Des gens, des âmes

CHRONIQUE / Faire une petite saucette dans le passé permet de temporairement s’évader de la pandémie qui s’est installée dans tous les recoins de notre vie. C’est ma bonne amie Francine qui m’a replongée dans mes souvenirs d’adolescente la semaine dernière.

Non, elle n’est pas venue souper chez moi et on ne s’est pas non plus croisées à l’épicerie. Elle m’a écrit une lettre, du genre qu’il faut aller poster!

C’est un petit rituel que nous faisons de temps à autre pour célébrer nos vacances estivales, le temps des Fêtes ou simplement pour prendre des nouvelles de l’autre. Nous entretenons cette relation épistolaire depuis 1995. J’avais oublié que ça faisait si longtemps! Le temps passe vite, je ne vous apprends rien. On ne demeure pas très loin l’une de l’autre, mais on a toujours eu un grand plaisir à s’envoyer des nouvelles par courrier, à accumuler les lettres et à s’y replonger, un peu par nostalgie ou pour changer le mal de place. En temps de pandémie, je peux vous dire que sa correspondance m’a beaucoup émue.

Francine est tombée, lors d’une séance de grand ménage, sur une pile de lettres que je lui ai écrites au fil des années. Il y a un quart de siècle, je lui confiais que j’étais bien heureuse de mes notes d’examen de synthèse de secondaire 2. Vous imaginez, j’avais pratiquement l’âge de ma fille!

Une étude de ces nombreuses lettres démontrerait que nous sommes deux vieilles âmes qui partagent une passion pour l’œuvre de Lucy Maud Montgomery, pour tous les genres de créations manuelles et pour la lecture, entre autres. Une grande partie de nos vies se trouve dans ces enveloppes minutieusement conservées dans nos demeures respectives et qui refont surface de temps à autre.

Ce voyage en arrière m’a donné envie de replonger dans mes souvenirs avec mes enfants. Je leur ai montré des images vidéo captées alors qu’ils étaient encore tout petits. Ah! C’était le bon temps! Résultat de la séance, Samuel est incapable de distinguer si c’est son frère ou lui sur les photos quand ils étaient bébés. Il faut dire que la ressemblance est frappante. Dans un registre un peu moins mignon, Alexis trouvait que je n’avais vraiment pas de goût pour choisir mes lunettes et Justine trouvait insupportable de se revoir parler à la caméra avec autant d’assurance.

Je vous évite le bout où ils se taquinaient (lire s’écœuraient sans ménagement)... Ça n’a certainement pas été le moment attendrissant que j’anticipais. La marmaille a vite délaissé ma projection pour retourner écouter leur émission du moment sur Netflix (The 100 pour tout dire). Mon chum et moi on s’est regardés, attendris devant le chemin parcouru avec nos marmots depuis toutes ces années.

Avoir une âme sœur à ses côtés et une vieille âme à qui écrire ses péripéties, c’est assurément être privilégiée et plus sereine, même en ces temps difficiles.

Je vous invite à m’écrire si vous en avez envie pour me partager vos péripéties quotidiennes au kim.alarie@lenouvelliste.qc.ca ou à me suivre sur Instagram, kim_alarie.