Deux adolescents de 15 ans ont écopé chacun d'une contravention de 220$, en octobre dernier, pour avoir couru dans les corridors de leur école secondaire.

Leçon de savoir-vivre

CHRONIQUE / TVA Gatineau-Ottawa a ouvert son bulletin de nouvelles de 18 h, mardi, avec une histoire qui, à première vue, m’a semblé en être une d’excès de zèle de la part d’un policier de la Sûreté du Québec. J’ai vite changé d’idée après avoir écouté le reportage…

C’est l’histoire de deux adolescents de 15 ans de l’école secondaire Sainte-Famille, à Thurso, qui ont écopé chacun d’une contravention de 220 $ en octobre dernier pour avoir troublé la paix. Leur crime ? Ils couraient dans les corridors de l’école.

La nouvelle lancée comme ça, on se questionne vite sur le jugement de ce policier. Sur celui de la direction de l’école aussi. On ne remet tout de même pas une contravention de 220 $ à un ado un peu trop pressé et excité. On discute. On lui donne un avertissement. On appelle les parents. Il y a toujours moyen de moyenner, comme on dit.

Mais voici. Semble-t-il qu’il n’y avait plus moyen de moyenner avec ces deux jeunes.

Voici ce que l’un des deux adolescents a raconté au journaliste de TVA :

« On courait dans les corridors et le directeur nous a dit d’arrêter pis on a continué. Après, on a commencé à se sauver et à un moment donné il [le directeur] nous a vus pis il nous a dit que si on n’arrêtait pas, il appelait la police. »

Ont-ils arrêté à ce deuxième (peut-être troisième) avertissement du directeur ? Non. Pas du tout. Ils ont plutôt choisi de « se sauver ». En courant. Et qu’il aille se faire cuire un œuf, le directeur. Alors ce dernier a mis sa menace à exécution. Et ça tombait bien, un policier-éducateur se trouvait sur place lors de cet incident. Et c’est lui qui leur a remis les contraventions de 220 $.

Certains diront que ce policier-éducateur aurait dû faire preuve d’un peu plus de patience et de compréhension, voire d’un peu plus de jugement. Peut-être. Mais l’histoire ne dit pas ce qui s’est dit entre ce policier et ces deux ados. Ont-ils enfin arrêté de courir lorsque le policier s’est pointé le nez, ou ont-ils continué à « se sauver » ? On ne le sait pas. Mais je devine — et je dis bien je devine — que ce policier a lui aussi averti les jeunes une fois ou deux avant de sortir son calepin de billets. Ces deux adolescents ont appris une bonne leçon. Une leçon de vie. Il y a des règlements à l’école comme il y a des règlements et des lois en société. On aimerait tous parfois rouler à 150 km/h sur une autoroute. Mais on ne le fait pas. On respecte la loi. On respecte autrui. Rouler à cette vitesse mettrait en cause la sécurité des gens ainsi que la nôtre. Et ceux qui le font, qui ignorent et enfreignent la loi et qui se font pincer en paient le prix.

Ces deux ados ont ignoré et enfreint le règlement de l’école et ils en paient le prix. Imaginez le bordel qui régnerait dans une école secondaire si courir dans les corridors était permis. On rapporterait de 15 à 20 accidents par jour. En fait, ne pas courir dans un corridor d’école pour assurer la sécurité de tous ne devrait même pas relever d’un règlement, mais du savoir-vivre. Tout comme écouter et respecter l’autorité relèvent du savoir-vivre.