, il y a des lignes téléphoniques :

Pour la population en général 

Espace mieux-être Canada (outils et ressources en santé mentale et services de counseling gratuits bilingues (24h/7j) : 1 866 585-0445 pour les services aux adultes (notez que je travaille pour ce service téléphonique) et 1 888 668-6810 pour les services offerts aux jeunes.

Écoute Entraide : 1 855 EN-LIGNE (365-4463) 

Pour les hommes 

Regroupement provincial en santé et bien-être des hommes : 418 780-3613

Pour les Autochtones 

Hope for Wellness | Ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être : 1-855-242-3310.

Pour les personnes concernées par la diversité sexuelle et la pluralité des genres 

Interligne : 1 888 505-1010 .

Si vous désirez rencontrer de nouvelles personnes, il y a des organismes communautaires qui offrent des services durant la pandémie. Pour trouver ceux qui offrent des activités visant à briser l’isolement, il y a le 211 à Montréal, Laval, la région de la Capitale-Nationale et celle de Chaudière-Appalaches, la MRC Haute-Yamaska (Granby) et la MRC de l’Assomption. D’autres régions ont des répertoires des services communautaires comme Sherbrooke et Trois-Rivières. Sinon, vous pouvez contacter votre ville pour connaître ce qui est offert dans votre municipalité. 

Finalement, je vous encourage tous et toutes à vous informer sur les activités offertes pour les prochaines semaines dans vos communautés. Il y a des activités qui sont maintenues, même si elles sont de plus petite envergure ou en ligne.

Il y a de l’espoir. En posant des petits gestes, en entreprenant des petites actions on peut aller à la rencontre de l’autre, et juste être ensemble dans un espace partagé, qu’il soit en présentiel ou en virtuel. C’est ça aussi prendre soin de notre santé mentale et de celle de nos proches.

Si vous êtes suicidaire ou l’un de vos proches l’est : 1-866-APPELLE