Denis Gratton
Ginette Gratton a reçu un doctorat honorifique du Collège universitaire dominicain, à Ottawa.
Ginette Gratton a reçu un doctorat honorifique du Collège universitaire dominicain, à Ottawa.

Un cri du cœur

CHRONIQUE / Le cauchemar tire à sa fin pour les usagers du Gîte Ami. Si tout va comme prévu, ce centre de refuge du secteur Hull pourra rouvrir ses portes d’ici la semaine du 10 février.

Mais jusqu’à cette réouverture tant attendue, de 50 à 60 bénéficiaires continueront d’utiliser le refuge temporaire du centre communautaire Fontaine pour y passer la nuit, et les locaux de la Soupe populaire de Hull le jour. Une situation loin d’être optimale, admettent les intervenants du milieu.

« La situation n’est pas facile. Les usagers sont habitués d’être en chambre au Gîte et présentement, il y a une situation de grande promiscuité qui se vit au centre Fontaine », a dit la directrice générale du Gîte Ami, Lise Paradis, lors d’une conférence de presse tenue la semaine dernière.

Ce à quoi le directeur des programmes en santé mentale et dépendance du CISSSO, Alain Godmaire, a ajouté : « La Soupe et le Gîte travaillent dans des conditions très difficiles. Il y a des concentrations d’individus assez importantes dans ces locaux. La promiscuité au Centre Fontaine crée des tensions entre quelques usagers, ce qu’on ne voit pas habituellement à l’intérieur du Gîte. »

La promiscuité crée des tensions, disent-ils. Et c’est fort comprenable. Les bénéficiaires du Gîte passent la nuit couchés dans une pièce où sont entassés une soixante de lits de camp. Pour l’intimité, on repassera. C’est assez pour en perdre la tête par moments. Et les tensions deviennent inévitables.

On ne peut les blâmer. Tout comme on ne peut blâmer les intervenants. Ceux-ci font tout en leur pouvoir pour s’assurer que les bénéficiaires ne manquent de rien et qu’aucun d’entre eux ne soit obligé de passer la nuit dehors au froid. Comme a dit M. Godmaire : « Les conditions ne sont pas idéales, mais on fait ce qu’on peut avec qu’on a. »

Voilà. Bien dit. On ne peut faire des miracles. Mais ce que vivent présentement les usagers du Gîte Ami chassés de leur refuge par l’incendie du 31 décembre dernier doit être épouvantable. Voici d’ailleurs un extrait d’un courriel que m’a fait parvenir un usager du centre communautaire Fontaine sous le couvert de l’anonymat :

« Je dois faire part d’une épidémie de bronchite (au centre Fontaine) et à la Soupe populaire (où couchent 25 autres bénéficiaires). La nuit d’hier a été un concert de quintes de toux. Une résidente s’est rendue à l’urgence de l’Hôpital de Hull en fauteuil motorisé où on lui a diagnostiqué une bronchite. »

« Qu’on cesse d’envoyer des dons comme des bonbons, des sacs de chips et des paniers constamment pleins de bagels sans saveur, et envoyez-nous des MÉDICAMENTS, ça presse ! On est en train d’étouffer dans ce camp. »

C’est un cri du cœur qu’il lance. Un cri de frustration. Le cri d’un homme totalement épuisé.

Mais devrait-on cesser d’envoyer des dons ? Je crois que de poser la question est y répondre. Ou comme a dit Mme Paradis la semaine dernière : « Cette situation précaire serait encore plus difficile pour les bénéficiaires si les gens n’avaient pas fait preuve d’une grande générosité envers les sans-abri. »

En fait, le Gîte Ami a besoin de dons plus que jamais. Des dons de nourritures, de produits hygiéniques et de vêtements, certes. Mais aussi de dons en argent qui permettraient, par exemple, l’achat de médicaments.

Un petit coup de pouce encore. Un petit coup de cœur. Le 10 février approche.

Pour faire un don : legiteami.org ou le 819-776-0134

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DRE GINETTE GRATTON

Ne me dites pas qu’il faudra dorénavant que je l’appelle Dre Ginette au réveillon de Noël…

Bien fier de ma grande sœur Ginette Gratton qui a reçu, samedi, un doctorat honorifique du Collège universitaire dominicain, à Ottawa.

Directrice générale de la Maison Marie-Louise du secteur Vanier, ex-animatrice d’un talk-show à la télécommunautaire Rogers, et ancienne directrice générale de l’Association française des conseils scolaires de l’Ontario, pour ne nommer que ces trois titres parmi ses nombreuses réalisations, Ginette a été reconnue pour l’ensemble de sa carrière au service de sa communauté et pour sa contribution exceptionnelle à la francophonie ontarienne et canadienne.

Voici un court extrait du discours que Ginette a prononcé samedi et qui la définit à la perfection :

« L’étincelle à l’intérieur de nous cherche à briller. La faire briller, c’est aimer, c’est agir, c’est de l’audace, c’est de se définir à partir de son cœur, c’est vivre dans la joie, c’est voir la lumière dans l’autre. »

Toutes nos félicitations, Dre Ginette Gratton. C’est tellement mérité.

Mais pour le réveillon de décembre prochain, chère frangine, c’est Ginette tout court, d’accord ?