Un gros merci au maire Jim Watson qui a rapidement dénoncé l’action du groupe anti-francophone Canadians for Language Fairness qui était invité à son petit déjeuner, cette semaine.

Un combat de tous les instants

CHRONIQUE / Il y a un an, jour pour jour, le ciel tombait sur la tête des Franco-Ontariens.

Adieu Commissariat aux services en français. Adieu ministère des Affaires francophones. Adieu Université de l’Ontario français. Le nouveau premier ministre conservateur de l’Ontario, Doug Ford, avait tranché.

Deux semaines plus tard, plus de 14 000 Franco-Ontariens descendaient dans les rues un partout en province pour dénoncer ces coupes injustes et injustifiées. Doug Ford allait vite se rendre compte que les Francos avaient un poids qui dépassait largement les frontières de l’Ontario.

Les choses se sont un peu améliorées depuis. On a regagné notre ministère. Notre université ouvrira ses portes en 2021 grâce à l’intervention du fédéral. Mais pour le commissariat indépendant, la lutte devra se poursuivre.

Le gouvernement Ford nous a retiré trois acquis en ce 15 novembre 2018, nous en avons regagné deux. « Avance d’un pas, recule de deux », quoi. Ou « avancez vers l’arrière », comme dirait le chauffeur d’autobus.

Oui, la lutte devra se poursuivre. Il est perpétuel, le combat des Francos. Et ce combat ne se fait pas uniquement contre le gouvernement. Les attaques viennent parfois d’ailleurs.

On l’a vu cette semaine lorsque le groupe anti-francophone « Canadians for Language Fairness » (CLF) a profité du petit-déjeuner du maire d’Ottawa pour distribuer des pamphlets sur lesquels on pouvait lire en grosses lettres : « Canada is not a bilingual country » (Le Canada n’est pas un pays bilingue).

Ces gens du CLF m’exaspèrent. Ce sont des provocateurs, rien de plus, rien de moins. Un minuscule groupe de gens anti-francophones qui attire beaucoup trop d’attention pour ce qu’il mérite.

Je les ai rencontrés à Cornwall, en mars 2012. Les membres du CLF avaient invité toute la population à se joindre à eux pour une manifestation dans les rues de cette ville afin de dénoncer la politique du bilinguisme à l’Hôpital communautaire de Cornwall. Ce matin-là, jour de la manif, ils étaient… cinq. Pas cinq cents, pas cinquante, mais cinq.

Durant mon entretien avec eux, j’ai « appris » que — et je cite — « les Franco-Ontariens n’ont pas à être soignés en français à l’Hôpital de Cornwall au même titre que les Chinois n’ont pas à être soignés en mandarin ». Que « la Loi 8 est discriminatoire et injuste ». Que « les médias sont manipulés et ne rapportent pas les vraies choses ». Et que « l’Hôpital Montfort est un petit hôpital pratiquement inaccessible et introuvable situé dans le milieu de nulle part, et qu’il est inutile puisque l’Hôpital d’Ottawa est bilingue ».

Voilà. C’était l’essentiel de ma conversation avec ces cinq anti-francophones en recherche d’attention. Vous ai-je dit qu’ils m’exaspèrent ? Et me voilà encore en train de parler d’eux. (Soupir).

Plus jamais, d’accord ? Comme disait mon père : « Choisis tes batailles, Denis ». Et celle-là n’en vaut certainement pas le coût.

En passant, un chaleureux merci au maire d’Ottawa, Jim Watson, qui a vite dénoncé le geste posé par le CLF lors de son petit-déjeuner de mardi dernier en se portant à la défense des francophones.

Il y a cependant une petite chose dans la lettre de M. Watson qui m’a chatouillé. Soit ce passage-ci : « Même si je crois en la liberté d’expression, je suis déçu que vous ayez profité de mon petit-déjeuner à l’hôtel de ville pour promouvoir votre message antagoniste déplorable. Sachez que vous ne serez plus les bienvenus lors de mes activités à venir. »

Heu… quoi ? Vous les aviez invités, Monsieur le maire ?

Déjeuner Flocons de neige

Parlant de petit déjeuner…

C’est le vendredi 6 décembre prochain que le Centre Pauline-Charron de Vanier tiendra la 14e édition de son « déjeunerFlocons de neige ».

Cette activité annuelle permet à la banque alimentaire Partage Vanier de poursuivre sa mission auprès des familles dans le besoin de ce secteur d’Ottawa.

Les petits-déjeuners sont servis de 7 h à 10 h et le coût du billet (disponible à la porte) est de 20 $. Le Centre Pauline-Charron se trouve au 164 de la rue Jeanne-Mance, secteur Vanier.

Un très bon repas pour une très bonne cause. Et sachez que les membres de Canadians for Language Fairness n’y sont pas invités…